Skip to main content

Full text of "Paléographie des chartes et des manuscrits du XIe au XVIIe siècle"

See other formats


PALÉOGRAPHIE 

DES   CHARTES 

ET 

DES   MANUSCRITS 

DU  XI0  AU  XVII0  SIÈCLE 

PAR  ALPH.    CHASSANT 

Ancien  correspondant  du  Ministre  de  l'Instruction  publique 
pour  les  travaux  historiques 

HUITIÈME     ÉDITION 

AUGMENTEE    D'UNE    INSTRUCTION    SUR    LES     SCEAUX    ET    LEURS     LÉGENDES 

ET    DE    RÈGLES     DE    CRITIQUE     PROPRES    A    DÉTERMINER    L'AGE 

DES    CHARTES    ET     DES     MANUSCRITS     NON     DATÉS 

lO    PLANCHES     IN- 4 


Tc4T{IS 

JULES    MARTIN,   LIBRAIRE -ÉDITEUR 

l8,    RUE    3ÉGUIER 


M  DCCC  LXXXV 


PALÉOGRAPHIE 

DES  CHARTES 

ET 

DES   &TcJWiVSCl{lTS 

DU   XI0  AU   XVIIe  SIÈCLE 


PROPRIETE    DE    L7EDITEUR 


Tous  droits  réservés 


IMPRIMÉ  CHEZ  CHARLES  HÉRISSEY,   A  ÉVREUX 


PALÉOGRAPHIE 

DES   CHARTES 


El 


DES   MANUSCRITS 


DU   XI0  AU   XVII0  SIÈCLE 


PAR  ALPH.    CHASSANT 

Ancien  correspondant  du  Ministre  de  l'Instruction  publique 
pour  les  travaux  historiques 

HUITIÈME     ÉDITION 

AUGMENTÉE    D'UNE    INSTRUCTION    SUR    LES    SCEAUX    ET    LEURS     LÉGENDES 

ET    DE    RÈGLES    DE    CRITIQUE    PROPRES    A    DÉTERMINER    L'AGE 

DES     CHARTES    ET     DES    MANUSCRITS    NON     DATÉS 


ÎO    PLANCHES    IN- 4" 


To4T{IS 

JULES    MARTIN,   LIBRAIRE-ÉDITEUR 

l8,    RUE    SÉGUIER 


M  DCCC  LXXXV 


AVERTISSEMENT 


DES 


V1{ÊCÉVEC^TES    ÉVITIONS 


,i  les  connaissances  paléographiques  étaient 
:plus  répandues,  on  verrait  moins  de  titres 
•précieux  détruits  par  ignorance;  les  dépôts 
d'archives  et  les  bibliothèques  de  manuscrits  seraient 
dans  un  meilleur  ordre;  les  travaux  de  dépouillement 
s'exécuteraient  avec  plus  d'activité  ;  les  commissions, 
les  correspondants  historiques  seraient  plus  à  même 
à  l'aide  de  copistes  habiles ,  de  remplir  sûrement  et 
promptement  la  mission  qui  leur  est  confiée;  et  enfin 


i 


AVERTISSEMENT 


un  plus  grand  nombre  d'écrivains  reconnaîtraient  que 
toute  histoire  ne  saurait  être  mieux  écrite  et  plus 
fidèlement  traitée  que  les  preuves  en  main.  Mais  où 
les  puiser,  ces  connaissances  paléographiques,  pour 
ceux  qui  demandent  à  les  acquérir?  Est-ce  dans  d'é- 
normes ouvrages  de  diplomatique?  Mais,  comme  l'a 
dit  un  ministre  *  aussi  profond  érudit  qu'ardent  inves- 
tigateur de  nos  archives  nationales  :  «  Nos  traités  de 
paléographie,  qui  sont  entre  les  mains  de  nos  savants, 
ne  sont  que  d'un  faible  secours  pour  ceux  qui  veulent 
se  livrer  à  cette  étude.  Les  ouvrages  des  bénédictins 
sont  trop  volumineux  ou  manquent  de  méthode; 
d'autres  offrent  des  planches  mal  exécutées  ;  les  traités 
allemands  sont  d'une  science  diplomatique  trop  haute 
et  ne  peuvent  être  utiles  que  pour  les  manuscrits  ger- 
maniques. »  En  général,  on  peut  même  dire  que  tous 
ces  traités  contiennent  plus  de  diplomatique  que  de 
paléographie  proprement  dite.  C'est  donc  un  ouvrage 
élémentaire  qu'il  faut,  une  méthode  aussi  claire  que 
précise,  qui  apprenne  à  soulever  toutes  les  difficultés 
que  présente  la  lecture  des  écritures  anciennes;  qui, 

1  M.  Guizot,  Rapport  au  roi  sur  Vétatdes  travaux  historiques. 


AVERTISSEMENT 


par  son  format  commode  et  portatif,  puisse  accom- 
pagner l'investigateur  ou  le  copiste  de  documents 
historiques  !  Cette  méthode,  nous  venons  l'offrir  au- 
jourd'hui :  on  jugera  de  son  utilité;  si  elle  peut  être 
bien  accueillie  de  ceux  qui  la  prendront  pour  guide, 
nous  leur  dirons  :  Hâtez-vous  d'apprendre,  pour  uti- 
liser, avant  leur  entier  dépérissement,  les  monuments 
écrits  qui  s'altèrent  chaque  jour! 


mm 


9  /•\ 


eJw^s 


PALÉOGRAPHIE 


DES  CHARTES 


ET 


VES    mzÂ7<iVSCT{lTS 


U^jy^))  A  paléographie  estla science  desanciennes 
&*  JmP-^  écritures  :  c'est  par  elle  qu'on  parvient 
ilè  V4i  6  C  à  déchiffrer  tous  les  monuments  écrits 
qui  nous  sont  restés  de  l'antiquité  et  du  moyen 
âge.  Tels  sont,   pour  cette  dernière  époque,   à 


PALEOGRAPHIE 


laquelle  nous  nous  bornons  en  partie,  les  inscrip- 
tions, les  monnaies  et  les  médailles,  les  sceaux,  les 
manuscrits,  les  diplômes,  les  chartes  et  tous  titres 
sur  parchemin. 

Quoique  nous  ne  l'appliquions,  dans  cette  mé- 
thode, qu'au  déchiffrement  des  manuscrits,  diplô- 
mes1, chartes  et  autres  titres,  cette  paléographie 
spéciale  n'en  est  pas  moins  importante  :  les  maté- 
riaux sur  lesquels  elle  s'exerce  étant  très-nombreux, 
son  étude  se  fait  sentir  bien  davantage  par  les 
secours  qu'on  en  peut  tirer  en  diverses  circons- 
tances ,  et  spécialement  pour  notre  histoire  natio- 
nale, à  laquelle  elle  offre  les  moyens  de  puiser,  à 
leurs  véritables  sources,  les  documents  qui  doivent 
l'éclairer  sur  les  origines,  les  vicissitudes  et  les 
particularités  de  notre  langue,  de  notre  littérature, 
de  nos  mœurs,  de  nos  usages,  de  nos  coutumes, 
de  nos  lois,  de  nos  sciences,  de  nos  arts,  de  nos 
monuments,  etc.,  etc. 

Ainsi  la  paléographie,  telle  que  nous  l'entendons 
ici,  ne  comprend  pas  seulement,  comme  on  pour- 
rait le  croire  d'abord,  l'étude  des  difficultés  pure- 


»  On  entend  ici  par  diplômes  toutes  lettres  patentes  des 
anciens  temps  émanées  des  empereurs ,  des  rois,  des  princes, 
des  républiques,  des  grands  seigneurs  et  des  prélats.  —  Charte 
est  un  terme  générique  qui,  au  moyen  âge,  a  servi  à  désigner 
toute  espèce  d'actes. 


PALEOGRAPHIE 


ment  matérielles  de  l'écriture  ;  elle  exige  encore  des 
connaissances  auxiliaires,  sans  lesquelles  on  ne  pos- 
séderait qu'imparfaitement  la  science  du  déchif- 
frement. 

Donc,  à  l'étude  des  alphabets,  des  liaisons  et 
conjonctions  de  lettres,  des  signes  abréviatifs,  ortho- 
graphiques, de  correction  et  des  chiffres,  nous 
joindrons  les  connaissances  indispensables  du  style, 
de  l'orthographe  et  des  divers  modes  d'abréviations 
en  usage  dans  les  anciennes  écritures. 

Voilà  en  quoi  consiste  la  paléographie  proprement 
dite,  qu'il  ne  faut  pas  confondre  avec  la  diploma- 
tique, comme  l'ont  fait  quelques-uns,  bien  que  ces 
deux  sciences  se  prêtent  un  mutuel  secours  :  cette 
dernière  ayant  plus  pour  objet  la  critique  des  monu- 
ments écrits  que  leur  déchiffrement. 
Nous  diviserons  cette  méthode  en  quatre  parties  : 
La  première  résumera  d'une  manière  méthodique 
et  précise  les  principales  connaissances  qu'il  importe 
d'acquérir  d'abord  pour  bien  se  préparer  à  la  lec- 
ture des  chartes  et  des  manuscrits. 

La  deuxième  traitera  des  abréviations  usitées  au 
moyen  âge  et  de  leurs  différents  systèmes.  C'est  dans 
cette  partie  qu'on  apprendra  à  résoudre  une  des  plus 
grandes  difficultés  des  écritures  anciennes. 

La  troisième  contiendra  :  1  °  quelques  observations 


PALEOGRAPHIE 


préliminaires  sur  la  lecture  et  la  transcription  des 
chartes  et  des  manuscrits;  2°  la  reproduction  en 
caractères  usuels  des  écritures  représentées  dans  les 
planches;  3°  un  aperçu  sur  la  constitution  ou  le 
caractère  particulier  de  l'écriture  de  chaque  siècle, 
avec  l'indication  des  principales  difficultés  qui  s'y 
rencontrent;  4°  les  règles  de  critique  applicables  à 
l'authenticité  des  manuscrits  et  des  chartes;  5°  et 
celles  dont  on  doit  s'aider  pour  reconnaître  l'âge 
d'un  manuscrit  ou  d'une  charte  sans  date. 

La  quatrième  enfin  comprendra  une  instruction 
sur  les  sceaux  qui  accompagnent  les  actes  du  moyen 
âge,  et  expliquera  les  difficultés  paléographiques 
qui  se  rencontrent  dans  leurs  légendes;  on  y  trou- 
vera aussi  les  règles  de  critique  applicables  aux 
sceaux. 


s, 


g-nei 


$>??/; 


r>>7  7  7> 


;s9 


?H  <[J$9** 


f  //>/•//> 


2  j  ap^a.9  o£  9. 


;  < 


Çtf'Vl 


u 


*  'TnbUm  raisonne  fres  fettm  et  beg  signes  aWcViatifc  ugitéAtisU  Bï.^.ct  (es  Êfc" 


\^leur. 


cr  —  re 
ir. 


eu  m- coin 
ciin  -  con 


que  -  et 
us  -m 


l^tottj  ju,>«\«»i 


tu-c-v    ttoivM'ilvvoftiveOr1 


Emplc 


iueu.fukt.ui   coitmtu  aue .  »  cohucr   ira-  œw  uiek    *   .uuuti  '  auu     + 
ViTïa .  ica  .  duo  .  qpi    J^Uce  .    *     là*.  cLkr.Tcjtun  .  llerycm  ^É  jot".  * 


cotant  L»e.iwW.i»rt<*Vc^.im))te.»c>Atâ  uu&tur  c-iut/^  * 'y?.  VoÀ  .* 


um?  anuc.  ei.itmu  uoLmi .  liujr:  *  ot.u  .pjjit.u'trtsl  ♦  utm.    i£fa>eiiv  * 


i<yx     te.  pUniA    Vvcit.  lujry^    fut] .  cxWorttiu  Ju uut°   Cmptltn  fcrt*% 
unit     cabat .  -pnticix/.    »    uvtevpvcîa  .     kp.bv  .    a&ufa .   * 


^lui-c  .     fvbclc       dej?dc»r.  uv .  yter .  jio    papa.  *  omp.   0«Tb.  jj'oUb  .« 


qiubufy .  auojauc    I0C9    ar^unpti'    *  çuimu?  inqiïioduvvt     ojrreWW.» 
od-ij*.  uojatur.  d\^tiuv  *  otaa  ^>ceiut.  mqcufla   2tmet   vwqtvnc-ctr  * 


a    Atn;   uku.itâtj  u«  rjiujj  ♦  I74I3   yuuy  {%   yr?b;   *.cuiii?,-   aiubjbiw-  cnwubj 
torpb;  *  ^îfèvtv^    ta^   ^ovuvr.ttq;.  ca&q  .  »    prebj    j?jf .  mtm  ï  e  gj  r)  fl. 


jcruoife-.  (xxoy,.  a,muaai£  .  bcuoj£» .  euijbem   cwîfc 


:(2  )  = 


pttur   * 


Lettres  abréviatives         (  1  ) 


Ami     <»&»     mnyLjfa»    m'&\.x,„r.  ,„«*  ^^ 

II 

f<Umi.if    J»%««7  .  "»«?)"    fc^pv»L*f .  mvfew«i 


Petites  lettrée   supérieures    abréviatives. 


•»  li'CJ'.mtrtn  înf     cÎHfcrr  pty 

C  t£    CûLXltZ  mtsa    îtnplJVoTvtr 

t  {*èfa  \>ow  tgnvta  frty  ti.. 

o  fx«  lûtiucK.tik  pet.  igf. 

tt  C  Ctf  Ctfiyga   l/tif   pUcntcv-,  cjc. 


a  mip.c*  inemm    mtu>    c-â 

<•  utv/"  n^n^  uictuni    tii». 

>  uhito   cci.fiivcttr-  cculo. 

0  aiâ.ttir.  ^nvtia.  vncyora-iva: 


twwri>'*ivi'om4.ni»'?  ttojb" 
mat'  |cltctr.  ftJ  f uy*" 

t.     fn-octb.wnvmîclu*  fr 


I.   «Mi  art lm*3     >""lr^      ^"^     ,-u,,,u 

b'"fc"  haf,h/,ub,ber,   MiitûC  .wt1  pilwo   jn-^e. 
c    ann,(3Bnvctun,ctutt  ôumm  ctta. ivoVifc.  («côo 

V    ^uj^  a^/-,..  .  .  1  .  MMlv.  noiii    tneriSet    >u<V. 

C    efL '  .él  e/Je.èen.cm.ntnx-e  «rau  fraètia    ?pnim. 
f*T  ferjfù:fn.  .  .  .  ."ttipiif  •    anvpio    fqu.niru». 

<rr$r<e/-  ^/*  : au^e      rtmâgaM"   -^yf- 

^  fe*  ^sr .t?n>.r{.  tr^î    tc^t^w   ^ 

T     PI   ÔA.   .....  -  .^T1    ifv»       uvioLt     Kuti 

if  aCêCler.  .     .  .  p»pTi  <w>  ^  .ui4H  .  ^ 

in   me/l,  rnun,  Ui/t,  .  tevuxntloiuiff    luunoo     jci-vpt^a 

tî.  ncTir/nut,  en,,  ....  wum    ?.a|\iÂni  aerne     Ubnttr 

O  <>OT,  on-  u>  un.    .  .  COTnoS»^  Wtta  iU*mi*  m<htun>* 

«  y>>/> lyru  pb*i     iuj£t>a»"e   cxmwintDd 

p  ner.par.jtor,  ....  ^5«  >i«f   »*«»(»  ^*»f.  »jf<rc  trm^r 

i»  jire,Di>r-,      ....  .  t)ff  ff»f  p«""u   fkrt    ptvm  pœ 

a  ^ucaudi  .  .  .     .  /Ê>^«f   ^a    (jSajn    ^liter 

f'Ç/v fLi-um    pryinuv    a>np«a«r. 

t     Ur.trt  ,lur    hun,  .  '"^i^     *•«*    fcvxfè  W  irfr. 
U  i}    am,uit.,vu-.'jn-  nicu   uW   (6tutM  X'un1  fi*  ■ 

, 4,. . 


jjJU--cfcô  <5vn3i«^*tM-e-*L>   tCi^vu*voXu7fc<V 


d.    diaÙAf 


nulU 


^     CArt/U 


PREMIERE   PARTIE 


DES  DIFFICULTÉS    MATÉRIELLES  ET  ACCESSOIRES 
DE  L'ÉCRITURE 


On  ne  doit  jamais  perdre  de  vue  que  les 
règles  de  la  paléographie  souffrent  de  nom- 
breuses exceptions. 

Nouv.   Biplom.   des  BB. 


eux  sortes  d'écritures  divisent  les  maté- 
riaux manuscrits  du  moyen  âge  et  des 
derniers  siècles  : 
L'une  posée,  régulière,  communément  réservée 
pour  les  livres  dits  manuscrits. 

L'autre  cursive,  expédiée,  propre  aux  chartes, 
diplômes  et  tous  actes  publics. 


10  PALEOGRAPHIE 


C'est  cette  dernière  écriture  qu'il  importe  surtout 
d'étudier,  puisqu'elle  présente  un  plus  grand  nom- 
bre de  difficultés,  et  que  c'est  aussi  des  chartes  et 
des  titres  que  l'histoire  tire  ses  matériaux  les  plus 
abondants. 


ALPHABETS 


La  connaissance  des  caractères  alphabétiques 
propres  à  l'écriture  de  chaque  siècle  est  de  pre- 
mière nécessité  dans  l'étude  du  déchiffrement. 

Pour  bien  se  familiariser  avec  les  formes  de 
chaque  élément,  on  devra: 

\  °  Passer  en  revue  les  deux  alphabets,  et  prin- 
cipalement les  minuscules1,  si  multipliées  dans 
l'écriture; 

2°  Étudier  la  forme  propre  à  chaque  lettre,  avec 
sa  valeur; 


1  Dans  les  alphabets  représentés  dans  les  planches,  les  lettres 
sont  rangées  dans  le  même  ordre  que  les  nôtres  :  toutes  celles 
d'égale  valeur  sont  renfermées  entre  deux  points. 


PREMIÈRE    PARTIE  11 

3°  Remarquer  les  lettres  qui  ont  une  tendance  à 
se  ressembler  par  la  forme,  et  dont  la  valeur  diffé- 
rente peut  occasionner  des  méprises  et  nuire  à  l'in- 
telligence des  mots  où  elles  se  trouvent.  Par  exem- 
ple, on  est  porté,  dans  les  écritures  du  xivc  au 
xvne  siècle  inclusivement ,  à  prendre,  par  plus  ou 
moins  de  ressemblance  : 

b  pour  v  et  vice  versa,  xvne  siècle  excepté. 

xive  sièele  excepté. 


c    — 

e 

id. 

g  - 

q 

id. 

h   - 

s 

id. 

j    - 

i 

id. 

1   - 

c 

id. 

n    — 

u 

id. 

o    — 

r 

id. 

P    — 

x 

id. 

xvne  siècle  excepté. 

Observer  enfin  la  différence  des  formes  dans 
les  lettres  de  même  valeur  (c'est  pour  cette  raison 
que,  dans  les  alphabets,  on  a  représenté  les  diffé- 
rentes formes  sous  lesquelles  on  est  exposé  à  ren- 
contrer une  même  lettre)  ; 

De  là  passer  aux  liaisons. 


12  PALEOGRAPHIE 


1T 

LIAISONS    ET   CONJONCTIONS   DE   LETTRES 

Dans  les  écritures  cursives  des  xive,  xvc,  xvic  et 
xvne  siècles,  on  rencontrera  souvent  des  liaisons  et 
conjonctions  de  lettres  qui  présenteront  de  l'obscu- 
rité. C'est  pourquoi,  outre  les  enjambements  de 
mots  les  uns  sur  les  autres,  les  entrelacs,  les  liga- 
tures, les  passes  et  toutes  les  licences  que  se  per- 
mettaient les  écrivains  prétentieux  des  derniers 
siècles,  on  fera  bien  d'examiner  attentivement  dans 
l'écriture  de  chaque  siècle  : 

1°  Toutes  les  lettres  liées1  et  les  lettres  con- 
jointes2 les  plus  fréquentes; 

2°  Les  liaisons  et  les  conjonctions  qui  ont  une 
fausse  ressemblance  et  pourraient  induire  en  erreur; 

3°  Les  mêmes  lettres  différemment  liées  ou  con- 
jointes; 


1  Les  lettres  liées  sont  celles  qui  sont  unies  par  un  délié. 

-  Les  lettres  conjointes  diffèrent  des  lettres  liées  en  ce  qu'elles 
sont  si  étroitement  unies  qu'elles  perdent  presque  toujours  une 
partie  d'elles-mêmes.  (Voyez  les  liaisons  ha,  ma,  do,  ra,  re,  ri, 
du  xive  siècle,  pi.  IV.) 


PREMIÈRE   PARTIE  13 

4°  Enfin  l'altération  que  les  lettres  sont  suscep- 
tibles d'éprouver  par  l'effet  de  la  liaison  ou  de  la 
conjonction. 


III 


SIGNES    ABREV1ATIF3 

Les  signes  abréviatifs  constituent  une  des  princi- 
pales difficultés  matérielles  de  l'écriture  ;  pour  en 
avoir  la  clef,  il  faut  recourir  au  chapitre  des  abré- 
viations, où  non  seulement  on  trouvera  une  entière 
explication  des  signes  abréviatifs,  de  leur  nombre, 
de  leurs  figures,  de  leur  valeur,  de  leur  emploi, 
mais  encore  on  apprendra  à  connaître  les  divers 
modes  d'abréger  des  scribes  et  des  copistes  du 
moyen  âge. 

Jusqu'à  ce  qu'on  soit  parfaitement  instruit  sur 
cette  partie  essentielle  de  la  paléographie,  les 
tableaux  d'abréviations,  qui  accompagnent  les 
planches  d'écritures,  seront  d'un  grand  secours 
pour  l'interprétation  des  abréviations  qui  se  ren- 
contrent le  plus  fréquemment  dans  les  titres.  Les 
signes  abréviatifs  y  sont  figurés  avec  leur  signifi- 
cation et  leur  emploi,  à  mesure  qu'ils  se  montrent 
usités  de  siècle  en  siècle. 


14  PALÉOGRAPHIE 


IV 

SIGNES   ORTHOGRAPHIQUES 

Rien  de  plus  irrégulier,  rien  de  plus  arbitraire 
que  l'emploi  comme  la  forme  du  petit  nombre  de 
signes  orthographiques  qui  se  montrent  dans  les 
anciennes  écritures.  Il  est  beaucoup  de  titres  où 
ils  sont  même  négligés. 

Pour  faciliter  l'intelligence  de  ces  signes,  voici 
les  remarques  les  plus  générales  : 

Au  xie  siècle,  le  point  rond  (.)  sert  pour  les  deux 
points  et  la  virgule;  et  l'un  de  ces  signes  (.;  5)) 
pour  le  point. 

Dans  ce  siècle  comme  dans  les  suivants,  les  sigles 
ou  lettres  isolées,  les  lettres  numérales,  les  mots 
inachevés  sont  souvent  accompagnés  d'un  point. 

Exemple  :  T.  ou  Test,  pour  testibus;  Rothom.  #0- 
thomagensis;  W.  Willeîmus;  x.  viij.  dix-huit,  etc. 

Au  xue  siècle,  la  figure  la  plus  ordinaire  du 
point  et  de  la  virgule  ressemble  assez  à  notre  vir- 
gule renversée  («^);  mais  on  trouve  également  le 
point  rond  (.),  pour  exprimer  tantôt  la  virgule, 
tantôt  le  point. 


PREMIÈRE    PARTIE  15 

Dans  ce  siècle,  et  quelquefois  au  xic,  on  employait 
pour  les  deux  points  cette  figure  (  ?);  quelques 
écrivains  s'en  sont  servis  indistinctement  pour  mar- 
quer les  différents  membres  d'une  période. 

Au  xme  siècle,  dans  les  manuscrits  comme  dans 
les  chartes,  les  signes  de  ponctuation  sont  bien 
négligés.  Dans  ce  siècle,  disent  les  savants  BB. 
diplomatistes,  on  substitua  des  accents  (/)  plutôt 
que  des  virgules  à  tous  les  points,  en  conservant 
néanmoins  les  accents  ou  les  virgules  couchées  (/) 
dans  les  endroits  où  le  sens  n'était  qu'un  peu 
suspendu. 

Au  xiv°  siècle,  on  trouve  le  point  rond  (.)  à  la 
fin  des  phrases  et  les  petites  barres  obliques  très 
fines  (/  )  pour  marquer  les  différentes  pauses  du 
discours.  Elles  tiennent  en  quelque  sorte  lieu  de 
notre  virgule. 

Au  xve  siècle,  comme  au  précédent,  le  point 
rond  (.)  se  mettait  pour  le  point  final,  et  les  barres 
inclinées  pour  les  autres  pauses  (/). 

Au  xvic  siècle,  on  employait  le  point  rond  ou 
carré  (. ,),  la  virgule  (,)  et  les  deux  points  ronds  ou 
carrés  (  •  [)  dans  le  même  sens  que  les  nôtres  ;  on  ne 
se  servait  pas  encore  du  point  et  virgule  (;). 

Au  xvne,  le  point  (.),  les  deux  points  (:),  le  point 


1G  PALEOGRAPHIE 


et  virgule  (5)  remplissent  les  mêmes  fonctions  que 
les  nôtres. 

Quant  aux  points  d'interrogation  et  d'exclama- 
tion, ils  ont  été  tout  aussi  peu  régulièrement  suivi? 
que  les  autres  signes  de  ponctuation;  telles  sont  les 
formes  sous  lesquelles  on  les  rencontre  le  plus  ordi- 
nairement du  xie  au  xvne  siècle  : 

«    Point  d'interrogation  :  j<>    -O   ^    P  ?. 

Point  d'exclamation  :  0.  '0.   t)   0.  ! . 

A  l'égard  de  ce  dernier,  plusieurs  copistes  ont 
figuré  l'exclamation  par  deux  points  mis  à  la  fin  de 
la  phrase  ;  exemple  :  0  faciem  pulchram  : 

D'autres,  par  deux  points  placés  au-dessus  du 
premier  mot  de  la  phrase  exclamative  :  proh  dolor. 

D'autres,  enfin,  par  le  signe  d'interrogation  ou 
tout  autre. 
Du  xi°  au  xv°  siècle  inclusivement,  on  trouve  des 

accents  sur  les  i  (  {*),  particulièrement  lorsqu'ils 
sont  voisins  des  lettres  $',  m,  n,  u,  ce  qui  sert  à  les 
distinguer.  Ce  ne  fut  qu'au  xvie  que  les  points  sur 
les  i  remplacèrent  les  accents. 

Les  accents  aigu,  grave,  circonflexe,  dont  nous 
nous  servons  si  utilement  aujourd'hui,  n'étaient  pas 
connus  des  anciens  écrivains;  on  verra  à  l'article 
Orthographe  comment  ils  y  suppléaient. 


PREMIÈRE   PARTIE  17 


Nous  en  pouvons  dire  autant  de  l'apostrophe, 
de  la  cédille,  du  tréma,  du  tiret1,  qui  n'ont  com- 
mencé, comme  les  accents,  à  être  usités  qu'au 
xvi°  siècle,  quoique  quelques-uns  d'entre  eux  aient 
pu  se  montrer  vers  la  fin  du  xvc  siècle. 

La  parenthèse,  d'un  usage  très  ancien,  se  trouve 
exprimée  dans  les  manuscrits  tantôt  par  deux  traits 
demi-circulaires  ainsi  disposés  (  j,  tantôt  par  deux 
crochets  plus  ou  moins  allongés  [  ]. 

Les  guillemets,  dont  la  fonction  est  de  désigner 
une  citation,  se  reconnaissent,  soit  par  un  trait 
horizontal  (— ),  soit  par  une  sorte  de  7,  soit  par  de 
petits  s  renversés  (2?),  soit  enfin  par  de  longues 
virgules  ou  sortes  d'accents  (  f/  )  placés  en  tête  de 
chaque  ligne. 


SIGNES    DE  CORRECTION 

Voici  les  différents  modes  de  correction  génera- 


1  On  pourrait  dire  que  le  tiret  ou  trait  d'union  a  été  connu 
des  anciens  copistes,  en  ce  sens  qu'ils  l'employaient  sous  la 
forme  de  deux  traits  obliques  (")  à  la  fin  des  lignes,  pour  indi- 
quer qu'un  mot  inachevé  se  terminait  au  commencement  de  la 
ligne  suivante. 


18  PALEOGRAPHIE 


lement  adoptés  par   les   anciens  correcteurs    de 
manuscrits  et  par  les  écrivains  eux-mêmes. 

Pour  retrancher  un  mot  inutile,  ils  mettaient  un 
point  sous  chaque  lettre  de  ce  mot. 

Exemple  :  Vinum  non  amabat. 

S'il  n'y  avait  qu'une  ou  deux  lettres  à  supprimer 
dans  un  mot,  ils  les  désignaient  par  un  point  égale- 
ment mis  au-dessous. 

Exemple  :  Edifificavit. 

Voulaient-ils  substituer  un  mot  à  un  autre,  une 
lettre  à  une  autre  lettre  ?  Ils  sous-ponctuaient  encore 
le  mot  ou  la  lettre  à  enlever,  et  traçaient  au-dessus 
la  correction. 

petis 

Exemple  iquidqueris,  c'est-à-dire  :  quid  petis,  au 
lieu  de  quid  queris.  Voyez  les  mots  facimus,  suum, 
meos,  scapulus,  miserum  (PI.  VIII,  case  3,  ex.  n), 
où  les  corrections  à  faire  sont  indiquées  :  au  lieu  de 
facimus,  il  faut  lire  fecimus;  suam,  au  lieu  de 
suum,  et  ainsi  des  autres.         * 

Si  une  lettre  devait  être  ajoutée  dans  un  mot,  elle 
était  tracée  immédiatement  au-dessus  de  l'espace 
qu'elle  devait  occuper  dans  le  mot.  (Voir  PI.  VIII, 
case  3,  ex.  i,  les  mots  vinea,  abbas,  evangelista, 
videbunt,  mea,  dixit.) 

Lorsqu'un  ou  plusieurs  mots  se  trouvaient  trans- 


PREMIÈRE  PARTIE  19 

posés,  deux  petites  barres  obliquement  jetées  au- 
dessus  et  en  tète  de  chacun  de  ces  mots  faisaient 
connaître  que  le  dernier  accentué  devait  se  mettre 
à  la  place  du  premier. 

Exemple  :  Edificant  II  hortos  et  plantant  il  domos; 
c'est-à-dire  :  Edificant  domos  et  plantant  hortos. 

Pour  un  mot  omis,  une  phrase  oubliée  ou  à  sub- 
tituer,  une  citation,  une  correction  importante,  le 
signe  de  renvoi  à  la  marge  consistait  ordinairement 
en  deux  petits  traits  obliques  (").  Exemple  : 
//  petendum  Avarus  ad  II  promptus,  ad  dan- 

dum  tardus; 
c'est-à-dire  :  Avarus  ad  petendum  promptus,  ad 
dandum  tardus. 

Tels  sont  les  moyens  ordinaires  de  correction  ; 
on  peut  en  rencontrer  d'autres,  mais  ils  sont  si 
arbitraires  que  nous  n'avons  pas  jugé  à  propos  d'en 
parler. 


VI 

CHIFFRES 

Les  chiffres  romains  ou  lettres  numérales  offrent 
peu  de  difficultés  sous  le  rapport  de  leurs  formes. 


20  PALEOGRAPHIE 


Il  arrive  seulement  que,  exprimés  le  plus  souvent  par 
des  caractères  minuscules1,  ces  chiffres  tendent  à 
se  confondre  avec  les  autres  lettres,  surtout  dans 
récriture  cursive.  On  évitera  donc  de  prendre  les 
nombres  qu'ils  représentent  pour  des  mots  abrégés 
ou  autres,  et  l'on  devra  s'attacher  autant  à  leurs 
formes  qu'à  leurs  diverses  combinaisons  servant  | 
à  figurer  soit  le  même  nombre,  soit  des  nombres  ! 
différents. 

Quant  aux  chiffres  arabes,  ils  exigent  plus  d'at- 
tention. Quoique  connus  en  France  au  xiiic  siècle, 
ils  n'ont  guère  commencé  à  être  d'un  usage  vul- 
gaire que  vers  la  fin  du  xve,  et  n'ont  été  employés 
dans  les  actes  qu'au  xvi»  siècle.  On  les  rencontre 
dans  les  manuscrits  bien  avant  cette  époque,  spé- 
cialement dans  ceux  qui  traitent  de  mathématiques, 
d'astronomie,  d'arithmétique  et  de  géométrie  :  on 
s'en  est  servi  aussi  pour  les  chroniques,  les  calen- 
driers, et  même  pour  chiffrer  chaque  feuillet  ou 
chaque  cahier  des  manuscrits.  Cependant  l'usage 
des  chiffres  romains  a  longtemps  prévalu;  ils  se 
sont  maintenus  constamment  dans  les  actes  pour 
marquer  les  dates  jusqu'au  xvne  siècle. 

La  forme  des  chiffres  arabes  n'a  pas  moins  varié 


1  Excepté  les  lettres  C.  L.  et  quelquefois  V.,  qui  sont  ordinai- 
rement capitales. 


PREMIÈRE  PARTIE  21 


VU 


STYLE 


Nous  avons  dit  que,  indépendamment  des  diffi- 
cultés purement  matérielles  de  l'écriture,  il  s'en 
rencontre  d'autres  dont  la  solution  n'est  pas 
moins  importante. 

En  effet,  quels  obstacles  ne  se  présentent  pas 
encore  si  un  mot,  dont  on  a  bien  déchiffré  toutes 


que  celle  de  notre  écriture;  c'est  pour  cette  raison 
qu'il  faut  étudier  sur  le  tableau  : 

1°  Les    différentes  formes    que   chaque    signe   j 
affecte  ; 

2°  Les  rapprochements  qui  existent  entre  les 
chiffres  de  différente  valeur  et  les  accidents  qui 
les  distinguent; 

3°  Enfin  leurs  diverses  combinaisons  avec  les 
nombres  qui  en  résultent. 

Quelques  écrivains  ont  quelquefois  combiné  les 
chiffres  arabes  avec  les  chiffres  romains  :  ils  met- 
taient X2  pour  12,  X3,  pour  13,  XX4  pour  24, 
etc.,  etc.;  mais  ces  exemples  sont  peu  communs. 


'22  PALEOGRAPHIE 


les  lettres  qui  le  constituent  et  les  divers  signes 
accidentels  qui  le  caractérisent,  appartient  ou  à  la 
basse  latinité,  ou  à  notre  vieille  langue,  ou  à  une 
orthographe  vicieuse,  ou  enfin  à  une  abréviation 
qui  le  rend  tout  à  fait  obscur?  Il  peut  à  la  fois  être 
enveloppé  de  quelques-unes  de  ces  difficultés.  On 
comprend  que  la  science  paléographique  serait 
incomplète  si  elle  ne  s'attachait  pas  à  les  résoudre. 

Ainsi,  à  regard  du  style  informe  de  la  basse 
latinité  et  du  vieux  français,  il  se  présentera  bon 
nombre  de  mots  qui  feront  hésiter  dans  le  déchif- 
frement, par  l'impossibilité  de  s'en  rendre  compte. 
Qu'on  trouve,  par  exemple,  les  mots  latins  suivants  : 

Listra,  scambiare,  abotat,  guerpire,  warantizare, 
relegium,  merelli,  treuga,  etc.,  etc.,  et  ceux-ci  en 
français  : 

Cuens,  ensieutj  pieca,  warder,  ensement,  ens, 
prou,  tuit}  vezci,  quanque,  consaux,  etc.,  etc., 

Ne  s'imaginera- 1- on  pas  avoir  mal  lu  ces  mots, 
par  cela  même  qu'on  ignore  leur  signification? 
Tandis  que  l'incertitude  cessera,  si  Ton  réfléchit  que 
ces  mots  inintelligibles  peuvent  appartenir  au  style 
de  l'une  ou  de  l'autre  langue  que  nous  venons  de 
signaler,  et  qu'on  doit  alors,  pour  s'en  assurer, 
consulter  les  ouvrages  qui  suivent  : 


PREMIÈRE    PARTIE  53 


Pour  le  bas  latinisme  :  le  glossaire  de  du  Cange 
et  son  supplément,  par  dom  Carpentier;  le  diction- 
naire diplomatique  ou  étymologique  des  termes 
des  bas  siècles,  par  Montignot  ;  le  dictionnaire 
étymologique  des  droits  royaux  et  seigneuriaux, 
par  Ch.  Dugas;  le  vocabulaire  universel  des  mots 
de  la  latinité  des  différents  siècles,  de  Chompré  ; 

Pour  le  bas  gallicisme  :  le  glossaire  de  la  langue 
romane  de  Roquefort;  — du  bas  gallicisme  contenu 
dans  le  4e  volume  du  supplément  au  glossaire  de 
du  Cange  ;  —  du  droit  français  d'Eusèbe  de  Lorière  ; 
le  dictionnaire  du  vieux  langage  français  de  La- 
combe;  —  praticien  gothique  de  la  diplomatique 
de  Lemoine;  l'introduction  à  la  pratique,  contenant 
l'explication  des  principaux  termes  de  pratique  et 
de  coutume,  par  Cl.  de  Ferrière  \ 

Ces  ouvrages  donneront  en  outre  l'explication 
d'une  infinité  d'expressions,  de  formules,  de  termes 
d'usage,  de  pratique  et  de  coutume  dont  la  con- 
naissance est  également  utile  pour  la  lecture  et 
l'intelligence  du  sujet  qu'on  déchiffre. 

1  On  peut  recourir  aussi  avec  avantage  aux  dictionnaires  des 
patois,  selon  le  pays  où  a  été  écrit  le  document  qu'on  a  à  dé- 
chiffrer. 


24  PALEOGRAPHIE 


VIII 


ORTHOGRAPHE 


Pour  être  aidé  dans  le  déchiffrement  de  plusieurs 
mots  inintelligibles  qui  se  montrent  dans  les  an- 
ciennes écritures,  il  ne  suffit  pas  de  connaître  les 
termes  du  bas  latinisme  et  du  bas  gallicisme;  il  est 
bon  aussi  d'avoir  quelques  notions  sur  l'ortho- 
graphe des  anciens. 

Au  moyen  âge,  la  langue  latine,  chargée  d'une 
multitude  de  mots  étrangers,  plus  ou  moins  bar- 
bares, acheva  de  se  corrompre  par  une  orthographe 
vicieuse.  Ainsi,  dans  les  manuscrits  et  les  actes 
latins  du  xic  au  xvie  siècle  inclusivement,  on  re- 
marquera une  quantité  de  mots  défigurés,  soit  par 
le  changement,  soit  par  l'addition,  soit  par  le  re- 
tranchement d'une  ou  plusieurs  lettres,  outre  les 
altérations  qui  résultent  de  l'ignorance  et  de  l'inad- 
vertance des  écrivains.  Nous  donnerons  ici  la  liste 
des  fautes  qui  se  commettaient  le  plus  fréquem- 
ment : 

PAR    CHANGEMENT 

b    pour    p  :  obtimus,  scribta,  obponeret. 


Alphabets . 


Ecriture  du  XI?   Siècle  . 


xercices, 


Abréviations. 


«/•'V^Vlv^Siv.A.C 


fi.iiiLie.w.ô 


rw*rni  c  a 


r.u 


jktt.Uk.ll.tnoï.ui7.^o.t»jp.aa 


ttaamco 


<a  .  a  t*  f  r  .    i  IS.'C  •*» 


^ôfrcum  coiutax  m  commune  iuI- 
l^*c  ïtc1   ta  tvidtcarc  i?oi?uli5a;   ]ul?avru  Clx  tcnxuv'  l;oc  de/ 
aobiT  woinvilcraxum  lAevaarari   ot>Tu\£arut<rov«m  nwzrâ.  manu 
lUTr^r  âpt>okco  jtcruo  vobojauvmuj  àcu\\  futeubuj  nora-tj  »vc|cnnbiq  ro 
>ratxoum  cj^c-uamxuj  iiora^c a  miammj  liimllo  nijupey^  ajj\muj*tauîlmt 


.^v.t. 


XK.B.C.'Dfc.eE.FY.  6Ç.V>H.J 
T  r.vqu.  jncx.  yy^r. 


■  n  mi 


civil      amen 
Arcl}  CL  a/ r/iu/iaaft 

Dot      diluai 
cUxc 

cioin    <**>. 
Si  de, 

Et  WC    epifoo/iaf 

]£.    /ïi&rfar 

Jlori 


\\\À\ 
non 


,.£,,/ 


g" 


J\  U.  CkHftuf. 


ltilX&6     «*-  ^«V*«/^-• 


EicirpMiiiiiiMMrniit 

J\\     IOOO      Vlll    <"<7<i*>       J^C™"'       Jrs„u*f   . 

i  Vvmo  Jnxaj-n  AVxvtl  ""7  -Lm  ^.«.^jy.,™ 


em?  &Aà\jlivS . .  ^  (pe  fâUtaf  eai^r  c^onaJWu?  Scï  ctfioaS  <ut 

tnmaa^amm  (taiLotyS  etufclc  loci  aV&tru"  fvlua  c^uaitcU  vu  morter  £j 
-v  fivp  mita  atie  CàiUaj^s  cltar  fixa,  aue  cv^lT foualU  uicer i&carœ.. 
Sic-^va)Gvitti^l£6i5aH6loSv,vo9U  J  4.  5i6ijV  ^£6i^£  OpAVïvtàvS  T 


/>  •     j»A- 


3     rmw» 


b 

PREMIÈRE    PARTIE                               25 

pour 

V 

:  octabas,  vibens,  cibitate. 

c 

— 

d 

:  quicquid. 

c 

~~* 

t 

:  eciam,  tertio,  graciant,  quocies, 
peticione. 

c 

qu 

:  cotidie,  coniam,  cocus,  condam, 
coque,  cando,  catenus,  cas, 
Secana. 

d 

— 

t 

:  adque,  adtamen,  capud. 

e 

—  ae,  œ 

:  mee,    sancte,    nostre,    seculum, 

hères,  hec,  celum. 

f 

— 

ph 

:  fisicos,  Faramundus,  dalfinus, 
fisica. 

i  ' 

— 

j 

:  deiicere,  iustitiam. 

k 

— 

c 

;  karissimi,  kalendas,  karta:  ha- 
ritatis. 

k 

— 

qu 

.  ki. 

q 

— 

c 

:  mequm,  pequnia,  sequs. 

q 

— 

qu 

equs,  qoniam,  eqi valet. 

t 

— 

d 

haut,  set,  quit,  aput. 

u 

- 

i 

i 
estumare,  optumus. 

u 

— 

V 

paruum,  uerum,  inuenit. 

V 

— 

u 

vnum,  vnquam,  vt,  vno. 

V 

g 

varantizare,  Vasconia;  de  même 
du  w  :  Wuido,  Wiilelmus. 

y 

— 

i 

ydolis,  epyscopum. 

26                                    PALÉOGRAPHIE 

PAR     ADDITION 

Auctum 

pour  actum. 

Carthis 

—    cartis. 

Chalendas 

i 
—    calendas. 

Charissimi 

—    carissimï. 

Dampnctur 

—    damnetur. 

Dicxit 

—    diœit. 

Ectiam 

—    etiam. 

Euuangelium 

—    euangelium. 

Nichil 

—     nihil. 

Michi 

—    mihi 

Pechiam 

—    peciam. 

Traccci 

—     traxi. 

Verumptamen 

! 

—    verumtawen. 

1 

PAR   RETRANCHEMENT 

Ali 

pour  olii. 

Deicere 

—    dejicere. 

Domni 

—    domini. 

Ebdomada 

—    hebdomada. 

Emtio 

—    emptio. 

Fibla 

—    fibula. 

Jusit 

—    jussit. 

Mi 

—    mihi.                                j 

Nepti 

—    nepoti. 

—        -             i 

PREMIERE   PARTIE 


Pulcris 

pour  pulchris. 

Scisma 

—    schisma. 

Ymnus 

—    hymnus. 

PAR    TRANSPOSITION 

Suscepta 

pour  suspecta. 

Qaantam 

—     tanquam 

Insula 

—    inlusa. 

Lcta 

—    tela. 

Velis 

—    levis. 

Esse 

—    sese. 

MOTS     ÉCRITS     LES   UNS    POUR     LES    AUTRES 


Extemplo 

pour 

exemplo. 

Sic 

— 

si. 

Credidit 

— 

crediderit 

Moneris 
Audeant 

-~" 

monueris. 
gaudeant. 

Editiones 

— 

edictiones 

Frustres 

— 

frustra  es 

Movere 

— 

moveri. 

Quant  à  notre  langue  française,  qui,  pendant 
plusieurs  siècles,  resta  sans  grammaire,  les  mots 
s'y  rencontrent  sous  une   si   grande  variété    de 


&*  PALÉOGRAPHIE 


formes  dans  leur  orthographe  qu'un  volume  entier 
suffirait  à  peine  pour  expliquer  toutes  les  vicissi- 
tudes de  chaque  mot  :  nous  nous  bornerons  donc 
à  quelques  remarques  indispensables  sur  la  manière 
d'orthographier  des  anciens  écrivains. 

Formée  en  partie  du  latin,  notre  vieille  langue 
se  régla  souvent  sur  lui  pour  la  composition  ortho-   j 
graphique  des  mots  qui  en  dérivaient.  Ainsi,  avec   \ 
de  légères  modifications,  on  écrivait  advocat  venant   ; 
tfadvocatus,  dicte  de  dicta,  escriptes  de  scriptas, 
subjecte  de  subjecta,  soubz  de  sub,  faict  de  facta, 
doibt  de  débet,  doulce  de  dulcis,  etc.,  etc. 

D'autres  mots  étaient  écrits  moins  selon  leur   ! 
analogie  étymologique  que  selon  leur  prononcia-   j 
tion,  modifiée  par  les  différents  idiomes,  dialectes 
et  jargons  du  pays  où  se  parle  la  langue. 

Tels  sont  chinq  pour  cinq,  che  pr  ce,  veci  pr  voici, 
sexante  pr  soixante,  ren  pr  rien,  quemencher  pr  com-  \ 
mencer,  mobles  pr  meubles,  neuches  pr  noces,  escange 
pr  échange;  men,  ten,  sen,  pr  mon,  ton,  son  ;  mains 
pr  moins,  lof  pr  leur,  religious  pr  religieux,  souf- 
frant pr  suffisant,  souvent  pr  surent,  Diex  pr  Dieu, 
quer  pr  car,  seignor  pr  seigneur,  se  pr  si,  ne  pr  ni, 
etc.,  etc, 

En  l'absence  d'accents,  les  mots  se  surchargent 


PREMIÈRE  PARTIE  29 


de  certaines  lettres  que  nous  avons  supprimées  au- 
jourd'hui. 

En  voici  quelques-uns  où  le  redoublement  d'une 
même  lettre  tenait  lieu  de  l'accent  circonflexe  : 
aage  pr  âge,  empeechement,  meemement  ou  meesme- 
ment,  aame,  seel,  Aalix,  etc.;  mais  le  plus  géné- 
ralement Ys  s'employait  de  préférence  pour  mar- 
quer l'accent  circonflexe  et  même  l'accent  aigu1; 
exemple  :  mesme,  pasture,  coustume,  fust,  feste, 
for  est,  blasme,  estre,  disme,  honneste,  —  eslire, 
mespris,  estant,  mesnager,  destruire,  etc.,  etc. 

L'é  fermé  ne  portant  pas  d'accent,  on  ne  peut  le 
distinguer  que  par  le  sens  qu'exige  la  phrase. 

On  écrivait  sans  accent  aigu  :  condamne  pour 
comdamné,  concède  pr  concédé,  donne  pr  donné,  pré- 
pare pr  préparé,  édifie  pr  édifié,  cite  pr  cité,  ferme 
pr  fermé. 

Les  caractères  prosodiques  de  simple  prononcia- 
tion, tels  que  l'apostrophe,  la  cédille,  le  tiret  et  la 
diérèse,  n'étaient,  pas  plus  que  les  autres  accents, 
en  u?age  avant  le  xvi°  siècle. 

On  écrivait  donc  sans  apostrophe  :  marne,  seglise, 


1  Elle  se  plaçait  immédiatement  après  la  voyelle  où  l'accent 
se  fait  sentir. 


30  PALÉOGRAPHIE 


sespouse,  mamie1,  pour  m'ame,  s'église,  s'espouse, 
ri  amie  ;  dire  p*  d'ire,  lune  pr  l'une,  quay  pr  qiïay, 
sen  pr  s'en,  Ion  pr  l'on;  len,  ten,  men,  pr  l'en,  t'en, 
m'en,  etc.,  etc. 

Quelquefois,  les  écrivains  ne  faisaient  pas  de 
retranchement  de  la  voyelle. 

Exemple  :  je  le  ay  pour  je  l'ai,  je  te  expose  pr  je  \ 
t'expose,  etc. 

Sans  tiret  :  diroi  ie,  est  ce,  sont  ils,  disoit  il, 
dist  il. 

Unissant  les  mots  que  nous  divisons  :  tresbon, 
treshault,  tressaincte. 

Sans  cédille  :  commença2,  deçà,  scavoir,  façon, 
pieca,  decu,  etc. 

Sans  diérèse  ou  tréma  :  aiguë,  ciguë,  ambiguë. 

Examinons  maintenant  quelles  lettres  s'em- 
ployaient ou  s'omettaient  fréquemment  dans  les 
mots,  et  que  par  la  suite  nous  avons  changées, 
ajoutées  ou  retranchées  : 

G.  Dict,  faict,  picque,  appoinctement,  auctorité, 
publicque,  conduicte,  edict,  etc.,  pour  dit, 
fait,  etc.  -, 


1  Avant  le  xve  siècle,    parce    qu'ensuite  on    remplaça  cette 
manière  de  parler  par  mon  âme,  son  église,  etc. 

2  Quelques  écrivains  ajoutaient  la  lettre  e  pour  adoucir  le  c. 
Exemple  :  commencea,  decea,  deceu,  etc. 


PKEM1ÈKE  PARTIE  31 


D.  Vindrent,  tindrent,  advindrent,  void,prindrent, 

pour  vinrent,  tinrent,  etc.,  ete.; 

E.  Il  veist,  il  feist,  il  preist,  il  meist,  il  deist,  il 

peust,  pour  il  vit,  il  fit,  il  prit,  etc.,  etc.; 

G.  Loing,  tesmoings,  soing,  ung,  besoing,  pugnis, 
preignent,  etc.,  etc.,  pour  loin,  témmns, 
etc.,  etc.; 

I.  Imaige,  couraige,  Bourgoigne,  montaigne,  be- 
soigne,  compaigne,  passaige,  langaige,  oui- 
traige,  mangié,  sachiez,  menaciez,  iugié,  chief, 
etc.,  etc.,  pour  image,  courage,  etc.,  etc.  ; 

J.  Iugé,  iniustice,  enioindre,  iusques,  sérient, 
iardin,  iadis,  etc.,  etc.;  pour  jugé,  injus- 
tice, etc.  ; 

L.  Oultre,  faulte,  ceulx,  haulte,  eulx,  veult,  beaulx, 
auhune,vaul droit,  aultruy ,maulvais9  vieulx, 
herault,  etc.,  pour  outre,  faute,  etc.; 

0.  Estoient,  auoit,  disoit,  croyoit,  viuoit,  taxoit, 
souloit,  appartenoit,  prêtendoient,  etc.,  pour 
étaient,  avait,  etc.; 

S.  Avon,  feson,  dison,  appelon,  prenon,  etc.,  pour 
avons,  faisons,  etc.  ; 

T.  Il  souffri,  il  menti,  il  fi,  il  deffendi,  entendi, 
consenti,  etc.,  pour  il  souffrit,  il  mentit,  etc.; 


32  PALEOGRAPHIE 


T.  Grant,  entent,  froit,  prêtent,  prent,  vieillart, 
attent,  etc.,  pour  grand,  entend,  etc.; 

U.   Summe,  pronuncé,  volunté,  numbre,  presump- 

tion,  umbre,  etc.,  pour  somme,  prononcé,  etc.; 

i 
U.   Inuentaire,    uêrité,   auons,    f envier,    deuant, 

peuuent,   enuie,   etc.,  pour  inventaire,  vé- 
rité, etc.; 

V.  Vne,  vsaige,  vnis,  vtile,  ovltre,  pevt,  vsurper, 
etc.,  pour  une,  usage,  etc.; 

Y.  Moy,  toy,  soy,  roy,  luy,  loy,  boys,  autruy,  vray, 
quoy,  fuyr,  ny,  guyde,  amytié,  aussy,  ayde, 
etc.,  pour  moi,  toi,  soi,  etc.; 

Z.  Quilz,  fruictz,  dictz,  loyz,  acheptez,  telz,  touz, 
flz,  estez,  noz,  escriptz,  coustz,  ïesditz,  men- 
tionnez, etc,,  pour  qu'ils,  fruits,  etc. 

La  diphthongue  ai  était  souvent  représentée  par  e. 

Exemple  :  francese,  mes,  fontene,  james,  reson, 
mauves,  contrere,  par f et,  fortrere,  lesse,  etc.,  pour 
française,  mais,  etc. 

Les  anciens  écrivains  ne  connaissaient  pas  Fusage 
de  notre  t  euphonique,  ils  écrivaient  :  dira  on  pour 
dira-t-on,  fera  elle  pr  fera-Pelle,  amena  il  pr  ame- 
na-t-il;  il  leur  arrivait  de  se  servir  quelquefois  de 
la  lettre  l  par  euphonie  avec  la  particule  on. 


PREMIÈRE    PARTIE  ,     33 

Exemple  :  cuide  Ion,  peut  Ion,  voit  Ion,  croira 
Ion,  pour  cuide-t-on,  peut-on,  voit-on  croira-t-on. 

Ils  mettaient  aussi  le  pluriel  pour  le  singulier. 

Exemple  :  vnes  lettres,  pour  une  lettre;  vns 
autres,  pr  un  autre,  etc.,  etc. 

Ils  supprimaient  parfois  la  préposition  de. 

Exemple  :  la  maison  Dieu,  le  jardin  Jehan,  la 
mère  Dieu,  le  fils  Pierre  Gaultier,  pour  la  maison 
de  Dieu,  le  jardin  de  Jehan,  etc. 

La  préposition  du  ou  de  se  remplaçait  encore  par 
l'article  le. 

Exemple  :  la  cause  le  Roy,  pour  la  cause  du 
Roy,  etc.,  etc. 

Indépendamment  de  ces  remarques,  qui  sont 
loin  d'être  complètes,  il  ne  sera  pas  inutile  de  lire 
souvent  nos  vieux  auteurs  français,  pour  se  faire 
autant  au  style  qu'à  l'orthographe  qui  caractérisent 
les  époques  où  ils  ont  écrit.  Et  les  glossaires  que 
nous  avons  indiqués  à  l'occasion  du  style  serviront 
aussi  à  faire  reconnaître  une  foule  de  mots  dénatu- 
rés par  une  orthographe  barbare. 


(M^n/TW 


SHs 


DEUXIEME   PARTIE 


DES  DIFFÉRENTS    MODES   D'ABRÉVIATION 

USITÉS   PAR   LES   SCRIBES   ET   LES  COPISTES 
DU    MOYEN    AGE 


Combien  d'erreurs  n'a  pas  produites  la 
témérité  des  copistes  anciens  et  modernes 
lorsqu'ils  ont  voulu  rendre  des  abrévations 
qu'ils  n'entendaient  pas. 

Nouv.  Diplom.  des  BB. 


es  diplomatistes  bénédictins  ont  dit,  en 
parlant  des  notes  de  Tiron  : 
V*v i  C  ((  Il  nest  pas  surprenant  qu'on  ait  fait 
si  peu  de  progrès  dans  la  connaissance  de  cette  an- 
cienne tachygraphie.  Dans  la  science  des  notes  tiro- 
niennes  comme  dans  toutes  les  autres,  il  n'est  pas 


36  PALEOGRAPHIE 

possible  de  réussir  si  l'on  ne  découvre  une  bonne 
méthode  pour  les  expliquer  par  principes.  Il  faut 
savoir  d'abord  quelle  est  la  nature  des  signes  consti- 
tutifs de  ces  notes,  ensuite  les  distinguer  les  uns  des 
autres,  les  décomposer  et  les  anatomiser.  La  ferme 
persuasion  où  l'on  a  été  jusqu'à  présent  que  la 
plupart  ne  sont  pas  des  lettres,  mais  des  signes 
purement  arbitraires,  au  moins  dans  leur  première 
institution,  a  été  cause  que  l'on  s'est  contenté  de 
rechercher  leur  signification  dans  quelques  anciens 
manuscrits,  où  elles  sont  rendues  en  latin,  et  d'en 
composer  des  listes  alphabétiques,  sans  expliquer 
ni  pourquoi,  ni  comment  telles  et  telles  figures 
ont  la  valeur  des  lettres  qu'elles  expriment  et  des 
mots  qu'on  leur  fait  signifier.  » 

Ce  qu'on  vient  de  lire  sur  les  notes  de  Tiron  ne 
peut-il  pas  s'appliquer  aux  abréviations  des  chartes 
et  des  manuscrits,  qu'on  a  toujours  regardées 
comme  arbitraires,  et  dont  on  n'a  jamais  débrouillé 
les  règles  qui  servent  à  leur  construction?  C'est  ce 
que  nous  allons  essayer  de  faire  dans  cette  deuxième 
partie. 


Pour  rendre  le  travail  de  la  transcription  moins 
pénible  et  plus  expéditif,  surtout  dans  un  temps 


DEUXIÈME    PARTIE  37 

où  la  plume  seule  suppléait  au  défaut  d'imprimerie, 
les  scribes  et  les  copistes  du  moyen  âge  ont  fait 
usage  de  différents  modes  d'abréger  l'écriture, 
savoir  : 

I  o  Par  sigles  ; 

2°  Par  contraction  ; 

3°  Par  suspension; 

4<>  Par  signes  abréviatifs; 

5°  Par  petites  lettres  supérieures; 

6o  Et  par  lettres  abréviatives. 

C'est  de  ces  divers  modes  abréviateurs,  employés 
simultanément  et  diversement  combinés  entre  eux, 
que  sont  résultées  ces  nombreuses  abréviations, 
aux  formes  si  variées,  si  capricieuses,  qui  four- 
millent dans  les  écritures  du  xic  au  xve  siècle 
inclusivement. 

Se  livrer  au  déchiffrement,  sans  être  initié  au 
mécanisme  de  chaque  genre  d'abréviations  et  aux 
diverses  règles  qui  concourent  à  leur  construction 
comme  à  leur  explication,  c'est  vouloir  deviner  les 
mots  plutôt  que  les  lire  avec  certitude. 

II  convient  donc,  après  les  notions  préliminaires  de 
paléographie  qu'on  aura  acquises  dans  la  pre- 
mière partie  de  cette  méthode,  d'étudier  chacun 
des  modes  d'abréger  que  nous  allons  expliquer  pour 
avoir  la  clef  de  toutes  les  espèces  d'abréviations. 


38  PALÉOGRAPHIE 


ABREVIATIONS   PAR   SIGLES 

Les  sigles,  dans  la  rigueur  du  mot  et  selon  la 
plus  commune  étymologie  (singulœ  litterœ),  sont  des 
lettres  uniques,  isolées,  dont  l'emploi  est  de  re- 
présenter en  abrégé  les  mots  dont  elles  sont  les 
initiales1. 

Ainsi  une  abréviation  par  sigle  est  un  mot  figuré 
par  sa  seule  initiale. 

Exemple  :  S.  pour  salutem,  signum,  sigillum-,  0. 
pr  obitus  ;  C.  pr  capitulum,  contra  ;  F.  pr  Franco- 
rum,  féliciter,  etc. 

Les  abréviateurs  se  servaient  d'un  sigle  pour 
désigner  : 

\  °  Un  nom,  un  prénom ,  comme  H.  pour  Henricus 


1  Dans  les  inscriptions,  on  distingue  deux  sortes  de  sigles  : 
les  simples  et  les  composés,  lesquels  se  subdivisent  en  plu- 
sieurs espèces.  Ces  distinctions  sont  inutiles  pour  nous  ;  car, 
hors  les  sigles  simples,  nous  ne  voyons  plus  dans  les  autres 
genres  d'abréviations  que  des  mots  plus  ou  moins  tronqués,  qui 
s'expliquent  ordinairement  soit  par  les  signes,  soit  par  les  petites 
lettres  supérieures,  soit  par  les  lettres  abréviatives  qui  les  ac- 
compagnent. 


DEUXIÈME  PARTIE  39 


Hugo;  W.  pr  Willelmus,  Wido ;  A.  pr  Ambrosius, 
Augustin,  Amalricus  ;  I.  pr  Johannes,  Jacobus  ;  G. 
pr  Galterus,  Gaufridus,  Gislebertas ;  0.pr  Osbernus, 
Odo,  Otfw  ;  R.  pr  Radulfus,  Ricardus,  Rogerius;  U. 
pr  Unfridus;  Y.  pr  Yvo,  etc. 

2°  Un  titre,  une  qualification,  comme  C.  pT  Co- 
rnes; R.  pr  Rex;  D.  pr  Bux,  Deus,  Dominicus;  E. 
pr  Episcopus  ;  P.  pp  Pater,  Pontifex,  Papa  ;  F.  pr 
l'rater,  Filius;  M.  pr  Mater;  B.  pr  Beatas ;  S.  pr 
Sanctus;  R.  pr  Reverendus;  V.  pr  Venerabilis, 
Venerandus,  etc.,  etc. 

3°  Enfin  tout  mot  d'un  usage  fréquent,  ainsi  que 
plusieurs  particules. 

Exemple  :  i  pr  id  est  ;  s  pr  scilicet;  d  pr  de  ;  c  pr 
cwn  ;  p  pr  per,  pro,  par,  pre  ou  prœ  ;  g  pr  qui, 
qu%,  etc.,  etc. 

Pour  exprimer  cette  dernière  sorte  de  mots,  le 
sigle  se  montre  rarement  sans  être  accompagné  d'un 
signe  ou  d'une  petite  lettre  abréviative  qui  sert  à 
l'expliquer. 

Plusieurs  sigles  de  suite  annoncent  assez  ordinai- 
rement des  formules,  des  invocations,  des  expres- 
sions consacrées,  etc.;  telles  sont  les  suivantes  : 

A.  D.  M.  Anno  Domini  Millesimo. 

A.  M.  Ave  Maria. 


40 

PALÉOGRAPHIE 

B.  M. 

Beata  Maria,  Mater. 

B.  P. 

Bealas  Paulusy  Petrus. 

B.  V. 

Bene  Y  aie. 

C.  TT. 

Cardinalis  TiTuli. 

D.  A. 

Dux  Aquitaniœ. 

D.  B. 

Dux  Britannix. 

D.  G. 

Bel  Gratiâ. 

D.  N. 

Dux  Normannix 

D.  N.  PP. 

Dominus  Noster  PaPa. 

E.  R. 

Ecclesix  Romanx. 

F.  F.  F. 

Fiat,  Fiat,  Fiat. 

H.  R. 

Henricus  Rex. 

I.  B. 

lohannes  Baptista. 

I.  C.  ou  I. 

X.  Iesus  Christus. 

I.  C. 

Iuris  Consultus. 

I.  D.  N. 

In  Dei  Nomine. 

N.  E.  R. 

Notaimis  Ecclesiœ  Romanx. 

0.  S.  B. 

Ordinis  Sancli  Benedicti. 

P.  S.  R.  I. 

Princeps  Sacri  Romani  Imper  ii. 

R.  F. 

Rex  Francorwm. 

R.  P.  D. 

Rêver  en  dis  simo  Pairi  Domino. 

S.  B. 

Sanctus  Benedictus. 

S.  C.  M. 

Sacra  Cxsarea  Majeslas. 

S.  D. 

Salutem  Dicit. 

S.  G. 

Sanctus  Gregorius. 

S.  M.  M. 

Sancta  Maria  Mater. 

S.  M,  E. 

1 

Sancta  Mater  Ecclesia. 

AlpkabetrO . 


Ecriture  du. XII?  Siècle. Exercices. 


Abréviations . 


jTA.fe.CC.&.C 

e£.r  £.€  6.i>. 

J  J.fek.L.Q).H 

2rj.0.^.£Ui>  S 

A  ^A.bV.cc  .oïd.e'c-e.*tf  .û^.^.ni 
1 1  j  Cs ,  -D-c-J-  .u\>  v  . j?c  x  »    71?  »  tî 

A 

on        or         n  />         /(  U         tu.         tv  Za. 

v     j       ii     ii-     -m    un     iV-  s*.-  ^vi-  viv- 
.      Y       a  /  <       t       «       *      *        •'      ? 
S»  m-     -tx    V^uu   x    p^c.   ^^cpe-  ;XL    L. 

lot    Lxx    -Lxtw-tcvC- .vC-    C    -0?. 

*  7*  «  -^o         "so  ,00       ,y>00 


et    <4  .#t  .  ce 

il       a         et  et  et        fi      / 


h.  .m  .cp,  .<tv. 


xx  .  tu.  .  -vr  .  xx 


m 

trej 


An».  MUUfu 


ftusujtU       fax  wtgeitia- 


•"'y 


V^c&oW  ck  «ja**^  owfy  auuaU  p&i!^-  tau-  ?  ^oumu^aïai 
ealr-  rj  otulrc  uitralil  ^lîtaljj  ?  Wunt  <p  «go  &oV  *tàn  monad^i) * 
aroujee  opara  V  Hol  amceWxij  ruu)  ma)  Uuatw  Jopc  •  ?  JU>au-. 
«  parccorc.CEejV  K^ V  2\tapiulU-  balcc ute  taaio  uai^-minWa- 


dWW     albet 


* 


n 

Fi?      }~>.m\  éj     Ir^oc  IvoctrT  dmw  JA jucai-ruvrwc  dm  Uj  L 
y*Cl  *V  rXsa^iTarremr  Iranco^  Lv&ovico   jar  vâpe  dm  tmibu^n- 

\  Ymu)  aï?  tttc2m.iacume'13^v  anlUkuio  eaixeimio  uteerano  ^ 
pttuo^wituutnaW^(à>xu  do  &5<£  a?a,"&a£-  beca  coumulbi 
tta  ejeca,  cvixœ&g&L  ucuciea  tmoerar  îptr  c^  atrazxeiWelei  • 
c^  ^oc|>  laWr atiànc  Itur ck  orna  parencu  {uo^S •  cfc  ajo 
l^jiUc  Qtjpkvçc avujio^7,  t?oc  oouu  cotvcedo  i>  laWsr  aturn^ 
•nu^d**  vycomi  taœ  ec  omnm  aœeceUo^me©^.  cfe  Wio  U^iUo- 
^•,  ma?  cotmnrw 


Anv.     a//i 

AUCTO  auctoriiittc 

h!x>iS>  ■  Lcatertuii. 
DU?,  l-etmdutu/ 
PviruC  iiuhntlaituf 

c&xn. .  Cajiuraruj/ 
Qauaf  Caiwjiuuf 

OJpj>    ca/ùiulo 
CSklIl.  caiiulauef 


C.  cajuf  c  cuiu-. 
o .  d&.  aaœruf. 

)>a.f    dUàf 


CLCUCLJ 


pg^,    o«âUn*«,vf 


j\c.lbn-rufam«{ 


25   '    *> 

epo      E/>ifii>ju> 

y       ^ 
tri     -1 


funu .     fzUurunu 
fnb .      fiairibuf 
£.  aga     %   ergt>- 
(xta..       gUria- 
<ntx        gênera-. 
*ty.        Jux£~  foc. 
l>oxe$  liomuief. 
peâC      Judcab 
p  ttu>t .  /uyu/~HLt>oL 
fyc.  /tuirc 


,i,e 


tnfijeciarif 

Ja  Ju/hctani 

Jun       y««^ 

tutu)    kariffuiitf 

k.    v*i 


^  ,^hO. 


.,(,,. 


■ni", 

7^ 


mi&/ 


oxi. .  omxA    om/ua 
oivun    ouiu  oiiuuia, 
onu.auxna  mutait. 

ypm  fUrpeliLujic- 
YfoxaA j>r*f>t/ïùj~ 
■Vtyuma:.  fertatatf 
WM>    prœuno. 

(m  yunju/û- 

aaiS  tfiuJcm*. 
$L  lUx.  rejuu-e. 
•rti-         .regalx 

jkftn     faUac 

Êr    /w 

je  fa.u 


u.r«y  ubaqu*- 

JffO.    Ou-t/h 
jty.  CUr.JluJ 


■nxeoxD   .nani 


DEUXIÈME  PARTIE                             41 

S.  P. 

Sacri  Palatii. 

S.  R.  E. 

Sancta  Romana  Ecclesia. 

s.  V. 

Sanctitas  Veslra,  Sancta  Virgo. 

S.  Xu  ou  S. 

C.  Servus  Christi. 

T.  V. 

Titulo  Quinto. 

V.  HL  P. 

Vestr a  Rêver endissima  Pater nitas. 

V.S. 

Vestrae  Sanctitatis. 

Il  est  une  autre  sorte  de  sigle  qui  se  rencontre 

plus  dans  les  manuscrits  que  dans  les  chartes.  Ce 

sont  des  initiales  doubles,  qu'on  appelle  sigles  répé- 

tés. Leur  emp 

oi  est  de  faire  connaître  que  les  mots 

ainsi  abrégés 

sont  au  pluriel.  En  voici  quelques 

exemples  : 

ANN. 

Annos. 

BB. 

Beati,  Benedicli. 

ce. 

Carissimi,  Claris  simi,  Capituli. 

DD. 

Domini. 

DNN. 

Domini. 

FF. 

Fratres,  Filli. 

KK. 

Karissimi. 

LL. 

Libri. 

MM. 

Magistri,  Martyres,  Ministri. 

NN. 

Nostri. 

NNR. 

No  s  tr  or  uni. 

NOBB. 

Noliles. 

00. 

Omnes. 

42  PALEOGRAPHIE 


PP.  Patres,  Papm, 

SS.  Sancti. 

TT.  Tituli. 

Cependant,  comme  il  y  a  plusieurs  exceptions  à 
celte  règle,  on  évitera  de  confondre  les  abréviations 
précédentes  avec  celles  qui  suivent  : 

A  A.  Anima. 

CC.  Circùm. 

DD.  David. 

EE.  Esse. 

FF.  Pandectœ. 

GG.  Gregorius. 

MM.  Mo?iumentum,  Matrimonium. 

00.  Omnino. 

PP.  Papa,  Perpétua. 

RR.  Rex  et  Regina. 

SS.  Subscripsi,  Sacrosancta. 

TT.  Testamentum,  Titulus. 

TTM.  Testamenlum. 

XX.  Fi0era*É. 

Si  les  abréviations  par  sigles  causent  de  grandes 
difficultés  dans  la  lecture  des  inscriptions  romaines 
qui  en  sont  remplies,  il  n'en  est  pas  tout  à  fait  de 
même  à  l'égard  des  chartes  et  des  manuscrits,  où 


DEUXIÈME    PARTIE  43 

les  scribes  et  les  copistes  employaient  les  sigles 
concurremment  avec  des  signes  et  de  petites  lettres 
supérieures  pouren  faciliter  l'interprétation,  comme 
on  l'expliquera  plus  loin.  (Voir,  planche  V,  aux 
mots  abrégés  :  a0,  anno  ;  gi,  igitur;  i,  in,  idest; 
m,  mihi;  M0,  millesimo;  o,  non;  p,  prœ,  pro,  per\ 
q,  que,  quœ;  q1  qui,  etc.,  etc.) 


Il 

ABRÉVIATIONS  PAR   CONTRACTION 

Tous  les  mots  dont  on  a  retranché  quelques 
lettres  médiales,  en  réservant  la  première  et  la  der- 
nière lettre,  forment  des  abréviations  par  contrac- 
tion, parce  que,  dans  ce  mode  d'abréger,  les  mots 
semblent  resserrés,  contractés  entre  l'initiale  et  la 
finale. 

Exemple  :  Flo  pr  falso;  apli  pr  apostoli  ;  seis 
pr  sanctis;  magro  pr  magistro;  orones  pr  oratio- 
?ies,  etc.,  etc. 

Dans  cette  sorte  d'abréviation  on  a  conservé  pres- 
que toujours  une  ou  deux  lettres  médiates  carac- 
téristiques du  mot,  qui  servent  à  le  faire  reconnaître. 


41  PALEOGRAPHIE 


Par  cette  raison,  on  ne  peut  confondre  fio  (falso) 
avec  fco  (facto),  lois  (lectis)  avec  Iris  (litteris),  caplo 
(capitulo)  avec  capllo  (capellano),  etc.,  etc. 

Il  y  a  aussi  de  ces  abréviations  qui  n'ont  seule- 
ment que  l'initiale  et  la  finale. 

Exemple  :  ms  pr  minus,  hc  pr  hoc,  tn  pr  tamcn, 
os  pr  omnes,  na  pr  natura,  dr  pTdicitur,  qd  pr  quod, 
apd  pr  apud,  mo  pr  modo,  nr  pr  noster,  ne  pr  nunc, 
It  pr  licet,  sb  pr  sub,  cm  pr  enim,  mo  pr  meo,  om 
pr  omnium,  st  pr  sunt,  te  pr  tune,  etc.,  etc.  Les 
mots  d'une  ou  de  deux  syllabes  offrent  plus  spécia- 
lement des  contractions  de  ce  genre. 

On  trouve  encore  des  mots  qui  ne  sont  contractes 
que  dans  la  dernière  ou  les  deux  dernières  syllabes. 

Exemple  :  Super  pr  supersunt,  inst  pr  insunt, 
tuert  pr  fuerunt,  dixert  pr  dixerunt,  air  pr  aliter, 
pluralr  pr  pluraliter,  interdm  pr  interdum,  actm 
pr  actum,  etc.,  etc. 

Suivant  les  accidents  qui  résultent  de  la  déclina- 
bilité  ou  de  la  conjugabilité  des  mots,  la  variation 
des  terminaisons  se  fait  sentir  immédiatement  après 
la  lettre  caractéristique,  et,  à  leur  défaut,  après 
l'initiale,  ce  qui  permet  de  reconnaître  le  même 
mot  abrégé,  malgré  la  différence  de  sa  terminaison. 


DEUXIEME   PARTIE 


45 


Exemples  de  déclinaison  et  de  conjugaison  : 


Subs 

SINGULIER 

tantif 

PLURIEL 

N.     fr,         frater. 

fr-es, 

fratres. 

G.     fr-is,     fratris. 

fr-um , 

fratrum. 

D.     fr-i,     fratri. 

fr-ibus, 

fratrïbus. 

A.      fr-em,  fratrem. 

fr-es, 

fratres. 

V.     fr,        frater. 

fr-es, 

fratres. 

Abl.fr-e,      fratre. 

fr-ibus, 

fratribus. 

Adjectif 


scus 

sca 

scum. 

sanctus 

sancta 

sanctum. 

sci 

sce 

sci. 

sancti 

sanctœ 

sancti. 

SCO 

sce 

sco. 

sancto 

sanctœ 

sancto. 

scum 

scam 

scum. 

sanctum 

sanctam 

sanctum. 

sce 

sca 

scum. 

sanctœ 

sancta 

sanctum. 

SCO 

sca 

sco. 

sancto 

sancta 

sancto. 

46 


PALEOGRAPHIE 


Verbe 


heo, 

habeo. 

heam, 

habeam. 

hebam/ 

habebam. 

herem, 

haberem. 

hui, 

habui. 

huerim, 

habuerim. 

hueram, 

habueram. 

huissem, 

habuissem. 

hebo, 

habebo. 

hitum, 

habitum. 

huero. 

habuero. 

hiturus, 

habiturus. 

Il  en  est  de  même  pour  tous  les  substantifs,  ad- 
jectifs, verbes  et  participes  contractés,  dont  toutes 
les  désinences  ont  été  observées  avec  beaucoup  de 
régularité.  Cela  n'empêche  pas  cependant  ces  abré- 
viations d'offrir  quelques  obstacles.  Le  tableau  sui- 
vant présentera  leurs  formes  les  plus  communes  et 
aidera  à  interpréter  les  autres  par  approximation  : 

abbis,  abbatis,  abbem,  abbe,  abbibus. 

apis,  apostolus,  apli,  aplos,  aplis. 

aplica,  apostolica,  aplice,  aplicis. 

arbr,  arbiter,  arbri,  arbro,  arbris. 

arepc,  archicpiscopus,  areps,  arepus. 

assilatur,  assimilatar,  assilant. 

bs3  beatus,  be,  borum,  bos,  bis. 

canes.  canonkus,  cancus,  cancos, 

caplm,  capitulum,  capli,  caplo. 

caplls,  capellanus,  capllo,  cappllis. 

chlr,  chevalier,  chr,  chrs. 


DEUXIÈME    PARTIE                                47 

cla, 

clausula,  clam,  clas,  clis. 

clicus, 

clericuSj  clici,  clicos,  clicis. 

cois, 

communis,  coem,  coe,  coes. 

des, 

dictus,  dee,  dco,  dcos,  deis. 

dio, 

divisio,  diois,  dioem,  dioe,  dioes. 

dns, 

dominus,  dni,  dnm,  dno,  dnis. 

dnicus, 

dominions,  dnica,  dnice. 

ds, 

deus,  di,  dm,  do. 

ee, 

esse,  ert,  erunt,  eemus,  essemus. 

ecclia, 

ecclesia,  eceliam,  eccliis. 

elta, 

elementa,  eltos,  eltis. 

epe, 

episcopus,  eps,  epi,  epo,  épis. 

epla, 

epistola,  eplam,  eplas,  eplis. 

exco, 

excommunicatio,  excois,  excoem. 

fes, 

factus,  fea,  feo,  fei,  feos,  feis. 

fis, 

falsus,  flm,  flo,  flis,  fla. 

fr, 

f rater,  fris,  frem,  fre,  fribus. 

frna, 

fraterna,  frno,  frais. 

gla, 

gloria,  glia,  glie,  gliam. 

glosa, 

gloriosa,  glose,  glosi,  glosos. 

gra, 

gratta,  gre,  gram,  gras,  grarum. 

heat, 

habeat,  hat,  hebant  bendm. 

hita, 

habita,  hitum,  hituri. 

ho, 

homo,  hois,  hoem7ihoes,  hoibus. 

Ihs, 

Ihesus,  Ihm,  Ihu. 

Ihem, 

Iherusalem,  Ihlm. 

impr, 

imper  ator,  impris,  impre. 

48 

-PALÉOGRAPHIE 

instio, 

institutio,  instionis  ou  instinis. 

instrm, 

instrumentum,  instro,  instris. 

lobs, 

Iohanncs,  lohes,  lobis,  lohe. 

ipe, 

ipse,  ipa,  ipum,  ipius,  ipos. 

kls, 

kalendas,  klas,  klarum. 

kms, 

karissimus,  kmi,  kmo,  kmis. 

lca, 

lecta,  lco,  lcos,  lcis. 

Ira, 

littera,  Ire,  Iras,  Iris. 

llima, 

légitima,  Rime,  ltimis. 

ma, 

mea,  mi,  mo,  mis. 

mia, 

mlsericordia,  mie,  miam. 

mo, 

modo,  7neo. 

mm, 

matrimonium,  meum. 

mr, 

mater,  mris,  mre,  mres. 

rar, 

martyr,  magister,  mater. 

mrm, 

monstrum,  mra,  mris. 

mro, 

monstro,  mravit,  mrare,  mrari. 

na, 

naturel,  ne,  nam. 

neglia, 

negligentia,  neglie,  negliam. 

negm, 

negotium,  nego,  nega. 

nr, 

noster,  nri,  nro,  nra,  nris. 

offm, 

officium,  offii,  offa,  offis. 

ois, 

omnis,  oem,  oi,os,  ou  oes,  oia,  oibus. 

oro, 

oratio,  oroem,  oroe,  oroes. 

pbr, 

presbyter,  pbro,  pbri,pbros,  pbris. 

pns, 

prœsens,  pnti,  pntes,  pntibus 

posso, 

possessio,  possois,  possoes. 

DEUXIÈME   PARTIE  49 

pr,  pater,  pris,  prem,  pre,  près, 

probo,  probatio,  proboem,  proboes. 

rois,  rationis,  roe,  roem,  roes. 

scia,  scientia,  scie,  sciam,  scias, 

ses,  sanctus,  sci,  sca,  sco,  scis. 

spes,  species,  spei,  spem,  spebus. 

spc,  spiritus,  sps,  spus,  spm,  spu. 

testium,  testimonium,  testio. 

Xpc1,  Cfiristus,  Xps,  Xpi,  Xpm,  Xpo. 

La  plupart  de  ces  contractions  se  retrouvent  dans 
les  mots  composés  et  dérivés. 

Exemple  :  dr  (dicitur)  se  remarquera  dans  con- 
tradr  (contradicitur)  epi  (episcopi)  dans  epatus 
(episcopatus)  en  retranchant  i  et  ajoutant  atus;  dcos 
(dictos)  dans  supradcos  (surpradictos)  ;  fois  (factis) 
dans  confcis  (confectis);  a  se  changeant  en  e  dans 
les  composés  ;pri(patri)  dans  pria,  priarcha(patria, 
patriarcha);  sci(sancti)  dans  scionem  (sanctionem), 
et  une  foule  d'autres  semblables. 

Toutes  ces  abréviations  par  contraction  sont  ordi- 
nairement tranchées  ou  surmontées  d'un  trait  hori- 
zontal, comme  nous  en  donnons  quelques  exemples 


Cette    manière    d'abréger    le    mot   Christus   vient    de   ce 
que  les  copistes    ont   reproduit  l'abréviation  grecque    du  mot 
I2TOS  ou  YPTSTOP 


XPI2T02  ou  XPI2TOG. 


50  PALEOGRAPHIE 

en  traitant  des  signes  abréviatifs.  Voyez  cependant 
les  mots  :  abbe,  aiarum,  aie,  apd,  archiepo,  6e, 
deffcu,  di,  do,  dni,  ecclie,  etc.,  etc.,  de  la  pi.  V, 
xme  siècle. 


III 

ABRÉVIATIONS   PAR  SUSPENSION 

Les  scribes  et  les  copistes  ont  encore  abrégé 
beaucoup  de  mots  en  les  laissant  inachevés; 
tels  sont  les  suivants  :  Rothoriï  pour  Rothoma- 
gensis;  testirti  pr  testimoninm  ;  derï  pr  denarios  ; 
offw'  pr  officialis;  aut3  pr  autem;  beri  pr  bene- 
dictum,  benedictionem ;  soV  pr  solidos;  Ebroic' 
pr  Ebroicensis  ;  ocV  pr  octobris  ;  dioc'  pr  diocesis  ; 
Eenf  pr  Henricus  ;  inc'  pr  incipit  ;  archid'  pr  ar- 
chidiaconus;  tesf  pr  testibus  ;  veri  pr  venerabilis ; 
diV  \Pdilectis  ;  cuf  pr  curjœ  ;  sexag'  pr  sexaginta; 
Tuf  pr  Turonenses  ;  And'  pr  Andegavenses;  canon' 
pr  canonicos  ;  relig'\}T  religiosis;  sciât'  pr  sciatis  ; 
lïbr*  pr  libras;  conf  pr  contestata;  daf  pr  datum, 
et  mille  autres  de  cette  nature. 

Ces  abréviations,  quelque  resserrées  qu'elles 
soient,  offrent  en  général  moins  de  difficultés  que 
les  mots  abrégés  par  contraction.  Leur  terminaison 


DEUXIÈME   PARTIE  51 

se  fait  toujours  connaître  par  l'accord  logique  et 
grammatical,  et  quelquefois  même  par  un  signe 
abréviatif  ou  par  une  petite  lettre  supérieure  repré- 
sentant la  syllabe  finale,  ainsi  que  nous  l'explique- 
rons en  parlant  de  ces  deux  modes  d'abréviation. 

Les  mots  simplement  abrégés  par  suspension  * 
sont  ordinairement  accompagnés  d'un  signe;  tantôt 
c'est  une  barre  horizontale  qui  tranche  les  hastes 
supérieures  des  lettres,  ou  qui  surmonte  celles-ci, 
à  défaut  de  hastes,  avec  un  point  au  pied  de  la 
dernière  lettre;  tantôt  c'est  un  petit  trait,  figurant 
une  sorte  de  virgule  ou  petit  crochet,  placé  au- 
dessus  de  la  dernière  lettre. 


IV 

ABRÉVIATIONS    PAR   SIGNES   ABRÉVIAT1FS 

Le  mode  d'abréger  le  plus  généralement  suivi 
dans  les  écritures  du  xi°  au  xve  siècle  inclusive- 
ment fut  de  supprimer  dans  les  mots  des  syllabes 
ou  des  lettres,  et  de  les  remplacer  par  des  signes 
abréviatifs  de  convention. 


1  C'est-à-dire  qui  ne  sont  pas  soumis  à  l'action  de  plusieurs 
modes  abréviateurs  à  la  fois. 


52  PALEOGRAPHIE 


La  connaissance  de  ces  signes,  des  formes  diver- 
ses qu'ils  affectent,  des  différentes  fonctions  qu'ils 
remplissent,  est  indispensable  pour  expliquer  le 
grand  nombre  d'abréviations  qu'ils  constituent, 
puisqu'ils  en  donnent  ordinairement  la  clef. 

Les  scribes  et  les  copistes  employaient  commu- 
nément huit  sortes  de  signes  abréviatifs,  qu'il  faut, 
pour  plus  de  clarté,  distinguer  par  le  son  des  syl- 
labes ou  des  lettres  dont  ils  tiennent  lieu  et  par 
leur  fonction  la  plus  usitée,  sans  avoir  égard  aux 
diverses  formes  de  chacun  de  ces  signes,  lesquelles 
formes  ne  sont  que  des  modifications  que  la  suite 
des  temps  et  la  différence  des  mains  leur  ont  fait 
subir. 

Ainsi  les  différentes  figures  l  du  signe 

N°  \ .  représentant  M  ou  N. 

No  2 ER,  RE,  I«. 

N°  3 US,  OS. 

N»  4 UR,  TUR. 

N°  5 S. 

N°  6 GUM,  COM,  CUN,  CON. 

N°7 QUE,  ET,  US,  M. 

N°  8 RUM. 


1  Ne  pas  cesser  d'avoir  sous  les  yeux  le  tableau  raisonné  des 
signes  abréviatifs  (pi.  YNI)  pendant  le  cours  de  leur  explication. 


DEUXIÈME   PARTIE  53 

Ces  signes  sont  indépendants  des  mots,  c'est-à- 
dire  qu'ils  se  placent  indifféremment  sur  tous  ceux 
qui  contiennent  des  lettres  ou  des  syllabes  qu'ils 
peuvent  remplacer  :  c'est  d'autant  plus  à  remar- 
quer qu'il  y  a  certains  mots,  certaines  lettres  qui 
retiennent  constamment  le  signe  que  l'usage  leur  a 
assigné. 

Parmi  ces  signes  abréviatifs,  les  cinq  premiers 
surmontent  les  mots,  les  trois  autres  se  mettent  au 
rang  des  lettres.  Nous  allons  entrer  dans  quelques 
détails  sur  la  forme,  la  valeur  et  l'emploi  de  chacun 
d'eux,  ayant  soin  de  faire  remarquer  les  exceptions 
aux  règles  générales  que  nous  aurons  indiquées. 

§  I.  Le  trait  horizontal  ou  bouclé  est  la  forme  la 
plus  ordinaire  qu'affecte  le  signe  n°  1  ;  placé  au- 
dessus  d'un  mot,  et  plus  particulièrement  sur  la 
lettre  qui  précède  l'omission,  il  indique  la  suppres- 
sion de  M  ou  N.  Voyez  les  abréviations  de  meumy 
fidelium,  communa,  quem,  continent,  inter,  contra, 
mense. 

!1  arrive  souvent  que  ce  signe  remplit  deux  fonc- 
tions différentes  dans  le  même  mot.  Voyez  les  abré- 
viations de  annuatim,  annum. 

Il  surmonte  aussi  les  mots  abrégés  par  contrac- 
tion et  ceux  par  suspension.  Voyez  les  abréviations 


54  PALEOGRAPHIE 


de  dominica,  sancta,  domino,  episcopi,  apostolice, 
actum,  datum,  testimonium,  Rothomagensis,  offi- 
cialis,  solidos. 

§  II.  Le  signe  n°  2,  dont  la  forme  est  habituelle- 
ment celle  d'un  7  ou  petit  crochet,  se  met,  comme  le 
précédent,  au-dessus  de  la  lettre  qui  précède  l'omis- 
sion. Dans  les  écritures  cursives,  s'il  est  employé  à 
la  fin  d'une  abréviation,  il  se  lie  à  la  dernière  lettre 
sur  laquelle  il  se  rabat  par  un  trait  demi-circulaire. 
Il  tient  lieu  fréquemment  delà  syllabe  ER.  Voyez  les 
abréviations  de  poterant,  libère,  noîuerit,  inter  \ 

Quelques  écrivains,  au  lieu  d'employer  ce  signe 
avec  certaines  lettres  à  haste  supérieure,  préféraient 
trancher  ces  mêmes  lettres  par  un  trait  horizontal 
pour  exprimer  également  la  syllable  ER.  Voyez  les 
abréviations  de  heredes,  implere  *. 

Souvent  on  le  trouve  employé  en  sens  inverse; 
c'est  pour  cette  raison  que,  sans  rien  perdre  de  sa 
forme,  il  signifie  RE  ou  RÉ,  suivant  le  besoin  du 
mot.  Voyez  les  abréviations  de  creata,  mereatur, 
cantare,  très  *.  Il  peut  représenter  dans  un  même 
mot  ER  et  RE.  Voyez  les  abréviations  de  prêter, 
liberaret  *. 

Quand  le  signe  n°  2  est  fixé  à  un  b  ou  à  une  /, 
il  montre,  dans  certains  cas,  que  ces  lettres  sont 


DEUXIEME   PARTIE  55 

mises  pour  ub,  el.  Voyez  les  abréviations  de  sub 
multis,  singulis,  vel,  libellis  *.  Il  sert  aussi  à  mar- 
quer les  abréviations  par  contraction  et  celles  par 
suspension ,  quoique  nous  n'ayons  pas  donné 
d'exemple  de  ces  dernières.  Voyez  pour  les  autres 
les  abréviations  de  apostoli,  littera,  factis. 

Les  copistes  ont  encore  fait  usage  de  ce  signe 
pour  remplacer  la  syllabe  IR.  Voyez  les  abrévia- 
tions de  confirmo,  virgo,  virum,  abire,  virtus  \ 

§  III.  Le  signe  n°  3,  assez  semblable  à  un  9, 
employé  pour  la  syllabe  US,  se  pose,  comme  les 
précédents,  au-dessus  de  l'omission ,  au  milieu 
comme  à  la  fin  d'un  mot.  Voyez  les  abréviations  de 
minus,  amicus,  ejus,  justum,  volumus,  augustus  *. 

On  trouve  encore  ce  signe  mis  pour  OS.  Voyez 
les  abréviations  de  post,  vos,possit,  nostris  \ 

Dans  un  même  mot  il  représente  à  la  fois  US  et 
OS.  Voyez  les  abréviat.  de  posterius,  possidemas  *. 

Quelques  copistes  des  xive  et  xve  siècles  ont 
abaissé  ce  signe  au  rang  des  lettres,  contre  l'usage 
général.  Voyez  les  abréviations  de  dedimus,  custo- 
dit,  intw,  quibus,  fuerimus,  decanûtus  *. 

Les  impressions  gothiques  nous  le  montrent  sous 
la  forme  d'un  C  retourné,  également  rangé  avec  les 


5G  PALEOGRAPHIE 


lettres,   et   presque   toujours  à  la  suite  d'un   6. 
Voyez  les  abréviations  de  pluribusy  omnibus  \ 

§  IV.  Le  signe  n°  4  a  subi  beaucoup  de  modifi- 
cations dans  sa  forme.  Il  prend  tantôt  la  figure 
d'un  2,  tantôt  d'un  3  tracé  vivement,  tantôt  d'un  8 
ou  plutôt  d'un  petit  s  renversé  et  couché  horizon- 
talement; son  emploi  est  d'être  substitué  à  la 
syllabe  UR,  soit  au  milieu,  soit  à  la  fin  des  mots. 
Voyez  les  abréviations  de  cur,  igitur,  jure,  plu- 
rima,  dicitur,  visuris,  futuri,  exhortamur,  sumitur, 
scripturam,  fertur  *,  comburitur,  curabatur,  puri- 
flcatur. 

On  le  trouve  quelquefois  employé  pour  TUR. 
Voyez  les  abréviations  de  interpretaturf  scribitur, 
accusatur. 

§  V.  Le  signe  n°  5  n'est  absolument  qu'un  petit  s 
supérieur,  dont  la  fonction  est  d'indiquer  l'omission 
de  la  seule  lettre  qu'il  représente.  Il  se  met  au- 
dessus  de  l'espace  que  Ys  devrait  occuper.  Voyez 
les  abréviations  de  plures,  fidèles,  déposât,  vis, 
pisce,  nos,  Pascha  \ 

Son  emploi  est  aussi  d'indiquer  la  désinence  dans 
les  abréviations  par  contraction  ou  par  suspension. 
Voyez  les  abréviations  de  omnipotens,  omnes,  bea- 
tus,  alias,  abbas  \ 


Alphabets 


JVfc 


W 


ivJUto. 


£.<QJP  1 S  <5Z 

A  3.  L  l  C  (?c  c  c  .>  VbS>.  «r  «r  c  .  jj  ffjT 

câ    et-    n    cv    ar.^^Sca .en   f     œv 

W     '"     î     *-*    **   *    A^' 
ni  w    U.  .  un    m  .  ^r  jpr .  avi- .  -n  .££)>4rr 

'«     M         ./         r>«        ni         pv       p,.     Vyu-     II.     ra..    rt  rf . 

f>-|>(jV    ta  Ter.n.r^.w.S^Qcr.^. 

yV  /?       ft    .ta'  te      H       /,       ùp       ve.       ve.     HK   , 


Ecriture  dxiXIII!  Siècle,  Exarci< 


efctf» 


V 


%X    9-  ZÇtf  ê~6-  <V/V  :S.o./r. 
^  *  f.         6.  7.       g/,   . 

I     H»    n      «»     *"         rt„S.      iijj.        ^  .iia,. 

■»        t   v  »       9   *  tr      «  ,  «  cf 

]         VV|     .  Itll       V.\^.    V^tJ.Vv)     /\>V.J     \>MU-^i. 
pnmt.UriinJ  jwttiio,  fumb frx.ftfUm.  id.      oele     nonufideai 

if.    V.f.       £-kk       ytmo 

"Vit"  $      j>  vu  ^ .  «£    .  CC  .Ç£fô*.<#. 

><■-"  nqt.Uit.l..^   ,,,,  n  Jief  „idlrJ,r,u>  Jutortcfui,*/exaj<rfmui  qauiU. 


cccT  •}• 


«n*ew>u.9  nwuwnr  mn-cmet  lt>»t  c^P\uie  yave  -'<£*  t^Teô  uAjp  iatÊe  t-  ta  œuu'cV'ïte 

l^uv'Xftu  **  puv-  la.  f^uck-uuliive.  Vbo-ttHv}  vwdf  Wnf  a  .u&.puvf  -*  «,vvv-  eftavmir 
à  ma  fwic.  "*â  mon  ?uâf  fc  ^tude^  *Jjg*  ■*  2iVleflli-  mon  ewoxw-'VjUrXfei 
*-v»u*~  .Jxm  la/bvf  v-ck^  mont-  YJk  en  !'«.  Cncnfkj-  Tr  cw  U  ownjW  moi  -*  mef 

|W«*|~  JUln'ie^M,   opvt  ^-  v).  dfltwrnoixaiiW  *  eju^  •  ai  iu<nf  ~ÏK  icuttmti^ 

2 

(3oAtîcoûïj,j2^atccj^iuuin  ^^JU^LuJ  W&elcj  jitxcrrc  cxnxzd m- 

ut«ais»i -*  anxc^fx  ij?2^caa  orna  ant&nruxu m jnuu ^te>^uâ  eta.ivoJuu  Cc^ttr 
^(umatij'  t*r  -mottte  ts^tpoui  iiîogvc  totu  tmcvuxû  ut  ttuiJvuTJ'^  «Mî-ciif  Ugucif 
*  ^P^if  9vu^  9<wfciXm  ^>  tuauuu  callrum  hrJ&2mco2c  atror  amrviû  batrttui- 

j^Houutr-Vuiajl  ^fat^^rP-r  fu^  ^§~<%^  Cm^"  (VrX  >  ^ro  ^aiuiaVxoî. 
(Via  pJit  A^xifu  tïï^fl^dt*«riânitni^ru>^^iwtr^ûî^'ïe^\r}-^  œnœ(tiw9êK. 
^?  f^eSFo^Ai-^^grthccû  rç-  Oiwuig^  wOav  <\o  {èruicxttiuj  )\\  puraig  ^amaw 
€lc-.no{tnam  ttecaç  fbliOJiu-r^^-'bvxfi^  «f^oivs  «liuutj'  jv2feflr^|W*c»('  uvmva^ln) 
feomo  a^>iu*  àixî«Uvt«J  ___TûS^^ ^UÏP^c ôtmà  it*iZV  fmHjn pftnxip  t  lîaLUka^- 
"^feiiTC  Cai-Otiy  fijriUi^  i^Lâ  rvwidr-iMiJ  •  &-  At>  n-ulioîxnvj  antfiv-iivdrônciç  ^ec^- 
»«ca^'  hTp92W02.  ji»cicpïie\v»  i-vvrtï^  iSjeitn  Cdrtcr'fim^û^vTT^itwfvvtr-r'  ^tàfûT 
5»noSnj.C2  tTC •^L.dXLtiTD-  c^ciifc  ©clr^p-  . , .  ^_ 

cvjco  tonKrmoi,  ^aLw  Lw<rnm  j^  j^u.ri  mtsA«  «■  fi-cefe   0«*tc  §£<ÛL  $>i^.  L^v.,-^,^ 


eut.       aclunv 

<lp:piq>o  xtchitng- 
Axxxr       *uUm 

VÂ)VÎ)  bnro.uluf 
fi 


Alare-vzatioïa  So 

odlllir  iahr,„ai,/,J, 


,-l,y 


m.   ConulliuS 

<i»T .    diLcejiiefuru 

CXI  CHJTL. 

icjril  deffecUi. 
0\    det.      OÔ  dec 

c*Tu<r*    cecîe/us.        r> 
eâTfë.    caruiiufa 

jxT.       /V 

ÎÎC.  fra,u*ru„ 
frclre 


(èe.  Uitre. 

t54l*.  Lilercuun 
<pàp  Maru, 

utinf    «.«/// 

X\Ô.  110,1. 

HO  mur  novtrmt 

i^      no/ier 

iinvj     ne/hum. 

rnif.    lujh-tf 


o<r\   ouïe 


PWM  ialn-i,r 

jrtfc  /a&Uau 

Çc7  /*„**, 

jc5o  Jeauidc 

Idt  fcUutt 

^.  ficui 

U*p.  fujH*  . 

i-iitîT  (amen. 


yïp  yuzfyteii/ef 


'èbef.  l,e,edcf 
5e»u       /ia£eiuuf 


•l   «rfçî 


.Vu9 

jUfh^  Jujktiarùf 


3&L     pre/Cytcr. 
~poO-  prirdtA-. 

H    f«  •  *«« 

G.  ^</o  a  ni   /f  urnt  f  <ie 
en.  'ju*<\i  çuoejue 
&L.<juia  m*,  tjuat-e 
dv    atwei.. 
qna      cjucrumque 
itzVV.    rtc/Jitûf 


OOU>1    IradiA. 
G}  tanten. 

fi  *■'»/ 

C  dit-  6,- 

TU|'?  Curonrufef 

H*,     trt&uf 

ItenéUÏ'  Vr,ir,a/>iïi. 
uettiC     venaif 

\h.Cr  vtcecomttthuf. 
\>ù>o\3    vtdehect 

ut  '      ^»/ 

UXWAXX,: 


K?°  quint. 


;  - 1 


DEUXIÈME   PARTIE  57 

§  VI.  Le  signe  n°  6,  dont  la  forme  la  plus  habi- 
tuelle est  celle  d'un  c  retourné  ou  d'un  9,  se  met  au 
rang  des  lettres;  sa  place,  suivant  l'occasion,  est 
autant  au  milieu  qu'au  commencement  ou  à  la  fin 
d'un  mot.  Il  tient  lieu  des  syllabes  CUM,  COM,  CUN, 
CON.  Voyez  les  abréviations  de  quibuscum,  quo- 
cumque,  locum,  circumscripti*,  commune,  incommo- 
dum,  comprehendit*,  cunctis,  noscuntur*,  dicuntur*, 
contra,  concessit,  inconcussa,  conlinet,  incontinen- 
ter  *. 

Quoique  ia  forme  de  ce  signe  approche  de  celle 
du  n°  3,  on  ne  les  confondra  jamais  ensemble  si 
on  remarque  bien  que  l'un  s'emploie  au-dessus  des 
mots,  et  que  l'autre  se  met  régulièrement  au  rang 
des  lettres. 

§  VII.  Le  signe  n°  7  :  sa  première  figure  fut  celle 
d'un  point;  la  deuxième,  de  deux  points;  la  troi- 
sième, enfin,  du  point  et  virgule,  qui,  se  joignant 
dans  la  suite,  formèrent  une  sorte  de  3.  Telles  sont 
les  formes  sous  lesquelles  on  peut  le  rencontrer, 
suivant  les  siècles  où  chacune  d'elles  a  été  employée. 

Il  est  souvent  joint  à  la  lettre  q  ayec  laquelle  il 
représente  QUE.  Voyez  les  abréviat.  de  que,  clique, 
usque*.  Il  s'emploie  aussi  seul  pour  signifier  le  mot 
QUE.  Voyez  les  abréviat.  de  atque,  neque,  quoquc  *. 

Comme  le  QUE  des  Latins  équivaut  à  ET,  les 


58  PALÉOGRAPHIE 


scribes  n'ont  pas  négligé  de  se  servir  du  même 
signe  dans  la  terminaison  des  mots  en  et.  Voyez  les 
abréviat.  de  habet,  placet,  set  pour  sed,  prœbel*. 

Attaché  à  un  b,  il  remplace  la  terminaison  us  de 
beaucoup  de  mots  latins.  Voyez  les  abréviations  de 
quibus,  quibusdam,  omnibus,  precibus. 

Aux  xvc  et  xvie  siècles,  il  se  montre  usité  pour  m. 
Dans  ce  cas,  il  est  toujours  mis  à  la  fin  des  mots. 
Voyez  les  abréviations  de  redditum,  tam,  bo?ium, 
item,  eadem  *.  Il  a  été  aussi  employé  par  quelques 
copistes  pour  EST.  Voyez  les  abréviations  de  pro- 
dest,  preest,  interest  \ 

Il  est  un  petit  signe  que,  par  ressemblance,  il  ne 
faut  pas  confondre  avec  celui  qui  tient  lieu  de  la 
finale  et  ;  il  sert  à  marquer  la  terminaison  is  et  se 
lie  à  plusieurs  lettres,  et  notamment  aux  c,  g,  r,  t, 
avec  lesquels  il  produit  les  désinences  cis,  gis,  ris, 
tis  *. 

§  VIII.  Le  signe  n°  8  n'est  au  fond  qu'un  r,  quel- 
quefois capital,  quelquefois  minuscule  romain,  et 
plus  souvent  un  r  gothique  en  forme  de  2,  tranché 
ordinairement  par  une  sorte  de  7.  Il  s'emploie  aussi 
bien  dans  l'intérieur  qu'à  la  fin  des  mots,  dont  il 
représente  la  syllabe  RUM.  Voyez  les  abréviations  de 
filiorum,  servorum,  suorum,  animarum,  bonorum, 
eorumdem,  corrumpitur  *. 


DEUXIEME    PARTIE  59 

Outre  cette  explication  des  signes  abréviatifs,  nous 
ferons  observer  : 

I  °  Que  deux  de  ces  signes  peuvent  s'employer 
isolément  :  le  signe  6  pour  figurer  l'adverbe  et  la 
préposition  cum,  et  le  signe  7,  sous  la  forme  d'un 
petit  crochet,  pour  la  conjonction  et] 

2°  Que  plusieurs  signes  abréviatifs,  quels  qu'ils 
soient,  peuvent  à  la  fois  entrer  dan$  la  construction 
d'une  abréviation; 

3°  Qu'ils  sont  tous  susceptibles  d'être  usités 
avec  une  initiale,  ou  à  la  fin  d'une  abréviation  par 
suspension,  pour  marquer  la  terminaison; 

4°  Enfin,  que  quelques-uns  de  ces  signes  ont  été 
détournés  quelquefois  de  leur  application  ordinaire 
pour  être  employés,  avec  d'autres  signes  particu- 
liers, à  donner  à  certaines  lettres  une  signification 
spéciale.  Voyez  les  lettres  abréviatives,  §  VI  et 
pi.  Vill- 
on trouvera  dans  les  planches  d'écritures  de 
chaque  siècle  la  signification  de  quelques  autres 
signes  abréviatifs  qui  s'emploient  ordinairement 
seuls,  et  que  nous  n'avons  pas  cru  devoir  com- 
prendre dans  ce  paragraphe. 


60  PALEOGRAPHIE 


ABRÉVIATIONS   PAR   LETTRES  SUPERIEURES 

Indépendamment  des  signes  abréviatifs,  les  co- 
pistes ont  employé  de  petites  lettres  supérieures 
dans  les  abréviations  pour  marquer  l'absence  de 
telle  ou  telle  syllabe,  comme  aussi  pour  indiquer 
la  terminaison.  Nous  allons  Taire  connaître  les  règles 
ordinairement  suivies  dans  ce  mode  d'abréger. 

Les  voyelles  a,  e,  i>  o,  u,  employées  comme 
petites  supérieures,  se  traduisent  par  m,  re,  ri,  ro, 
ru;  elles  accompagnent  spécialement  les  consonnes 
6,  c,  d,  f,  g9  h,  p,  £,  v,  et  rarement  les  voyelles. 
Voyez  les  abréviations  de  : 

Acras,  gravem,  infra,  tradidit,  pratis,  où  a  qui 
les  surmonte  équivaut  à  ra; 

Très,  creavit,  intégré,  impressione,  où  e  supé- 
rieur équivaut  à  re; 

Sacrista,  ^riore,  triginta,  fibres,  tria,  où  i  supé- 
rieur équivaut  à  ri; 

Sacro,  introducti,  libro,  Petro,  agros,  où  o  supé- 
rieur équivaut  à  ro  ; 


DEUXIÈME   PARTIE  61 

Crucis,  congrua,  brutis,  prudentes,  fructus,  où  u 
supérieur  équivaut  à  ru. 

Ces  mêmes  voyelles  ont  été  usitées  en  sens  in- 
verse, c'est-à-dire  pour  ar,  er,  irs  or,  ur  ;  elles  se 
placent  indifféremment  sur  toute  consonne.  Voyez 
les  abréviat.  de  carnifice,  incarnati,  martio,  carta, 
où  a  supérieur  est  mis  pour  ar;  ainsi  des  autres. 

On  trouvera  des  abréviations  où  la  même  voyelle 
remplit  deux  fonctions  différentes,  comme  dans 

i  i 

ccumscpti,  ciroumscripti. 

Les  copistes  se  servaient  aussi  de  petites  con- 
sonnes supérieures;  ils  mettaient  : 

i°  c  pour  ec,  accompagnant  toute  consonne, 
comme  dans  les  abréviations  de  donec,  peccare, 
hec,  rectoris,  adjecta  (pi.  VII,  case  2); 

2°  m  pour  um  à  la  fin  des  mots,  comme  dans  les 
abréviations  de  interdum,  monumenium ,  nostrum. 

3°  r  pour  er  et  pour  ur  à  la  fin  des  mots.  Voyez 
les  abréviations  de  mater,  féliciter,  frater,  super; 
—  dicitur,  creatur,  refertur,  traditur; 

4°  t  pour  it,  accompagnant  toute  consonne  l. 
Voyez  les  abréviations  de  procedit,  intromittit, 
fuit,  fecit. 


1  On  trouve  le  signe  abréviatif  n»  6  combiné  avec  les  petites 
supérieures  terminatives.  Ex.  9i  pr  communi,  9a  pr  contra. 


62  PALEOGRAPHIE 


Il  est  encore  de  petites  lettres  supérieures  termi- 
natives,  c'est-à-dire  dont  la  fonction  est  de  faire 
connaître  la  terminaison.  Elles  accompagnent  les 
abréviations  par  suspension  et  les  lettres  isolées  ou 
sigles.  C'est  pour  faciliter  l'intelligence  de  ces  der- 
niers surtout  que  nous  avons  donné  un  tableau  des 
sigles  (pi.  VTII,  case  3)  accompagnés  d'une  petite 
supérieure  teraiinative,  avec  leur  signification;  on 
remarquera  que  la  plupart  de  ces  abréviations  se 
retrouvent  dans  d'autres  abréviations  de  mots  com- 
posés, comme  l'abréviation  de  contra  dans  le  mot 
composé  de  contradicere,  celle  de  suprà  dans  supra- 
dictiun,  etc. 

On  devra  éviter,  dans  toute  interprétation  de 
petites  lettres  supérieures,  de  les  confondre  avec 
les  lettres  supérieures  non  abreviatives,  qui  sont 
plutôt  des  marques  de  corrections  que  des  signes 
d'abréviations. 


VI 

ABRÉVIATIONS    PAR   LETTRES   ABRÊVIATIVES 

L'usage  des  lettres  abréviatives  est  de  remplacer 
certaines  syllabes  ;  elles  sont  alors  accompagnées 


DEUXIÈME    PARTIE  63 

d'un  signe  qui  les  fait  reconnaître.  Bien  souvent  ce 
signe  n'est  lui-même  qu'un  de  ceux  que  nous  avons 
compris  dans  l'explication  des  signes  abréviatifs  ; 
mais,  comme  il  arrive  que  les  lettres  qui  en  sont 
accompagnées  ont  parfois  une  signification  toute 
autre  que  celle  qu'on  serait  porté  à  leur  appliquer 
d'après  les  règles  ordinaires,  nous  avons  donc  pensé 
devoir  faire  figurer  sur  un  tableau  (pi.  VIII),  indi- 
stinctement, toutes  les  lettres  qu'on  rencontre  sur- 
montées ou  tranchées  d'un  signe  quel  qu'il  soit; 
par  ce  moyen  on  saisira  de  suite  les  différentes 
attributions  que  les  copistes  ont  données  à  telle  ou 
telle  lettre.  Par  exemple,  qu'on  trouve  un  a  sur- 
monté d'un  trait  horizontal  (pi.  VIII,  case  4)  dans 
les  mots  abrégés  mea,  multa,  atea.  tatum,  etc.,  on 
lira  facilement  meam,  multam,  antea,  tantum, 
quand  on  saura  que  l'a  barré  au-dessus  représente 
am  ou  an.  Il  faut  faire  attention  que  nous  ne  par- 
lons ici  que  des  lettres  abréviatives  dans  les  mots, 
et  non  employées  isolément,  car  dans  ce  dernier 
cas  a,  ainsi  que  nous  Favons  indiqué,  pourrait 
signifier  un  mot  entier  comme  aut,  autem,  antè,  ou 
tout  autre  dont  il  serait  le  sigle  ou  lettre  initiale. 

On  pourra  donc  faire  à  l'égard  des  autres  lettres 
rangées  par  ordre  alphabétique  ce  que  nous  venons 
d'indiquer  pour  la  lettre  a,  et  l'on  comprendra  toute 
l'utilité  de  ce  tableau. 


64  PALEOGRAPHIE 

Tels  sont,  sinon  les  seuls,  du  moins  les  princi- 
paux modes  d'abréger  des  anciens  copistes,  surtout, 
comme  on  le  remarquera,  du  xr3  au  xve  siècle.  On 
observera,  de  plus,  que  beaucoup  de  mots  se  trou- 
vent abrégés  par  plusieurs  de  ces  modes  à  la  fois. 
D'ailleurs,  l'usage  aidera  à  comprendre  les  diverses 
combinaisons  des  modes  abréviatifs  entre  eux;  et 
si,  dans  cette  deuxième  partie,  nous  avons  fait  quel- 
ques omissions,  les  tables  d'abréviations  qui  accom- 
pagnent les  écritures  de  chaque  siècle,  non-seule- 
ment pourront  y  suppléer,  mais  encore  elles  servi- 
ront aux  commençants  jusqu'à  ce  qu'ils  possèdent  à 
fond  les  règles  brachygraphiques  observées  par  les 
anciens  copistes.  Et  d'ailleurs,  si  pour  des  travaux 
importants  de  déchiffrement  on  se  trouvait  arrêté 
par  de  nombreuses  abréviations,  on  pourrait  recou- 
rir à  notre  Dictionnaire  des  Abréviations  latines  et 
françaises,  que  nous  avons  publié  pour  servir  de 
complément  à  cette  Paléographie  des  Chartes  et  des 
Manuscrits. 


■<? 


# 


TROISIEME  PARTIE 


DE  LA  LECTURE  ET  DE  LA  TRANSCRIPTION 
DES  ANCIENNES  ÉCRITURES 

ET  RÈGLES  DE  CRITIQUE  APPLIQUEES  AUX  CHARTES  ET  MANUSCRITS 


Pour  ceux  qui  ne  s'adonnent  que  par  goût 
à  ce  genre  de  travail  (au  déchiffrement),  ils  ne 
doivent  pas  se  rebuter  s'ils  ne  lisent  pas  du 
premier  abord  les  anciennes  écritures. 

Le  Moine  ,  Diplom.  prat. 

Il  faut  que  dans  la  copie  même  on  retrouve 
ce  vernis  précieux  de  l'antiquité  (l'ancienne 
orthographe.) 

Batthney,  VArchiv.  franc. 


LECTURE 


uoi  de  plus  rebutant,  au  premier  abord, 
que  la  lecture  des  écritures  anciennes  et 
surtout  des  écritures  cursives  des  xv% 
xvic  et  xvii°  siècles?  Mais  à  peine  a-t-on  acquis 


66  PALEOGRAPHIE 


quelques  notions  préliminaires  que  l'on  voit  se  dis- 
siper peu  à  peu  les  obstacles  qui,  au  seul  aspect, 
avaient  effrayé.  Donc,  si  l'on  a  étudié  avec  soin 
les  deux  premières  parties  de  cette  méthode,  nul 
doute  que  les  spécimens  d'écriture  de  chaque  siècle 
contenus  dans  les  planches  ne  soient  maintenant 
d'un  facile  accès. 

Reproduits  d'après  les  originaux  les  mieux  carac- 
térisés, ces  spécimens  offriront  des  exercices1  de 
lecture  et  habitueront  l'œil  à  analyser  les  différentes 
formes  des  éléments,  leur  construction,  leur  liai- 
son ou  conjonction  dans  la  marche  lente  ou  rapide 
de  l'écriture,  comme  à  saisir  de  suite  le  génie,  la 
physionomie  propre  à  l'écriture  de  chaque  siècle. 

Les  modèles  noS  4,  2,  3...  montrent  les  nuances 
que  la  différence  des  mains  et  des  époques  a  don- 
nées à  l'écriture,  tout  en  conservant  au  fond  le 
caractère  distinctif  du  siècle  auquel  elle  appartient. 

Si  l'on  paraît  s'étonner  de  ce  que  nous  faisons 
commencer  par  l'écriture  du  xvnc  siècle  et  finir  au 
xie,  nous  répondrons  par  ce  qui  a  déjà  été  dit  dans 
la  4 Te  édition  de  ce  livre  (Essai  sur  la  Paléographie 


1  Nous  le  répétons,  on  trouvera  dans  les  planches  plus  d'exer- 
cices sur  l'écriture  des  chartes  que  sur  celle  des  manuscrits, 
par  la  raison  que  la  première,  apprenant  à  résoudre  plus  de 
difficultés,  préparera  plus  que  suffisamment  à  la  lecture  de  la 
seconde. 


TROISIÈME    PARTIE  67 


française)  :  ce  Quoique  d'un  abord  facile  par  sa  con- 
formité avec  notre  ronde,  les  formes  que  cette  écri- 
ture a  retenues,  en  grande  partie,  de  celles  qui 
l'ont  précédée,  obligent  à  commencer  par  elle,  si 
Ton  veut  être  amené  sans  brusquerie  et  graduel- 
lement à  la  lecture  de  l'écriture  du  xvic  siècle,  et 
du  xviG  au  xve,  ainsi  de  suite  jusqu'au  xic  :  cette 
marche  rétrograde,  qui  pourra  d'abord  surprendre, 
est  la  plus  rationnelle;  elle  fait  passer  du  connu  à 
l'inconnu.  L'enchaînement  qui  existe  dans  les  écri- 
tures de  siècle  en  siècle  a  cela  d'avantageux,  en  ce 
que  l'étude  de  l'un  facilite  l'accès  de  l'autre.  Cela 
doit  bien  se  concevoir;  car,  comme  ditdom  de  Vai- 
nes l  :  «  Les  figures  ou  formes  d'éléments  n'ont  pas 
fini  tout  à  coup  avec  un  siècle,  elles  se  sont  perdues 
insensiblement  au  commencement  ou  au  milieu  du 
siècle  suivant;  » 

Et  que,  «  si  nous  nous  sommes  arrêté  au  xie  siè- 
cle, c'est  d'abord  que,  une  fois  arrivé  là,  on  doit 
être  assez  habile  dans  la  lecture  pour  pouvoir 
pénétrer  plus  avant,  et  qu'ensuite,  passé  cette 
limite,  les  titres  deviennent  plus  rares.  » 

On  devra  donc  se  mettre  à  la  lecture  des  écritures 
de  chaque  siècle,  sans  intervertir  l'ordre  qui  leur 
a  été  assigné  dans  les  planches;  car,  autrement, 

1  Dict.  de  diplom.,  art.  Écrit. 


PALEOGRAPHIE 


ce  serait  s'écarter  de  la  marche  méthodique  et  pro- 
gressive d'où  dépendent  les  succès  de  cette  étude. 

Quand  on  sera  suffisamment  familiarisé  avec  nos 
spécimens,  on  pourra  s'exercer  sur  les  originaux 
eux-mêmes.  C'est  par  eux  qu'on  achèvera  de  se 
perfectionner  dans  le  déchiffrement. 

Une  fois  arrivé  à  ce  point,  pour  faciliter  la  lec- 
ture de  ces  originaux,  après  avoir  déterminé  à  quel 
siècle  ils  appartiennent,  soit  par  la  date  qui  s'y 
trouve  exprimée,  soit  par  comparaison  avec  nos 
planches,  on  se  mettra  en  regard  du  spécimen  qui 
correspond,  pour  le  siècle,  aux  originaux  à  déchif- 
frer i.  Survient-il  dans  la  lecture  une  difficulté 
matérielle?  Aussitôt  la  planche  en  donne  la  solution. 
Est-ce  une  difficulté  de  style,  d'orthographe  ou 
d'abréviation?  Recourez  au  texte  à  l'aide  de  la  table 
des  matières,  et  vous  saurez  comment  l'expliquer. 
Par  ce  moyen,  il  est  peu  de  titres,  quels  qu'ils 
soient,  qu'on  ne  puisse  déchiffrer. 


1  S'il  arrivait  que  l'écriture  d'un  titre  fût  totalement  ou  en 
partie  effacée,  on  pourrait  la  faire  revivre  en  passant  sur  les 
endroits  faibles  ou  altérés  un  pinceau  trempé  dans  une  dissolu- 
tion hydro-alcoolique  de  noix  de  galle,  qu'on  obtient  en  faisant 
macérer,  pendant  trois  à  quatre  jours,  dans  125  gram.  d'esprit 
de  vin  à  2°2  degrés,  six  noix-galles  grossièrement  pulvérisées. 


TROISIEME   PARTIE  69 


II 

TRANSCRIPTION 

Dans  la  transcription  des  anciens  titres,  il  faut 
bien  se  garder  d'altérer  en  rien  le  style  et  l'ortho- 
graphe qui  les  caractérisent.  C'est  un  vernis  d'an- 
tiquité qu'il  faut  d'autant  plus  respecter  qu'il 
constate,  en  l'absence  des  originaux,  l'époque  à 
laquelle  appartiennent  ces  titres,  et  par  conséquent 
donne  un  caractère  d'authenticité  aux  copies. 

Lorsqu'il  s'agit  de  rétablir  dans  son  entier  un 
mot  abrégé,  appartenant  surtout  à  notre  vieille  lan- 
gue, on  doit  l'orthographier  conformément  aux 
mêmes  mots  qui  se  trouvent  exprimés  en  toutes  let- 
tres dans  le  titre  ;  par  exemple,  je  trouve  :  lad. ,  sach. , 
relig.,  tesm.,  tourn.,  etc.  ;  j'écrirai  suivant  les  indi- 
cations que  me  fourniront  les  mêmes  mots  entiers 
ou,  à  leur  défaut,  l'orthographe  du  temps  ladicte 
ou  ladite,  sachez  ou  sachies,  religious  ou  religieux, 
tesmoings  ou  témoins,  tournoiz  ou  tournois,  etc. 
Quant  à  la  ponctuation  et  à  l'accentuation,  on  ne 
s'y  conformera  qu'autant  qu'on  le  jugera  nécessaire; 
mais  ce  qu'on  ne  devrait  pas  se  permettre  de  chan- 
ger, ce  sont  les  u  en  v,  les  i  en  j,  et  vice  versa. 

Dans  la  transcription  des  textes  latins,  Ye  souscrit 


70  PALEOGRAPHIE 


d'une  sorte  de  cédille  se  rend  par  œ>  et  les  e  simples 
s'écrivent  tels  qu'ils  sont. 

Pour  les  difficultés  matérielles  ou  accessoires  de 
l'écriture  qui  surviendraient  dans  la  transcription, 
faire  comme  pour  la  lecture,  c'est-à-dire  recourir 
au  texte  et  aux  planches. 


111 

COPIE   DES    PLANCHES 
ÉCIIITURE     DU     XV  IlG     SIÈCLE 

Tracée  avec  hardiesse  et  netteté,  quoique  chargée 
de  traits  capricieux,  cette  écriture  se  laisse  lire 
assez  facilement  par  sa  ressemblance  avec  notre 
ronde  qui  en  dérive;  quelques  formes  gothiques 
et  de  fréquentes  liaisons  de  lettres  causent  seules 
des  difficultés. 


L'An  de  Grâce  mil  six  centz  vingt  huict,  le  Jeudy  vingt 
huictiesme  jour  de  septembre,  a  Gisors,  deuant  nous 
Jullian  Le  Bret,  sieur  du  Mesnil  Guillebert,  Conseiller 
du  RoVj  Viconte  de  Gisors  et  Grand  Voyer  en  ladicte 
Viconté  pour  le  Roy  nostre  Sire  et  pour  monseigneur  le 
Duc  de  Nemours  et  de  Chartres,  Comte  dudit  Gisors.  Sur 
la  Requeste  faicte  par  Reuerend  père  domp  René 


TROISIÈME    PARTIE  71 


A  tous  ceulx  qui  ces  présentes  lettres  verront  ou  or- 
ront, le  Garde  du  seel  aux  obligations  de  la  Viconté 
d'Harcourt,  salut  :  scauoir  faisons,  que  par  deuant 
Pierre  Pinchon,  Tabellion  audict  Harcourt,  siège  dudict 
lieu,  et  Me  Jean  Fouquet,  prins  pour  adjoint,  fut  pré- 
sente Catherine  Bellet,  veuve  de  feu  Eustache  Guesnier, 
demeurante  en  la  paroisse  de  Bray,  laquelle  a  volon- 
tairement vendu ..... 


A  nostre  treschere  fille  en  nostre  Seigneur,  sœur  Renée 
de  Haqueville,  Religieuse  professe  de  l'ordre  de  l'Annon- 
ciade  [de]  la  Vierge  sacrée  Marie,  au  Monastère  de  saint 
Eutroppe,  soubzChanteloup,  nous  vous  avons  commandé 
et  commandons  par  ces  présentes,  en  la  Vertu  de  Sainte 
Obiédiance  de  vous  transporter  promptement  au  monas- 
tère de  Gisors  et  vous  instituons  et  déclarons  par  ces 
présentes,  mère  et  supérieure  des  Religieuses  dudit  mo- 
nastère. Allez  donc,  au  nom  de  Dieu.  Et  ces  présentes 
seruiront  de  tesmoignage  de  vostre  religieuse,  honneste 
et  irréprobable  conuersation,  à  tous  ceux 

ÉCRITURE  PONTIFICALE  (PL.    ix) 

Dans  le  xvne  siècle,  et  même  dans  le  xviue,  l'écri- 
ture de  la  chancellerie  romaine  affecte  les  formes 
lourdes  et  écrasées  des  écritures  desxve  et  xvie  siè- 
cles. Ce  n'est  qu'en  étudiant  avec  soin  les  caractères 


72  PALEOGRAPHIE 

et  les  liaisons  de  cette  écriture,  aux  formes  parfois 
étranges,  qu'on  parvient  à  la  lire. 

1 

Benedictus,  episcopus,  servus  servorum  Dei,  dilecto 
filio  de  Castagny,  presbytero,  perpetuo  capellano  in  se- 
culari  et  insigni  collegiata  ecclesia  ad  Sanctum  Petrum 
Juniorem,    nuncupatum    Argentinensem,   in    theologia 

magistro,  salutem  et  apostolicam  benedictionem 

Datum  in  Arce  Gaudulphi  Albanensis  diocesis^  anno  In- 
carnationis  Dominice  millesimo  septingentesimo  quarto. 


Dictus   Franciscus  Alexius  prestabit  nobis  de 

verbo  ad  verbum  per  ejus  patentes  litteras  suo  sigillo 
mtmitas,  professionemque  sic  emissam  ad  dictam  sedem 
sinemendis  cum  sui  ac  archiepiscopi  Kothomagensis  seu 

officialis  predicti  subscriptione  quanto 

(Datum  Rome,  apud  Sanctum  Petrum,  anno 
Incarnationis  Dominice  M.  BCC.  IV.) 

ÉCRITURE   DU   XVIe   SIÈCLE 

Caractère  assez  lisible,  étant  écrit  posément. 
Dans  la  cursive,  les  liaisons  et  divers  traits  de 
plume  en  altèrent  la  forme  et  rendent  l'écriture 
confuse,  surtout  si  l'on  y  comprend  les  abrévia- 
tions, le  défaut  d'accents  et  de  ponctuation. 


Alphabets  . 


Me 


<xvui< 


^JU^D. 


sua  cçpmi  r 

CT.tJS.X.^.2. 


«.■M  ♦  o-vo  .  ipaj'O  a> .  et  a  ci  .  vva-  v^v«  .•  flf 

pe.&ô-*'.  t+t-t  ,»u.çÇ 


P: 


*aw 


ccô  .  £>.a> .  ex  Sb.^    o-.  cÇ. 

-vêt  .  v*   w    vw    ve      v£  yr 


ca  r„.     en     eo 

^a.     Aa.       nul.      po. 

|X..fc.  .  f«.  .ft.jt.fci.*:    k-   ti    ^  .  wy.ey. 

Ja      fa     fe      >    }i      fc»     &      fa      h       po.      un.    X 

^-WW  1CU)  i<s-c.a)>j0fit,)».-in  iMp-Xvi 
t\#wi  A.0  ireJ/Vfl'lHSJ/tf'B'lioo)  i0>UioO  Cq'lieA). 

JÎTX-  1»H    IV*  ^  iM*  .  \3*)C}  i3#.  <Y>.  <pp<pV7<J^. 

•?    CCoGj^OlO    o^  0?.  Ç*HC  MM*7"  CV>  vl  M^    7O7OI.ÇV 
ma    Jn  «•  <.»     fcul   Je»         A  /"irt    3cù        v>       el    7  . 


Ecriture  dixXïV.®  Siècle  .Exercices. 


mtwaramvn*- 


.  J\j*ertxUrtmxJ  Cwor^^kiw^ 


vC  e 

JJLïcwj  code  qui ceSytcCa. .... 

W^C*nuwuryu  ^wiUc^rc  ûwr*W«r*tt*\;  ff  fu|Pmr  -ContpUmifi  'vWtté   attcîC  tau* 

tunurvô  e*»Gu«  auk^ô  ct'foWkw*re0/etr7Îm<r-wv«iFàc;  beyô  MxxMbï'ùxa.y^cfos^ct  ter 
ycvuYfcttf  Tituî  jmpgicbcwcttt' mowtiweiitr'x  og  ttmuwv-  ftfwmcu  Ttiéictt*  .•  >reAvu«tma  t«hvô 

&t  powr  «  terni*  <-hw&*v  l.-i.|'ï*»vKCmct**-  cvvTvncv.-U6  6tw8c\v«?  cVKVj'fciM* 1 

-■powr  w  tuur  wuc^m-tvtt- Vc  vvv*  oovyô  (XWvtv  ov)  <y>ftw)  fti-vuct  <ytouô  iv-vw*  Wc\v<>  vwCu 
(&ô  Ç\  -mvwwwCC**  -vu*  a  ftuorn*  _O.Çv*vv$"vc  r*t  a  &ffotvv9v\r  v  m<vwi  "&:  ^vfb-oc  (* — 
cvU.^5  Gcwo\ot.r  SoAAA.c6  CM.0CHUW  csit  foxt-  <Ô*  ^ivwvut^vttc  ftvvw:  ftvrjîtâ  tvuv,vi^itw* 

<v#tcKwi.%«x«9cg>  /Klvvtr^^3<vvv«vr  j?vv/&wd(âvun*ô  i»v?v»-  CoCa\  Q.  I^lvv  $w«a 


<*vw.  «^UXcrvui-  Qtvwcccvtciviô  c»è  <îi^*- 

et-  waWvtwm  -vxtvv  tt-mwu  (vy&Jvwnv?  civiô  ft  -vwnvcywr  inrvw-jVvrvwv/  ©kxt  -~ 
OfVTVtsr^Ht  tv^vfha^  fbv^AM*^  fto  6:  mM^J  Çu'vf  ^Ç-.i  ^ow>~$C<ffctrtc*w£vvL  S 


Abréviations. 

iwyjL.      a  Vieil* 

oUi^M  entei-Lgite 

i7WW.po«CM.H* 

Ju^v\&       aistns 

CyA      epif^u/ 

octf  «a»*»: 

*OjvO£     aioutaut 

CvtAA^xqT    ewaiiqd 

Jttc  otc.  ottruL 

n»UaM«  appduw 

CTKHvnVl,  eiajimut. 

&vûty.jacl,rjit 

AJXJJYyAAy.a/K/icb-.^ 

y*  /— 

f*  /«■*- 

i\bô.    après 

f-f  /— 

pi          /<r/«r/e 

OmX.       aulau. 

TxC.         fcuci£~. 

pHAarf/rr****. 

rtxvtx         axtttv. 

OPX.         qrate. 

YfVVKir  Jcrmenft. 

t»ptf    haptifU 

McÇiJuwrt-  hfbej-qe 

-%     ^u^u.^,, 

Titfzurf  héritage- 

fjk  falut. 

FmÔ          #£«/£/ 

V)XXZK<rn  lutiUalu>n 

|Uf   fUttcs 

«HCt&      boulons 

'p&ië.  L-us. 

p  >. 

^^Mii.chaflel; 

Xàfr)           jad,r. 

yvayiC%j,e,«h*u,j'c 

£&>   +rt*.. 

fe-             m£*«j-. 

gCZ>  ,„.,„«*..« 

cfcr        r/^r. 

3-?.         fc/„- 

&  /— 

^Cfc          ^rt/u„L. 

lugf  y^'""' 

LWiXvfVCZtr*  'ifnl&i 

M^VM.      daitiaqei' 

^ô          peiiyttf 

9t^6 .         ^'jc/^ 

efô          <fitod 

^vtam  tÙUctuiu 

ujr     %j^. 

«TvMT             ?_^ 

9vp.     rfjr,* 

C&      &» 

«çfcjf    >«%«•» 

t*VOC\       Utoce/ù" 

VW.<WvK.  inaiidrtLr 

vM£Uvcov>  .réclama  ■ 

(TVCQÔ.     donctfuMS 

™.cff.       -<ie/*«, 

WM^v?:    rauneialw, 

VVtT         d  'un&pa*  -t 

•pf?  «,»#*, 

xw<nK>.  tauiiiotj 

e             e„      ejt. 

"£&                moiny 

V-  '-'- 

*£*KOVCX5V>    Ebw,cill/il 

)VV\^.  tlâire  Cet o,tt> ni 

^ff v^"'- 

CCcKt     acclr/àt  . 

»t        «91»         >&«*!*£,* 

\XAVl4>(V  e*~*  Siap^cs  aj6\-ëvu».ti};.-<.- 

f  7"""  I"-e  -r- 

9  y""7   <ïUL  « 

^^»   /«.«/•  «cr« 

^fl""' 

àttur     qiultiè. 

fêyy-OviX    ver/ont 

B  /wm1  jJi'l    £x 

f     f** 

P>  -/  ^r- 

f  |*>V  /^.'/"i- 

fî  /"""■  ser   £* 

— __ 

)>0l*^  jv  tour 

j^.ÇAjZva/gn 

/T.  O-t  /'»"''  e'-- 

TROISIÈME   PARTIE  73 


Sur  la  requeste  présentée  aux  Juges  ordonnez  par  le 
Roy  sur  le  fait  des  refformacions  des  forestz  de  Normen- 
dye par  le  procureur  gênerai  du  Roy  .  Contenant  que  par 
le  moyen  de  la  refformacion  encommencee  de  plusieurs 

forestz  de  ce  pays   de  Normendye quel  boys  et 

arbres  sont  comprins  et  entenduz  par  ces  mots  de  boys 
mort  et  mort  boys  dont  mencion  est  faicte  en  plusieurs 
titres,  lettres  et  Chartres.  Par  le  boys  mort  ce  est  entendu 
du  boys  sec ,  abattu  ou  en  estant ,  et  par  le  mort  boys , 
le  boys  tel  qu'il  est  declaire  en  la  chartre  de  Normendye 

et  non  aultre Le  cinqulesme  jour  de  may  mil  cinq 

cens  trente. 


En  la  dicte  année,  le  Roy  de  Nauarre  qui  estoit  filz 
de  madame  Jehanne  tille  du  Roy,  Loys  dict  Hutin,  le- 
quel au  Royaulme  de  France  auoit  faict  plusieurs  raaulx, 
alla  de  vie  a  trespassement,  a  la  mort  duquel  auoit  ung 
euesque  de  Nauarre ,  comme  Ion  dict,  lequel  feit  vne 
manière  despitre  a  sa  sœur  de  la  mort  du  Roy  en  louant 
fort  sa  vie  et  sa  fin. 

Ou  dict  temps  y  auoit  vng  gentil  cheualier,  nomme 
messire  Jehan  de  Carrouges,  lequel  auoit  espouse  vne 
très  belle  et  vaillante  dame,  lequel  par  aulcun  temps 
auoit  este  absent;  et  quand  il  feut  venu,  en  très  dou- 
loureuse tristesse  et  desplaisance  dist  à  son  mary  quelle 


auoit  este  congnue  charnellement, 


74  PALEOGRAPHIE 


3 

A  tous  ceulx  qui  ces  présentes  lettres  verront  ou  or- 
ront     sçauoir  faisons  que  pardeuant furent 

presens  en  leurs  personnes  Messire  Yuerte  Gueroult 
presbtre  et  Toussainctz  Gueroult,  son  frère ,  marchant 
demourant  audict  Iury.  Lesquelz  de  leur  bon  gre,  recon- 
gnurent  et  confessèrent  auoir  vendu,  cedde,  quicte,  trans- 
porte et  délaisse  afin  d'heritaige,  tant  pour  eulx  que 
pour  leurs  Loirs,  du  tout  des  maintenant  a  tousiours,  a 
honneste  homme,  Maistre  Lancelot  Legendre  Licencie 
es  loix ,  viconte  dudict  lieu  dlury>  présent  acquisiteur, 
tant  pour  luy  que  ses  hoirs  ou  ayant  cause 


ÉCRITURE    DU    XVe  SIÈCLE 

Écriture  généralement  lourde,  écrasée,  difficile 
à  déchiffrer,  surtout  étant  tracée  currente  calamo; 
beaucoup  de  signes  abréviatifs,  dont  quelques- 
uns  sont  peu  distincts  dans  leur  forme  :  e  remplace 
œ,  œ;  le  c  et  le  t  sont  souvent  mis  l'un  pour 
l'autre  ;  les  barres  inclinées  marquent  les  différentes 
pauses  du  discours;  liaisons  et  conjonctions  de 
lettres  fréquentes. 

1 

A  tous  ceulx  qui  ces  lettres  verront  :  Nichole  de 
Freuille,  garde  du  seel  des  obligations  des  Vicontes  du 


TROISIÈME  PARTIE  75 


Pont-Autou  et  du  Pont  Audemer,  salut  :  savoir  faisons 
queparloben  de  Bezu,  tabellion  iure  en  ladictc  Viconte 
du  Pont  Autou,  en  siège  du  Bourgtheroude,  nous  a  este 
tesmoigne  auoir  veu,  tenu  et  leu  mot  a  mot  vnes  lettres 
saines  et  entières,  en  seel  et  en  eseripture,  a  luy  présen- 
tées de  la  partie  de  Messire  Iohen  duBoscBenard  prestre. 
desquelles  la  teneur  ensuit  ....  En  tesmoing  de  ce 
Nous  a  la  Relacion  dudit  Tabellion  auons  mis  a  ce  pré- 
sent transcript  le  seel  desdictes  obligacions.  Ce  fust  fait 
lan  de  grâce  mil  quatre  cents  trente  sept  le  xxije  jour 
de  feurier. 


A  tous  ceulx  qui  ces  présentes  lectres  verront,  Micbel 
Daniel,  Viconte  dEscouys,  salut  :  sauoir  faisons  que  par 
devant  Guillaume  Leblanc,  clerc  tabellion  jure  de  ladictc 
Viconte.  En  la  compagnie  de  messire  Jehan  U  Roux, 
presbtre,  son  adioint,  vint  et  fut  présent  en  sa  personne 
Guillaume  Jouen  de  la  parroisse  de  Menesqueville,  lequel 
de  son  bon  gre  et  bonne  voulente ,  sans  aucune  force 
eu  contraincte,  congnut  et  confessa,  avoir  prins  a  rente, 
a  heritaige  a  tousiours  tant  pour  luy  que  pour  ses  hoirs, 
de  Religieux  et  honnestes  personnes,  les  religieux,  abbe 
et  conuent  de  l'église  Notre  Dame  de  Mortemer  en  Lyons, 
bailleurs  pour  eulx  et  leurs.    . . . 


Comme  nos  tresredoubtes  dame  et  seigneur,  madame 
Marie  de  Harcourt,  contesse  de  Vaudemont ,  et  Jehan 


PALEOGRAPUIE 


monseigneur  de  Lorraine,  son  tilz,  conte  de  Harecourt, 
desirans  laugmentacion  de  notredicte  église  fondée  de 
leurs  nobles  progeniteurs ,  et  le  diuin  seruice  y  estre  a 
tousiours  continue  a  l'intention  de  iceulx,  aient  eu  inten- 
tion dacquerir  le  Royaume  celestiel,  et  pour  la  saluacion 
des  âmes  de  leurs  ancesseurs  et  deulx ,  et  en  continua- 
tion du  bon  vouloir  de  leurs  dicts  progeniteurs,  donne  a 
la  dicte  Eglise  et  a  nous  doyen  et  chanoines  et  nos  suc- 
cesseurs a  tousiours,  leglise  parroicial  de  Saint  Pierre 
du  Boscroger,  avec  le  patronnage  et  tel  droit  quilz 
auoient 


ÉCRITURE  DU  XIVe   SIÈCLE 

Caractères  précis  et  distincts,  quoique  souvent 
très  serrés;  grand  nombre  d'abréviations;  confusion 
du  c  avee  le  t  minuscule;  e  mis  au  lieu  d'œ,  œ; 
accents  sur  les  t;  les  petites  barres  obliques  pour 
virgules. 

1 

A  tous  ceuls  qui  ces  présentes  ieittres  verront  et  orront 
Robert  dartoys,  conte  de  Beaumont,  sire  de  Danfront 

et  de  Meun  sur  Yeure,  salut Comme  Religieux 

hommes,  labbe  et  le  conuent  du  Moustier  de  Notre 
Dame  de  Lire  se  fussent  complains  a  nous  que  de  leur 
propre  fondation,  il  eussent  la  disme  en  toutes  les  essues 
de  la  forest  de  Breteuil,  emolumens,  expiais,,  amendes 


TROISIEME  PARTIE  Tl 

et  forfaitures,  et  une  pièce  de  bois  appelée  la  Chaeste  et 
le  pasnage  duplain,  soient  de  antiquité  des  deppendences 
de  laditte  forest,  et  nos  gens  y  eussent  mis  empesche- 

ment  induement  et  de  nouuel,  si  comme  il  disoient 

Requerans  nous  que  desdites  choses  ostissions  ledit  em- 
peschement  et  dicelles  les  laissisons  jouir  paisiblement. 
Donne  a  Conches,  sous  notre  seel,  en  lan  et  jour  dessus 
diz. 


......  Et  pour  ce  tenir,  garder  et  fermement  enté- 
riner, les  vendeus,  chascun  pour  le  tout,  obligèrent  leur 
corps  a  tenir  en  prison  fermée  et  tous  leurs  biens,  meu- 
bles et  immeubles,  presens  et  auenir,  a  vendre  et  a  des- 
pendre par  main  de  justice,  se  eulx  venoient  james 
encontre  cest  fait,  et  jura  laditte  famé  sur  saintes  euau- 
giles  avec  lauttorite  et  lassentement  de  son  dit  mari  qui 
présent  estoit  que  james  en  laditte  vente  riens  ne  deman- 
dera ne  réclamera,  ne  fera  demander  ne  reclamer  par  soi 
ne  par  autre,  par  raison  de  douaire,  de  mariage,  encom- 
bre, de  don  de  neuches,  de  conquets,  descange,  ne  par 
nulle  autre  raison  quelle  que  elle  soit  ou  puist  estre.  En 
tesmoing  de  ce  nous  auons  fait  meittre  a  ces  lettres  le 
seel  des  dittes  obligations,  sauf  autrui  droit.  Ce  fut  fait 
lan  de  Grâce  mi)  ccc.xxxviij,  le  lundi  jour  de  la  caere 
Saint  Pierre. 


A  tous  ceulx  qui  ces  lettres  verront ,   Jehan   Lotin , 
prestre  Garde  du  scel  de  la  Chastellerie  d'Andely,  salut; 


PALEOGRAPHIE 


sauoir  faisons  que  uous  avoir  veu  et  leu  une  lettre  du 
pappe  Innocent,  scelleez  en  seau  de  plomb  et  en  lais  de 
soie,  sainez  et  entaires  de  scel  et  escripture,  contenant  la 
fourme  qui  ensieut  :  Innocentius  episcopus  seruus  seruo- 
rum  dei  dilectis  filiis  Cantori  et  Canonicis  ecclesie  sancti 
Antony  de  Gaillon^  Ebrocensis  diocesis,  salutem  et  apo- 
stolicam  benedictionem.  Cum  a  nobis  petitur  quod.  .  . . 
Si  quis  autem  hoc  attemptare  presumpserit  indignatio- 
nem  omnipotentis  dei  et  beatorum  Pétri  et  Pauli,  apos- 
tolorum  eius,  se  nouerit  incursurum.  Datum  Lateranni, 
VII  Idibus  Januarii,  pontificatus  nostri,  anno  octauo 
decimo.  Donne  lan  de  grâce  mil  trois  cens  soixante  et 
sept,  le  mardj  vint  et  un  jour  de  septembre. 


ÉCRITURE    DU    XIIIe    SIÈCLE 

Beau  caractère  gothique  qui  perd  de  sa  régula- 
rité dans  la  cursive;  surchargé  d'un  très  grand 
nombre  de  signes  abréviatifs.  Le  c  et  le  t  minus- 
cules se  confondent  souvent;  Ye  simple  employé 
pour  œ,  œ;  quelques  barres  inclinées  ou  des  points 
pour  distinguer  les  membres  de  phrase  ;  accents 
sur  les  î;  conjonctions  de  lettres. 

1 

A  tous  ceus  qui  ces  lettres  verront,  Robert  de  Ys^  che- 
ualier  et  seignor  des  Ys,  salus.   Comme  contens  fust 


TROISIÈME   PARTIE  W 

entendu  a  raouuoir  entre  moi  et  le  cheualier  dune  part, 
et  hommes  religieus  labbe  et  le  conuent  de  Seinte  Kate- 
rine  joste  Rouen  dautre.....  Sachies  que  je  reperiee 
a  pensée  de  preudomme  pour  Dieu  et  pour  le  salut  de 
marne  et  de  touz  mes  bons  enchesours,  et  pour  esparnier 
a  ma  peine  et  a  mon  traual  ai  quitie  les  dis  religieus  et 
ai  delessie  mon  errour  desus  dite^  et  pour  chen  les  dis 
religieus  mont  aquilli  en  lor  bienfes  et  en  lor  oroisons 
moi  et  mes  anchesors.  En  tesmoing  de  cheste  chose  je 
lor  en  donne  ches  letres  de  mon  seel,  seelees  lan  de 
grâce  mil  et  ij  chens  nonante  et  quatre,  en  mois  de 
septembre. 

2 

Sciant  omnes  présentes  et  futuri  quod  ego  Nicholaus 
deBoeles,  sincère  caritatis  intuitu,  pro  salute  anime  me 
et  antecessorum  meorum,  annuente  hoc  Meineut,  uxore 
mea ,  dedi  et  concessi  et  presenti  carta  confirmavi  in 
puram  et  perpetuam  elemosinam,  Ecclesie  sancte  Trini- 
tatis  de  Monte  Rothomagensi,  intègre  totum  tenementum 
in  masuris  et  edificiis  ligneis  et  lapideis  quod  habebam 
apud  novum  castrum  de  Drincort,  ante  cimiterium  béate 
Marie  Virginis.  Actum  anno  gratie  Millesimo  Ducen- 
tesimo  vigesimo  nono ,  mense  Junii ,  in  plenaria  assisia 
apud  nouum 

3 

Nouerint,  Vniuersi  présentes  pariter  et  futuri,  quod 
ego  Guillelmus  Strabo  et  Ego  Aalicia  Vxor  sua,  pari  as- 
fensu  no?tro  pro  salute  animarum  nostrarum  et  antecss- 


80  PALEOGRAPHIE 


sorum  nostrornm,  dedimus  et  concessiraus  Deo  et  Ecclesie 
Béate  Marie  de  Salicosa  et  Canonicis  ibidem  deo  seruien- 
tibus  in  puram,  et  perpetuam  elemosinam,  decem  solidos 
Turonenses  et  duos  Capones  annui  redditus,  assignatos 

in  quadam  Domo  apud  Andeîeium Ut  autem  hec 

omnia  rata  sint  in  posterum  et  stabilia,  presentem  cartam 
sigillis  nostris  roborauimus.  Et  ad  maiorem  confirma- 
cionem  Petrus,  Decanus  de  Pormor,  ad  peticionem 
nostram ,  presenti  carte  suum  sigillum  apposuit.  Actum 
anno  domini  millesimo  ducentesimo  quadragesimo  quinto, 
mense  octobris. 


Notum  sit  omnibus  presentibus  et  futuris  quod  ego 
Robertus  de  Malquenchi  concedo  et  carta  presenti  et 
sigillo  meo  confirmo ,  pro  salute  anime  mee  et  heredum 
meorum,  Deo  et  Ecclesie  Béate  Marie  sanctique  Laurenci 
de  Bello  Beccho  et  monachis  ibidem  deo  seruientibus, 
septem  solidos Actum  anno  gratie  millesimo  du- 
centesimo vicesimo  secundo. 


ÉCRITURE   DU   XIIe   SIÈCLE 

Belle  écriture,  quelquefois  allongée  dans  les  pre- 
mières lignes  des  chartes  et  des  diplômes  de  cette 
époque;  beaucoup  de  signes  d'abréviations;  Ye 
avec  cédille,  mis  pour  œ,  ce;  le  signe  &  se  trouve 
quelquefois  dans  les  mots. 


TROISIÈME   PARTIE  81 


Exemple  :  qui&a  pour  quieta;  ponctuation  irré- 
gulière. 


1 

Ego  Robertus  de  Harecort,  omnibus  amicis  et  here- 
dibus,  balliuis  et  hominibus  meis  salutem.  Notum  sic 
uniuersis  présentions  et  futuris,  quod  ego  Robertu3 
dedi  monachis  et  abbatie  sancte  Marie  de  Noa,  conce- 
dentibus  filiis  raeis  Ricardo,  Johanne  et  Araaurico  de 
Harecort...  Testibus  Rogero  de  Angouilla.  Galtero  de 
braio.  Gaufrido  dimendona.  Hugone  de  garde.  Magistro 
Euroino.  Actum  Anno  gratie  millesimo  centesimo  nona- 
geûtesimo  secundo. 

2 

HUGO  DEI  GRATIA  ROTHOMAGENSIS  ARCHI- 
EPISCOPUS,  KARISSIMIS  SVIS  HELDEFRO  Abbati 
ET  CONUENTUI  SANCTJE  MARIEE  DE  LIRA  in  per- 

petuum Actum  est  hoc  Rothomagi,  Anno  ab  Jncar- 

natione  domini  Millesimo  Centesimo  quadragesimo  quinto. 
Régnante  Rege  Francorum  Lvdovico.  Sit  pax  domini 
nostri  Jhesu  Christi. 

3 

Anno  ab  incarnatione  DOMINI  millesimo  centisimo 
uicesimo  primo.  Willelmus  malet  dédit  deo  et  SANCTiE 
MARLE  becci  conteuillam  ita  quietam  et  integram  sicut 
eam  tenuerat  ipse  et  antecessores  eius,  et  hoc  pro  sainte 
anime  sue  et  omnium  parentum  suorum.  Et  ego  HEN- 


82  PALEOGRAPHIE 


RICVS  DEI  gratia  rex  anglorum,  hoc   donum  concedo 
pro  salute  animas  mese  et  uxoris  meas  et  omnium  ante- 
cessorum  meorum  et  signo  sigilloque  meo  confirme 
Henricu*  rex.  Adelica  regina. 

+  + 

Willelmus  epi3Copus  Wintonie. 

+ 

liogerus  episcopus  Salesberie. 

+ 

Ranulfus  cancellarius.  Drogo  de  Munccio. 

+  + 

Walterus  filius  Ricardi.  Hugo  de  Gornaco. 

+  + 

Cornes  Mellenti  Gualeramus. 

+ 

Rodbertus  cornes  leecestrensis. 

+ 


ÉCRITURE  DU    XIe    SIÈCLE 

Caractère  très  bien  formé;  l'écriture  allongée  et 
serrée  qui  se  trouve  employée  dans  les  invocations, 
les  souscriptions  et  l'apposition  des  dates  des  char- 
tes et  des  diplômes  n'est  autre  que  des  minuscules 
grandies  et  serrées  les  unes  contre  les  autres,  au 
nombre  desquelles  on  remarque  quelques  majus- 
cules; moins  d'abréviations  que  dans  le  siècle  pré- 
cédent; e  avec  cédille  pour  œ,  œ;  &  pour  et  dans 
les  mots. 


TROISIÈME   PARTIE  83 

Exemple  :  decr&Lum.  Le  point  fait  souvent  la  fonc- 
tion de  virgule. 


1 

IN  NOMINE  SANCTE  ET  IND1VIDVAE  TRINITA- 
TIS,  PHILIPPVS  DEI  GRATIA  FRANCORVM  REX, 
PRESENTIBVS  ET  FVTVRIS  IN  PERPETVVM, 
QVONIAM  VNIVERSIS  IN  ORBE  REGIBVS  QVIBVS 
OMNIPOTENS  CREATOR  HVMANAM  REM  PUBLI- 
CAM  REGENDAM  DISTR1BVIT  propositum  constat  in 
commune  iustitiam  colère,  recta  judicare  populisque  sub- 
ditis.  Ut  igitur  hoc  decretum  a  nobis  promulgatum  ple- 
niorem  obtineat  uigorem ,  nostra  manu  subter  apposito 
signo  roborauimus  atque  fidelibus  nostris  presentibus  ro- 
borandum  tradidimus,  nostreque  imaginis  sigillo  insuper 
assignari  iussimus. 

(PHYLIPPVS)1. 

PETRVS  REGIAE  DIGNITATIS  CANCELLARIVS 
RELEGIT  ET  SIGILLAVIT. 

SIGNUM  PHILIPPI  INCLITI  ET  SERENISSIMI  + 
FRANCORUM  REGIS. DATA  KALENDAS  AUGVSTI. 
(MLXVIII.) 


1  Traduction  du  monogramme,  sorte  de  chiffre  composé,  dont 
toutes  ou  les  principales  lettres  d'un  nom  sont  ordinairement 
disposées  en  forme  de  croix,  avec  ou  sans  losange  au  centre; 
dans  les  diplômes,  les  chartes  et  les  bulles,  le  monogramme  est 
d'autant  plus  aisé  à  interpréter  qu'il  est  le  chiffre  du  personnage 
au  nom  duquel  l'un  de  ces  titres  est  dressé. 


84  PALEOGRAPHIE 


....  Ego  RAOULFUS pro  spe  salutis  oeternsc, 

monasterio  SANCTiE  CRUCIS  sub  presentia  domni 
ODILONIS  eiusdem  loci  abbatis,  Siluam  quandam  iu 
monte  qui  est  super  uillam  quse  CALLIACYS  dioitur 
sitarn,  quiM  crasso  uallo  interiacente 

SIGNVM  GVILLELMI  REGIS  ANGLORVM  +  SI- 
GNVM  REGINE  MAHILDIS  +  SIGNUM  RADULFI 
DE  CONCHIS  +  SIGNVM  GISLEBERTI  EPISCOPI 
EBROCENSIS  +. 


IV 


RÈGLES  PARTICULIÈRES  DE  CRITIQUE  CONCERNANT  LA 
MATIÈRE,  L'ENCRE  ET  l' ÉCRITURE  DES  DIPLOMES, 
DES   CHARTES   ET   DES    MANUSCRITS1. 

4 .  Les  plus  anciens  actes  conservés  jusqu'à  pre- 
ssent sont  sur  le  marbre,  le  bronze  et  en  papier 
d'Egypte. 


Ces  règles  de  critique,  empruntées  aux  savants  travaux  des 
diplomatistes  bénédictins,  nous  ont  paru  d'une  trop  grande  uti- 
lité pour  n'être  pas  répétées  ici.  Elles  compléteront  les  notions 
de  paléographie  que  nous  avons  exposées,  et  concourront  avec 
celles  que  nous  avons  résumées  ci-après  à  faire  reconnaître  l'âge 
et  l'authenticité  des  matériaux  manuscrits,  quand  on  se  trouvera 
embarrassé  sur  l'une  ou  l'autre  de  ces  questions. 


TROISIÈME  PARTIE  85 

2.  On  ne  connaît  point  de  diplôme  en  parchemin 
antérieur  au  vie  siècle. 

3.  Une  charte  latine,  en  papier  d'Egypte  ou  d'é- 
corce,  postérieure  au  xni°  siècle,  pourrait  être  décla- 
rée fausse,  au  commencement  du  xme  très-suspecte , 
pendant  le  cours  du  xiic,  le  soupçon  serait  légitime  ; 
avant  ce  siècle,  il  perdrait  toute  sa  force. 

4.  Une  charte  de  papier  de  coton  antérieure  au 
ixe  siècle  serait  suspecte  à  juste  titre  :  plus  récente, 
le  soupçon  n'aurait  pas  de  fondement  par  rapport 
à  une  pièce  grecque. 

5.  Tout  diplôme  de  papier  de  coton  expédié  en 
France,  surtout  dans  les  provinces  septentrionales, 
aussi  bien  que  dans  les  royaumes  du  Nord,  excepté 
la  Russie,  serait  suspect;  mais  à  peine  le  serait-il 
dans  les  pays  qui  étaient  en  commerce  avec  les  Grecs, 
et  point  du  tout  en  Grèce,  et  même  en  Italie,  de- 
puis le  xc  siècle. 

6.  Les  soupçons  qu'on  pourrait  former  contre  un 
acte  de  quelque  importance  sur  du  papier  de  chiffes 
depuis  le  commencement  du  xnie  siècle  seraient 
nuls;  durant  le  xnc,  très-forts;  auparavant,  ils 
iraient  jusqu'à  conviction  de  faux. 

7.  Le  papier  et  le  parchemin  timbrés  furent 
établis  en  Espagne  et  en  Hollande  l'an  1555;  à 


86  PALEOGRAPHIE 

...         t ___ 

Bruxelles,  en  1668  au  plus  tard,   et  en  France 
Tan  4  673. 

8.  D'anciens  titres  en  parchemin,  après  cinq  et 
six  cents  ans,  et  même  davantage,  peuvent  se  trou- 
ver et  se  trouvent,  en  effet,  presque  aussi  blancs  et 
aussi  propres  que  s'ils  étaient  récents. 

9.  La  couleur  enfumée  du  parchemin  est  un  ar- 
gument fort  incertain  pour  ou  contre  l'antiquité 
des  chartes. 

4  0.  Le  vélin  des  manuscrits  et  des  diplômes,  jus- 
qu'au déclin  du  xie  siècle,  est  blanc  et  très  fin, 
en  sorte  que  le  plus  fin  dénote  la  plus  grande 
antiquité. 

41.  Depuis  Tan  4  000  jusqu'à  l'an  4400,  le  par- 
chemin est  plus  épais  et  d'un  blanc  sale.  Depuis 
cette  dernière  époque,  ses  feuilles  sont  d'une  épais- 
seur excessive. 

42.  L'encre,  avec  toutes  ses  teintes  et  ses  cou- 
leurs, n'est  pas  d'une  grande  ressource  pour  la 
vérification  des  manuscrits  et  des  chartes. 

43.  Juger  de  l'âge  de  ces  monuments  selon  que 
l'encre  est  plus  noire,  plus  vive  et  plus  lustrée, 
c'est  s'exposer  à  de  grandes  méprises. 

4  4.  L'encre  d'or,  le  rouge  et  le  cinabre  dans  les 
diplômes  ne  les  rendent  point  suspects. 


TROISIÈME   PARTIE  87 

45.  Il  est  très  peu  de  manuscrits  postérieurs 
au  vie  siècle  qui  soient  totalement  écrits  en  lettres 
capitales. 

46.  Au  xic,  on  trouve  quelques  chartes  entières 
en  ce  caractère. 

17.  Le  vne  siècle  fournit  plusieurs  diplômes  écrits 
en  lettres  majuscules  onciales. 

4  8.  Celte  écriture  paraît  dans  un  grand  nombre 
de  manuscrits  depuis  le  ivc  siècle  jusqu'au  ixe  inclu- 
sivement. 

4  9.  La  demi-onciale  employée  dans  les  manuscrits 
descend  à  peine  jusqu'au  xie  siècle. 

20.  Les  lignes  entières  écrites  sans  distinction 
de  mots  caractérisent  les  manuscrits  antérieurs  à 
Charlemagne  et  les  diplômes  plus  anciens  que 
Pépin  le  Bref. 

21  L'écriture  minuscule  en  usage  chez  les 
Romains,  et  depuis  chez  les  peuples  barbares  qui 
démembrèrent  l'empire,  fut  renouvelée  sous  Char- 
lemagne. 

22.  Des  diplômes  écrits  en  ce  caractère  aux  vme 
et  ixe  siècles  et  les  suivants  ne  doivent  point  être 
suspects. 

23.  Des  diplômes  dont  toute  ou  seulement  une 
partie  de  l'écriture  est  en  lettres  majuscules  ou  en 


88  PALEOGRAPHIE 


petit-romain  non  lié  ne  doivent  pas  être  suspectés 
du  côté  du  caractère. 

24.  Dès  les  premiers  temps  l'écriture  cursive 
romaine  fut  en  usage  et  donna  naissance  aux 
écritures  nationales  du  même  genre. 

25.  La  cursive  franco-gallique  ou  mérovingienne, 
plus  compliquée  et  plus  obscure  que  la  romaine, 
fut  celle  des  diplômes  de  tous  nos  rois  de  la  pre- 
mière race. 

26.  Elle  va  toujours  en  se  rapprochant  de  la 
minuscule  romaine  non  liée,  depuis  la  fin  du 
vmf  siècle  jusqu'au  commencement  du  xne. 

27.  Des  notes  de  Tiron  dans  les  diplômes  des 
première  et  deuxième  races  de  nos  rois  et  dans 
ceux  des  premiers  empereurs  d'Allemagne  seraient 
des  caractères  favorables. 

28.  La  suscription  ou  première  ligne  d'un  diplôme 
des  rois  de  France  de  la  première  ou  deuxième 
race,  ou  des  premiers  empereurs  d'Allemagne,  ne 
le  rendrait  pas  suspecte  pour  n'être  pas  écrite  en 
lettres  hautes  et  allongées. 

29.  Quelques  restes  de  caractère  mérovingien  ou 
carolin  rendraient  fort  suspects  des  diplômes  posté- 
rieurs au  commencement  du  xne  siècle. 

30.  Les  manuscrits  et  les  chartes  des  ixe  et 


Alphabets 


^G 


»C«o. 


0? 


Qi  33b.O<t&£ 

«■.t^.tfc.ixioe  d  Sk^VcVcv.-ccew.w.^.tf. 

ce  ch  ch.  ce  cr  et  de  de.  eA.  er  er.cn.  er.  es.  et. 
fafv.  1<  jr  Uke.  U.  er  pr  S$.  ff  >  W >> 
jl.  &>.    fr    «r    £r      er     »-     V     y£         ^   ^ 


Vtntl  «A.  ^ Ji    ^LN  *?   7<i  .<■*  dV   67    ûJjj/ 
^W«.C  «W  "^"V»,  .  nul  Al  7     yyf  if^f  <(  f^M  4* 

f £  CSw{.  6e  fétide  Ar.-u  <ZM  <*>f>l\  r\«>  l"'iffib 


Ecriture  duXV.e  Siècle. Exercices. 


Abréviations. 


t*h<Kvp  àjitmaù- 
i\^pfiQapjia>tca 
AtÇnPàpjrjent 
(\\Jc\nif  au.  ternie 
i\vCuv\K  nulieiucn 

leijfeaa.. 
eÇiU .         lien,       , 


JjWCîJftV  v«fycw&&$vv  ta\.&Wvov>  \vwt  Cm  C<v§>  6vn>vwc  ,SvVy»VVt  iVWKW  C»  rt  W 
(Sevvr  fljeïowSk"  viovvfc  <wfl\*  fctïU)  wvww  &w  tvww  ■«•  &tt  -mot  <V%v\ot  Gvw*0ikm<(! 

wvw^  o./Kvvf»'  «^v^wbtvW  <\<<nvrt»7vwé' funf  jx>\4«>  &.\v  mit  ymvo |V/feiJ(ât- 


acre 
a  cause- 


CfUalifil 
centre  ■ 


vVWtV  cempdreir 
ï>^  dimteul- 


ut  cote 
demandeur 


e<->W  jîvvtiJêV^  ^t©njW<^/^é^^ 
â\v&pi<j^<vwccfcjviHotmix^e>»Ut9^M-<^^  . 


^jfK>w  dejipefitïen 
pvv'tf.    d'un  heut'. 

i<-vx)  deiuenier 
<Q*\Ytjptr.d'unt 

*wo/lf{    enaiUrc 
eyvjl  ■  tnfuieanl 

*M$    en  tir 


ffà     *J'""U 
CjtpÂZcJjje'etal 
d»p  .      cxùutvire 
CY^X^LvI'O'rdt  - 
&/)         faire.. 

'  fai/oeU  , 

fat?      grâce 
M>aZ  général 

^ryAi^,  haMan.'. 

ffcé.    hoirs. 
\tyv4)  iiape'trmt- 
tfytëilTtshacrift 

\yy&iW)  "ifor/ng, 
A-ff    iientA 
*fe)C     lialeruUv. 
Ç&&.  l*rcf 

&&  l<U,e>- 

YMfwîv».  mmuen. 
|  wvcmj.  meiutiel 


oVCi 


\\X$i.  ncbnll'l- 
\>\\Çjfi>Ju'jaMiL 

■c^jx^l.  e/yw/Um 
.iVmm  erdenne- 

y&tApLfictu* 

>>t  '  parici/fc- 

jÇiJlrt.  relation  ' 
tnïy  referma 


/jumdemerti 


JL,iUvc«.  VK$'\*fr 


y  eenfenaiU 
cemmunaute 


qhit.     eetUre-. 

eftÇf.      ccnitietv 

qvwr    amincnt 

CtVWfW  evmprïnr.    *fiyv*Q 


V  jieur  l>rç  Ex. 
\ycfj.  /ireehain. ■ 
VCwè.  /irecureai 


juif  t. 
■  J!!!'"uf 


R  jieur  Sei:  S% 
jfô***  fergens. 

'QifWf  terme- 
CïfP.    entré- 

•xilqn'ii'IaSiflUhUj- 


TROISIÈME   PARTIE  89 

xe  siècles  offrent  beaucoup  de  vestiges  delacursive 
mérovingienne. 

31.  Au  xiic  siècle,  l'écriture  wisigothique  ou 
gothique  ancienne  cessa  d'être  d'un  usage  commun 
chez  les  Espagnols. 

32.  Au  même  siècle,  le  caractère  lombardique 
dans  les  diplômes  d'Italie  ne  serait  pas  un  moyen 
du  suspicion. 

33.  L'Angleterre  abandonna  l'écriture  saxonne 
et  employa  la  française  dans  les  chartes  et  les 
livres  sous  le  règne  de  Guillaume  le  Conquérant. 

34.  Depuis  le  xne  siècle,  plus  récriture  approche 
du  xvi%  plus  elle  dépérit  et  devient  difficile  à  lire. 

35.  Le  nouveau  caractère  gothique  paraît  dans 
les  manuscrits  et  les  chartes  dès  rentrée  du 
xme  siècle. 

36.  Dans  ce  même  siècle,  plus  qu'en  aucun  autre, 
l'écriture  de  la  chancellerie  varie  selon  la  diversité 
des  notaires  ou  secrétaires. 

37.  Dans  les  chartes  du  xme  siècle,  cinquante 
ans  peuvent  opérer,  par  rapport  aux  écritures,  le 
même  effet  qu'un  ou  deux  cents  ans  dans  celles  des 
autres  siècles. 

38.  Les  abréviations,  devenant  plus  fréquentes 


90  PALEOGRAPHIE 

dans  les  manuscrits  et  les  chartes,  marquent  une 
moindre  antiquité  à  raison  de  leur  augmentation. 

39.  La  multitude  excessive  des  abréviations  ca- 
ractérise les  actes  et  les  manuscrits  des  xme,  xive  et 
xve  siècles. 

40.  Dans  les  manuscrites  de  six  à  sept  cents  ans, 
la  conjonction  &  se  trouve  souvent  marquée  par  une 
ligne  courbe  ou  horizontale  entre  deux  points  *~> . 

41.  Les  diplômes  où  les  noms  propres  sont 
marqués  par  les  seules  lettres  initiales  ne  doivent 
point  pour  cela  devenir  suspects,  surtout  depuis  le 
ixe  siècle. 

42.  Dès  le  xe  siècle,  dans  les  diplômes,  on  com- 
mença à  mettre  des  accents  aigus  sur  des  deux  il 
de  suite,  pour  les  distinguer  de  Vu  :  cancellarii . 

43.  Les  manuscrits  et  les  diplômes  originaux  où 
les  points  sont  régulièrement  placés  sur  lesi  avant 
le  xive  siècle  doivent  passer  pour  suspects. 

44.  Les  accents  furent  en  usage  dans  récriture 
dès  le  temps  d'Auguste  et  dans  l'âge  d'or  de  la  lati- 
nité. 

45.  Le  mode  de  faire  entrer  la  conjonction  & 
dans  les  mots,  comme  dans  pSute,  cessa  dans  le 
xne  siècle. 

46.  On  ne  trouve  point  la  diphthongue  œ,  mais 


TROISIÈME    PARTIE  91 

un  simple  c,  dans  les  manuscrits  et  les  chartes  du 
xme  siècle  et  les  deux  suivants,  quoiqu'elle  paraisse 
souvent  sur  les  sceaux. 

47.  Plus  on  remonte  au  vne  siècle  et  plus  on 
trouve  de  barbarie  dans  les  figures  dont  les  manus- 
crits sont  ornés;  mais  leurs  lettres  historiées  et 
leurs  miniatures  commencèrent  au  xve  siècle  à  se 
réconcilier  avec  la  belle  nature. 

48.  Les  lettres  t  et  c  des  chartes  et  des  manu- 
scrits se  confondent  depuis  le  xm°  siècle  par  une 
trop  grande  ressemblance  de  leurs  figures;  c'est 
un  des  moyens  que  David  Gasley  proposa  pour 
juger  de  l'âge  des  écritures. 

49.  Après  le  commencement  du  même  siècle, 
les  figures  de  Yn  et  de  Vu  ne  furent  plus  ordi- 
nairement distinguées  l'une  de  l'autre;  mais  on 
mit  souvent  deux  accents  sur  Yu. 

50.  Ve  simple  est  fréquemment  mis  pour  la  diph- 
thongue  œ  dans  les  inscriptions  et  les  manuscrits 
les  plus  anciens.  Il  ne  faut  donc  pas  donner  pour 
règle  que  les  simples  e  caractérisent  les  monuments 
du  xn°  au  xinc  siècle. 


92  PALEOGRAPHIE 


RÈGLES  DE  CRITIQUE  PROPRES  A  DÉTERMINER  L'AGE  DES 
MANUSCRITS  NON  DATÉS  DU  XIe  AU  XVIe  SIÈCLE 

Il  est  peu  de  manuscrits  du  moyen  âge  qui  por- 
tent avec  eux  la  date  précise  de  leur  confection. 
Beaucoup  de  chartes  privées  des  xie,  xne  et  xme 
siècles  sont  également  dépourvues  de  date.  Ce  n'est 
que  par  une  grande  habitude  de  voir  et  de  compa- 
rer les  monuments  écrits  de  différents  siècles,  et  en 
tenant  compte  de  toutes  les  particularités  qui  les 
distinguent,  qu'on  parvient  à  déterminer,  sinon  la 
date  précise,  au  moins  l'âge  approximatif  d'un  ma- 
nuscrit ou  d'une  charte  non  datée. 

Pour  venir  en  aide,  autant  que  possible,  aux 
personnes  embarrassées  sur  ces  questions  de  dates, 
nous  rassemblons  ici  les  observations  éparses  des 
diplomatistes  relatives  aux  chartes  et  aux  manu- 
scrits du  xie  au  xvie  siècle. 

XI'    SIÈCLE 

Le  vélin  des  manuscrits  jusqu'au  déclin  du  xic 
siècle  est  blanc  et  très-fin. 


TROISIÈME   PARTIE  93 

Depuis  Tan  1000  jusqu'à  Tan  1400  le  parchemin 
est  plus  épais  et  d'un  blanc  sale. 

Le  papier  de  coton,  connu  des  Orientaux  dès  le 
ixe  siècle,  et  qui  se  distingue  du  papier  de  chiffes 
en  ce  qu'il  est  plus  épais,  plus  lisse  et  laisse  ordi- 
nairement paraître  dans  la  tranche  des  fils  de  coton, 
n'offre  point  d'actes  écrits  sur  cette  matière  anté- 
rieurement à  la  fin  du  xie  siècle. 

On  s'est  servi  dans  la  chancellerie  romaine  du 
papyrus  jusqu'au  milieu  du  xie  siècle. 

Les  lignes  horizontales  sur  lesquelles  s'appuie 
l'écriture  sont,  dans  ce  siècle,  tracées  au  crayon  de 
plomb  ou  d'argent  et  aussi  à  la  pointe  sèche. 

L'écriture  Caroline  est  encore  en  vigueur  dans  ce 
siècle. 

La  première  ligne  des  diplômes  et  des  chartes  est 
écrite  en  lettres  minuscules,  mais  allongées  d'un 
pouce  plus  ou  moins,  étroitement  serrées  et  souvent 
mêlées  de  capitales. 

La  conjonction  et  se  trouve  ainsi  marquée  dans 
la  plupart  des  manuscrits  de  cette  époque  (  -r  • 
ou  &).  Ce  dernier  entrant  dans  la  composition  des 
mots  comme  dans  p&ite. 

Deux  ii  de  suite  sont  distingués  de  Vu  par  des 
accents  ainsi  disposés  :  ii. 


94  PALEOGRAPHIE 

Quant  à  la  ponctuation,  voici  comme  elle  était 
généralement  pratiquée  dans  ce  siècle  : 

Le  point,  souvent  exprimé  par  un  point  et  vir- 
gule (;),  ou  par  une  sorte  de  5  (5)  ou  de  7,  ou  de 
virgule  avec  deux  points ("\. 

Le  point  seul  fait  souvent  la  fonction  de  virgule. 
Il  sert  encore  pour  les  deux  points  et  la  virgule. 

C'est  vers  le  milieu  de  ce  sièele  que  Guyd'Arezzo 
imagina  de  placer  les  neumes  ou  notes  musicales 
dans  un  système  de  ligne  dont  les  couleurs  alter- 
naient :  une  rouge,  jaune  ou  verte. 

C'est  aussi  vers  cette  époque  que  l'usage  des 
réclames  pour  distingueras  cahiers  d'un  manuscrit 
fut  adopté. 

Dans  ce  siècle,  les  abréviations  commencent  à 
devenir  plus  fréquentes. 


XIIe  SIÈCLE 

C'est  dans  ce  siècle  que  commence  la  gothique 
moderne. 

Beaucoup  d'abréviations  dans  l'écriture. 

La  lettre  JE  se  trouve  encore  ici  pour  rendre  la 
diphthongue  œ  ou  œ.  Comme  dans  le  siècle  précé- 


TROISIÈME   PARTIE  95 

dent,  cet  £  se  présente  accompagné  d'une  sorte  de 
cédille  ou  crochet. 

En  1100,  le  beau  caractère,  appelé  Ludovicieii, 
tend  à  la  perfection. 

Les  lettres  qui  ont  des  queues  en  dessus  ou  en 
dessous  de  l'écriture  sont  comme  tremblées. 

Les  lignes  qui  supportent  l'écriture  sont  tracées 
de  même  que  celles  du  siècle  précédent. 

La  ponctuation  n'a  encore  rien  de  fixé  dans  ce 
siècle.  Les  trois  points  l'un  sur  l'autre  (•),  ainsi 
que  ce  trait  (— ),  y  furent  en  usage  pour  séparer 
les  mots  les  uns  des  autres. 

Présence  de  l'alpha  et  de  l'oméga  dans  les  chartes 
et  les  signatures. 

La  notation  musicale  par  neumes  fut  constante 
dans  ce  siècle. 

XIIIe    SIÈCLE 

En  1200,  le  caractère  est  parfait  pour  la  forme. 
L'écriture  est  belle  et  bien  régulière. 

Le  nouveau  caractère  gothique  paraît  dans  les 
manuscrits  dès  l'entrée  de  ce  siècle. 

Ladiphthongueœouœs'exprimeaussiparesimple. 

Les  lettres  c  et  t  se  confondent  toujourSo 


96  PALÉOGRAPHIE 


C'est  dans  ce  siècle  qu'on  commence  à  rencon- 
trer l'usage  des  chiffres  arabes. 
Abréviations  en  très-grand  nombre. 

Les  mots  se  séparent  par  de  petits  traits  inclinés 
de  droite  à  gauche  (/). 

Les  accents,  devenus  très  communs,  n'affectent 
pas  seulement  les  deux  %%9  mais  même  Yi  isolé. 

Ponctuation  des  manuscrits  fort  négligée. 

Les  lignes  qui  servent  à  appuyer  l'écriture  ne 
sont  plus  tracées  qu'au  crayon  de  plomb  ou  d'ar- 
gent. 

Lettres  initiales  historiées  de  figures  d'hommes  ou 
d'animaux  pour  les  manuscrits. 

La  couleur  verte  pour  les  lettres  initiales  se  re- 
marque plus  particulièrement  dans  ce  siècle.  C'est 
môme  un  caractère  distinctif  pour  les  manuscrits 
des  xie,  xne  et  xni°  siècles. 

Ce  n'est  qu'à  partir  du  xmc  siècle  que  les  traités 
de  musique  et  la  liturgie  ecclésiastique  présentent 
des  notes  carrées  sur  quatre  ou  cinq  lignes. 

L'emploi  du  papier  de  coton  n'est  devenu  d'un 
usage  ordinaire  que  depuis  le  commencement  du 
xme  siècle. 

Le  papier  de  chiffes,  fabriqué  sans  doute  à  l'imi- 
tation du  papier  de  coton,  ne  remonte  pas  plus 


TROISIÈME  PARTIE  97 


haut  que  ce  siècle.  Le  plus  ancien  acte,  cité  par  les 
bénédictins,  écrit  sur  ce  papier,  est  une  charte  de 
l'an  1239. 

Malgré  la  découverte  de  ces  deux  papiers,  on 
continua  pendant  longtemps  encore  d'écrire  sur 
parchemin. 

XIVe   SIÈCLE 

L'écriture  de  cette  époque  dans  les  chartes  est 
nette  et  précise.  On  y  remarque  aussi  beaucoup 
d'abréviations. 

Les  points  remplacent  les  accents  sur  les  i. 
La  diphthongue  œ  ou  œ  continue  d'être  représentée 
par  Ye  simple,  et  le  c  et  le  t  se  confondent  encore. 

Dans  ce  siècle,  les  lignes  qui  supportent  l'écri- 
ture sont  encore  tracées  au  crayon  de  plomb  ou 
d'argent  ;  on  en  rencontre  aussi  qui  le  sont  à  l'encre 
rouge. 

Lettres  historiées  d'hommes  ou  d'animaux  comme 
au  siècle  précédent. 

L'usage  des  réclames  pour  distinguer  les  cahiers 
d'un  manuscrit  se  continue  aussi  dans  ce  siècle. 

Le  papier  de  chiffes,  quoique  connu  au  xme  siè- 
cle, ne  fut  d'un  usage  ordinaire  que  dans  le 
xivc  siècle. 


98  PALEOGRAPHIE 


XVe    SIÈCLE 

Depuis  1400,  les  feuilles  de  parchemin  sont  d'une 
épaisseur  excessive. 

Les  abréviations  sont  multipliées  plus  que  jamais. 

L'écriture  devient  plus  forte  et  plus  lourde.  Le  c 
et  le  t  tendent  toujours  à  se  confondre.  L'e  simple 
remplace  toujours  Yœ  ou  l'œ. 

Les  lettres  historiées  et  les  miniatures  des  ma- 
nuscrits commencent  à  montrer  plus  de  correction 
et  de  fini. 

Dans  ce  siècle,  le  point  placé  au  bas  de  la  ligne 
sert  pour  la  virgule,  au  milieu  pour  les  deux  points 
et  au  haut  pour  le  point.  Tel  fut  l'usage  des  plus 
habiles  écrivains. 

C'est  aussi  à  cette  époque  qu'on  commença  à 
mêler  des  chiffres  romains  avec  des  chiffres  arabes 
et  qu'on  raya  les  manuscrits  plus  souvent  à  l'encre 
rouge  qu'au  crayon  de  plomb  ou  d'argent. 

Dans  les  premières  années  de  ce  siècle  on  mar- 
qua les  dates  en  abrégé ,  mais  en  se  servant  des 
petites  lettres  romaines  appelées  chiffres  financiers 
comme  :  m.  cccc.  iv. 


TROISIÈME  PARTIE  99 


XVIe    SIÈCLE 

L'écriture  du  commencement  de  ce  siècle  et  de  la 
fin  du  xv°  est  la  plus  difficile  de  toutes,  quoique  la 
moins  éloignée  de  nous.  Les  abréviations  y  sont 
aussi  nombreuses  que  dans  le  siècle  précédent,  si 
elles  ne  le  sont  pas  davantage. 

Si  dans  ce  siècle  comme  dans  le  précédent  on 
omet  quelquefois  de  marquer  dans  les  dates  le 
millième  et  les  centièmes,  il  s'en  trouve  d'autres 
où  on  ne  voit  que  les  années  du  siècle  courant  pour 
abréger. 

Ce  n'est  que  dans  ce  siècle  que  les  chiffres  arabes 
ont  commencé  à  paraître  dans  les  diplômes  et  les 
chartes,  et  la  figure  de  ces  chiffres  n'est  devenue 
uniforme  en  France  que  depuis  la  dernière  moitié 
de  ce  siècle. 

La  réglure  des  manuscrits  est  à  l'encre  rouge. 

e  mis  pour  œ  ou  œ. 

Au  milieu  de  ce  siècle  les  points  ronds  sur  les  i 
remplacèrent  tout  à  fait  les  accents  qui  les  avaient 
précédés. 


t 


QUATRIEME   PARTIE 


DES  SCEAUX  ET  DE  LEURS  LÉGENDES 


On  peut   tirer  de  grands  secours  des   sceaux 
plus  que   de  tous  les  autres  monuments,  parce 
qu'ils  sont  attachés  à  des  actes  authentiques. 
Mknestrier,  Rech.  du  blason. 

La     sphragistique ,     ou     connaissance     des 
sceaux,   est   la  sœur  de  la  numismatique. 

MlLLIN. 


près  le  déchiffrement  des  chartes  vient 

nécessairement  l'examen  des  sceaux  qui 

y  sont  attachés;  car  tout  historien  qui 

consulte  les  chartes  et  néglige  les  sceaux 

fait  un  travail  incomplet. 

Mais,  pour  apprécier  toute  l'importance  de  ces 
documents  exacts,  il  faut  pouvoir  les  comprendre, 
et,  pour  les  comprendre,  il  faut  savoir  les  lire. 


102  PALEOGRAPHIE 


Les  difficultés  que  présente  la  lecture  des  ins- 
criptions sigillaires  ne  peuvent  être  surmontées 
que  par  des  connaissances  préliminaires  de  paléo- 
graphie. 

C'est  pour  obvier  à  ces  difficultés  que  nous  réu- 
nirons dans  cette  quatrième  partie  de  notre  mé- 
thode toutes  les  instructions  propres  à  faciliter  la 
lecture  des  inscriptions  contenues  dans  les  sceaux. 

Mais  avant  de  passer  à  la  paléographie  de  ces 
curieux  monuments,  qui  sont  pour  notre  histoire 
des  documents  aussi  précis,  aussi  instructifs  que 
les  monnaies  et  les  médailles,  nous  croyons  indis- 
pensable de  jeter  un  coup  d'œil  général  sur  la  sigil- 
lation  au  moyen  âge. 

Indiquer  la  nature  des  sceaux,  leur  origine,  leur 
objet,  leurs  différentes  attributions  et  toutes  les 
particularités  qui  les  distinguent,  c'est  préparer 
aux  difficultés  du  déchiffrement  et  aider  à  la  resti- 
tution épigraphique  de  ces  monuments  quand  ils 
sont  endommagés  par  les  siècles. 


QUATRIEME    PARTIE  103 


APERÇU  GÉNÉRAL 

On  entend  communément  par  sceau  l'instrument 
à  face  gravée  servant  à  faire  une  empreinte  sur  la 
cire  ou  quelque  autre  matière. 

Fixer  cette  empreinte  à  un  acte,  c'est  ce  qu'on 
appelle  sceller. 

Mais,  par  extension,  le  nom  de  l'instrument  est 
passé  aux  empreintes  elles-mêmes,  qui  furent  éga- 
lement appelées  sceaux. 

De  là  la  distinction  en  sceaux-matrices  et  en 
sceaux-empreintes. 

I 

DES    SCEAUX-MATRICES 

On  s'est  servi  au  moyen  âge  de  trois  sortes  d'ins- 
truments  à  sceller. 

Le  premier,  connu  dans  la  plus  haute  antiquité, 
est  l'anneau  sigilîaire  (annulus,  annulus  signatorius, 
sigiUaricius  ou  cerographus)  ;  il  se  composait,  comme 
nos  bagues  et  cachets,  d'une  pierre  plus  ou  moins 
précieuse,  gravée  en  creux  et  fixée  au  chaton  d'un 
anneau. 


104  PALEOGRAPHIE 


Les  diplômes  des  rois  de  France  des  1re,  2e  races 
et  quelques-uns  de  la  3e  portent  des  empreintes  de 
ces  anneaux  sigillaires.  Quelques  dignitaires  de 
l'Église  se  servirent  d'anneaux  jusqu'au  ixe  siècle. 

L'emploi  de  cette  sorte  de  sceaux,  qui  cessa  entiè- 
rement au  xie  siècle,  se  trouve  désigné  dans  les 
titres  par  les  expressions  de  :  annulo  signare,  annulo 
sigillare,  annuli  impressionne  signare,  etc. 

L'anneau  du  pêcheur  :  annulus  piscaîoris,  ainsi 
appelé  parce  qu'il  représente  saint  Pierre  dans  son 
premier  état,  était  un  sceau  annulaire  à  l'usage  des 
papes;  ils  s'en  servaient  pour  leurs  lettres  particu- 
lières. Ce  ne  fut  que  vers  le  xve  siècle  que  l'anneau 
du  pêcheur  fut  employé  à  sceller  les  bulles  ou 
brefs. 

Le  second  instrument  sigillaire  qui  vint  succéder 
aux  anneaux,  et  prendre  le  nom  de  sigillum ,  se 
composait  d'une  plaque  de  métal,  de  forme  ronde 
ou  ovale,  ayant  une  face  gravée  et  l'autre  garnie 
d'un  anneau  ou  d'une  poignée.  Nous  le  voyons 
apparaître  vers  le  xe  siècle  et  concourir  avec  les 
anneaux-cachets  à  la  validalion  des  actes  jusqu'au 
xic  siècle,  où  il  reste  seul  en  possession  de  sceller 
jusqu'aux  derniers  temps  du  moyen  âge. 

Ce  sceau-matrice,  qui  n'est  plus  circonscrit  dans 
l'étroit  chaton  d'une  bague,  se  prête  à  tous  les 


Alphabets 


Ecriture  du.  XVI  ?  Siècle.  Exercices. 


Abréviations. 


j.  » V .  V  6  G  .  c  «■  r  .9  9J9t>S  .  c  c  s"  C<*$i 

cJL     <-Ar      rv-er    cet     et-  et      dm      d/L   ei.     en.. 
,,-.      «  «       «,./    fi      ge.    ^     Aet      ù*   U~ 

#     Le    '\     lt      rn*     mu.       tue.      otv.    "y*/-,     r-j-, 

r*.  .yjt  (T.  fr.  M  .K  .'W    W  & 
t.a.  x,-3-  4.  f  f.fê.Tj.  sr  r.  9  9.0 

^*)  (t^'l^    àH/*l\^ dtnier.    tM       3  livret 


Tccjturô 


'C  Jpw^é 


A 


A«\,n5»?>£-' avtiC»  boysf  «rfcwm-eï?  £>w4-'cwm3m*vi>  -*t-' cvifwOtvr  pav  r\*t$ 

•vm>KV&c'R>vi'W^rt^it'  rtwl-  0ov^o>\i-vm*vi>-wJv)  c^'r' f cttytv)  V^f)    *«*ro 


i*C  D«wU  S 


MVCei.vw  avw  cCrAmU'p  LttvC^Vîrïorvt'  «rvco*rr«m* ?£ 


^«viTi  (-1-  ^^(Wrtwv^vlt  cv  C^    -m^"  flaorff*-  MMHt  c^-.c<y^*^J$)**n*tt*y£ 

^^^Wi>iWc«xUto  cm) 


G*J&?i:mîa*qe 
•t^yvfcÂ^pltrc. 
<£&V.ChM>eiîbi-. 
tf-tjvïéJS  e&artree, 

CO^.     comme. 
v» 

£ev&?M  decUnatùn 

&g/jtf*,uiBU-. 

VcntowV.  demour. 


\>r»r).  cUnrtéee 

rtn  tvC      gene'r/tL 

%&>\      h*rUa.iqe-. 
jxUÔÀivé  7u&U«n* 
X\of.      ko/ tune.. 
*M.     honnefle^ 

VlSjrJ'O.llriJfin^ 

\<0-V^l     JOUJCtA* 

V**     Jeur- 


jyvvo»i .  jiwiinoue . 
S^AJ    '/lorcnOre. 

wr  ut,. 

Or^v»W-r  ordinaire- 
yttie&~-/uv/irUaf. 

*Ki7.  TCCfj/U, 

Vj      fervioe.. 
J>  .        faincit  . 
Sc<y.    fomme. 

(&vf .  foùcanU. 

Sr        Jieure. 

fUfy./ufi&u> 

iowtyj    itrwiioi} 
VveP    vwoïïite. 
Ç&Jëvvj    Vùvnié, 

•to^pyyte'cIirefLUiv 


3l<s/*uwt>ew&tUi«4  afivwùui^ 

Stfîlafe  corn,  conJSx. 

UriauuaJm  VU  Sx 

mirji'paJ'.perJh. 

fàf'cfndaiiipn^ 

«oW^V» 

~pi»vU  ftarloul. 

ÇyttJJ.  cenlmmii. 

hirmùteaJcn  txf£% 

■*>ï**'jjcrfrnne. 

A/Cfntre.' 

a yWVV^  commit 

mis  pour  pro  Bit . 

mvCMXJtr/Kurtxr 

«*w*fV  promifh 

Q/Çj  * 

— 1 — 

nus-poarpre .  Kx. 

ÇC^{  ■   e6  calera.. 

^..AÔ^.AAr 

^(rd/uy/t*. 

m 


QUATRIÈME   PARTIE  105 

développements  qu'exigent  les  figures  et  les  inscrip- 
tions dont  il  doit  fournir  l'empreinte.  Aussi  il  croît 
tellement  en  faveur  qu'au  xmc  siècle  il  est  en  usage 
dans  tous  les  rangs  de  la  société.  On  verra  plus 
loin  les  types  nombreux  et  variés  qu'il  a  produits  ; 
ce  sont  eux  surtout  qui  seront  l'objet  de  notre 
examen. 

Les  chartes  qui  appartiennent  à  cette  période  por- 
tent les  formules  :  sigilli  impressione  communiri 
feci,  sigillo  confirrnavi,  sigilli  appositions  robo- 
raviy  sigillum  apponere  fecimus,  sigilli  munimine 
roboravi,  etc. 

Le  troisième  sceau-matrice  est  le  coin  bullaire, 
gravé  et  disposé  comme  le  coin  des  monnaies.  Il 
servait  à  frapper  les  sceaux  métalliques,  nommés 
bulles;  tels  sont  ceux  d'or,  d'argent,  d'étain  ou  de 
plomb,  dont  quelques  souverains  et  chefs  de  l'Église 
jugeaient  à  propos  de  fortifier  certains  actes. 

La  plupart  des  édits  des  empereurs  romains 
étaient  ainsi  scellés. 

Les  papes,  au  moyen  âge,  ont  particulièrement 
fait  usage  du  coin  bullaire  pour  sceller  en  plomb 
leurs  rescrits. 

Ce  mode  de  sceller  se  reconnaît  dans  les  actes 
aux  expressions  de  :  subter  plumbum  sigillari  feci- 
miis,  présentes  bullà  aureâ  nostrâ  roboratas,  bullœ 


100  PALÉOGRAPHIE 

nostrœ  plumbeœ  munimine  roborari  fecimus,  bullis 
nostris  insigniri  jussimus,  etc.,  etc. 

II 

DES   SCEAUX-EMPREINTES 
§  1er.  DÉNOMINATIONS 

Les  sceaux,  considérés  comme  empreintes,  ont 
entre  eux  diverses  dénominations  qui  tiennent  aux 
attributions  qu'ils  ont  reçues  de  l'usage.  Il  importe 
de  les  connaître,  ainsi  : 

Sigillum,  scel,  sceau,  anciennement  seel,  sael, 
terme  générique,  désigne  toute  empreinte  de  sceau. 
Ce  n'est  que  vers  le  xc  siècle  qu'il  servit  à  exprimer 
l'instrument  à  sceller.  «  Le  mot  sigillum,  disent 
les  BB.,  est  surtout  commun  sur  les  sceaux  des 
évoques  et  des  grands  seigneurs  dès  le  milieu  du 
xne  siècle.  Au  lieu  de  sigillum  on  trouve  signum, 
impressio  et  subscriptio  sigilli  sur  quelques  sceaux 
des  comtes  et  des  églises  :  c'est  qu'alors  les  sceaux 
tenaient  lieu  de  signature.  » 

Sigillum  magnum,    sigillum  parvum 

indiquent  le  grand  et  le  petit  sceau  dont,  suivant 
l'importance  des  actes,  se  servaient  les  souverains, 
les  grands  feudataires,  les  évêques,  les  commu- 


QUATRIÈME    PARTIE  107 

nautés,  les  tribunaux,  les  villes,  les  églises  cathé- 
drales, etc.,  etc. 

Grossum  sigillum  est  le  grand  sceau ,  le 
sceau  public,  le  sceau  authentique  et  le  sceau  pen- 
dant. 

Subsigillum  était  un  sous-sceau,  un  sceau 
secret  suspendu  et  fixé  au-dessous  du  grand  sceau. 

Sigillum  majestatis,  sceau  de  majesté.  Il 
représentait  l'empereur  ou  le  prince  assis  sur  un 
trône  et  revêtu  des  insignes  de  la  souveraineté. 
Henri  Ier,  roi  de  France,  est  le  premier  qui  s'en 
soit  servi. 

Contrasigillum ,  contrasignetum,  par- 

vum  signetum.  C'est  le  contre-scel  ou  l'em- 
preinte faite  au  revers  du  sceau  principal.  Ce  con- 
tre-scel peut  être  d'une  grandeur  égale  au  sceau 
principal;  mais  on  rencontrera  plus  communé- 
ment des  contre-scels  plus  petits  que  le  sceau  der- 
rière lequel  ils  sont  fixés. 

Les  contre-sceaux,  comme  les  sceaux,  contien- 
nent aussi  des  figures,  des  emblèmes  et  des  armoi- 
ries; quelques-uns  sont  sans  légendes.  Leur  usage 
ne  date  que  du  xie  siècle  en  France. 

Sigillum  secreti,  sigillum  minus,  se- 
cretum,  secretum  meum  sont  autant  de 
légendes  du  contre-scel. 


108  PALEOGRAPHIE 


Bulla  désigne  en  général  un  sceau  de  métal  à 
double  empreinte,  et  spécialement  le  sceau  de 
plomb  attaché  aux  rescrits  des  papes,  d'où  ces  res- 
crits  ont  pris  le  nom  de  bulles.  Les  sceaux  de  cire 
ont  été  quelquefois  appelés  bulles;  les  bulles  frap- 
pées des  deux  côtés  s'appellent  bulles  entières  ou 
simplement  bulles,,  et  celles  qui  n'ont  qu'une  em- 
preinte demi-bulles. 

Plumbum  est  un  sceau  de  plomb  ;  c'est  l'équi- 
valent de  bulla  plumbea. 

Sceau  commun.  Il  était  distingué  en  ordi- 
naire et  en  extraordinaire  :  le  sceau  commun  ordi- 
naire était  celui  d'une  ville,  d'une  communauté, 
etc.;  l'extraordinaire,  celui  d'un  concile,  d'une  as- 
semblée, fait  à  l'occasion  pour  tenir  lieu  de  tous  les 
sceaux  des  membres  présents  à  ces  réunions. 

Le  sceau  commun  était  encore,  selon  les  conti- 
nuateurs de  du  Cange,  le  sceau  secret,  le  petit  sceau, 
le  sceau  médiocre  ou  moyen,  le  signet  et  le  contre- 
sceL 

Signet  (signetum).  C'était  un  petit  sceau, 
un  cachet  et  quelquefois  un  sceau  secret  qui  n'a 
été  en  vogue  qu'aux  xiv©  et  xve  siècles. 

Coins,  enseignes.  C'est  ainsi  qu'on  appelait 
les  sceaux  en  français  dans  les  xme  et  xive  siècles  : 


QUATRIÈME  PARTIE  109 

«  Coigné  des  coins  don  seignor.  »   (Beaumanoir, 
chap.  200.) 

Burlettes ,  bulettes ,  sceaux  publics  dans  le 
pays  Messin;  d'où  est  venu  burîetter  pour  dire 
sceller. 

Scel  authentique,  dans  les  bas  siècles,  dé- 
signe les  sceaux  seigneuriaux  confiés  à  des  tabel- 
lions. 

Sceaux  royaux,  ceux  qui  portent  les  armes 
de  France ,  excepté  le  grand  sceau  représentant  le 
roi  revêtu  des  insignes  du  pouvoir. 

Grand  sceau  dauphin,  celui  qui  était  ré- 
servé à  sceller  les  expéditions  concernant  la  pro- 
vince du  Dauphiné. 

Petit  sceau,  celui  des  chanceliers,  des  parle- 
ments. Celui  des  présidiaux  est  plus  petit ,  et  celu[ 
des  justices  inférieures  l'est  encore  davantage. 

Sceau  pendant,  sigillum  pendens,  pen- 
sile,  employé  pour  les  actes  d'une  certaine  impor- 
tance qu'on  appelait  pour  cette  raison  chartes  pen- 
dans,  lettres  pendans,  dans  le  xive  siècle.  On  appelle 
aussi  sceaux  pendants  ceux  qui  sont  suspendus  aux 
chartes  par  des  attaches;  ils  n'ont  commencé  à 
être  d'usage  que  vers  le  xi«  siècle,  et  dès  le  vne 
pour  les  papes. 


110  PALEOGRAPHIE 


Sceaux  plaqués ,  en  placard.  Ce  sont  des 
empreintes  en  cire  fixées  sur  la  charte  même. 

Les  diverses  dénominations  du  sceau  étant  con- 
nues, voyons  son  usage  et  comment  il  se  modifie 
dans  son  emploi  suivant  les  temps,  les  personnes 
et  les  choses. 

§  2.  EMPLOI 

On  sait  que  les  empreintes  sigillaires  servaient  à 
donner  aux  anciens  actes  qui  en  sont  pourvus  un 
caractère  d'authenticité. 

Signatures.  Avant  que  les  sceaux  fussent  re- 
connus nécessaires  pour  donner  autorité  à  un  acte 
quelconque,  les  parties  intéressées  se  contentaient 
de  tracer  une  croix  (signum  crucis)  devant  leur 
nom  et  d'y  mentionner  un  nombre  de  témoins. 
Mais  au  xne  siècle  les  sceaux  suppléèrent  aux  seings 
ou  signatures  composées  d'une  simple  +  précédée 
du  mot  signum.  (Voir  au  bas  des  pi.  VI  et  VII.)  Ce 
ne  fut  qu'au  xvie  siècle  que  la  signature  en  toutes 
lettres  fut  exigée  pour  donner  aux  titres  la  sanction 
nécessaire. 

Sceaux  plaqués.  Les  plus  anciens  sceaux 
furent  d'abord  appliqués  pour  le  diplôme  ou  la 
charte  même,  d'où  leur  est  venue  la  dénomination 


QUATRIÈME    PARTIE  111 


de  sceaux  p laqués.  Ils  furent  spécialement  en  usage 
sous  les  rois  mérovingiens,  carlovingiens  et  les 
premiers  capétiens. 

Les  chartes  des  évêques  et  des  abbés  offrent  des 
sceaux  plaqués  jusqu'au  déclin  du  xii®  siècle.  Il  y  a 
aussi  des  sceaux  plaqués  entre  deux  papiers,  pen- 
dants ou  fixés  aux  titres  mêmes;  mais  cette  espèce 
de  sceaux  ne  date  que  du  xvie  siècle. 

Sceaux  pendants.  Ensuite  les  sceaux  ont 
été  suspendus  aux  titres  par  des  lemnisques,  atta- 
ches ou  lacs  de  soie,  de  fil,  de  ruban,  de  cuir,  de 
corde  ou  de  parchemin.  Cette  disposition  leur  a  fait 
donner  le  nom  de  sceaux  pendants  (sigillum  peu- 
dens,  pensile  ou  appensum)  :  Sigillo  subtus  pendenti 
confirmavi. 

Ce  ne  fut  guère  que  vers  la  fin  du  xne  siècle  que 
l'usage  des  sceaux  pendants  fut  régulièrement 
adopté. 

Attaches.  La  différence  des  attaches  désignait 
la  condition  des  personnes.  Les  fils  d'or  et  de  soie 
appartenaient  aux  souverains;  la  soie  diversement 
coloriée  et  tissée  servait  au  clergé  et  à  la  noblesse; 
les  tabellions  et  les  simples  particuliers  employaient 
le  parchemin.  Ce  ne  fut  qu'au  xvi«  siècle  qu'ils 
scellèrent  entre  deux  papiers  sur  le  titre. 

La  bande  du  parchemin  était  appelée  queue.  On 


112  PALEOGRAPHIE 


scellait  en  simple  queue  quand  la  bande  était  prise 
à  même  le  titre,  et  en  double  queue  lorsque  celle- 
ci  consistait  en  une  lanière  de  parchemin  traver- 
sant l'acte  dans  sa  partie  inférieure  pour  se  rejoin- 
dre aux  deux  extrémités  dans  la  cire  du  sceau. 
(Voir  la  pi.  IX,  6g.  4,  5,  9,  40,  12,  45,  pour  les 
queues  simples,  et  les  autres  nos  pour  les  doubles.) 

Forme.  La  forme  des  anciens  sceaux  est  extrê- 
mement variée.  Les  uns  sont  ronds,  ovales,  en  ogive, 
en  écusson,  et  ce  sont  les  plus  communs;  les  autres,, 
assez  rares,  sont  carrés,  triangulaires,  polygones, 
en  losange,  et  suivant  leur  grandeur  on  les  dis- 
tingue en  grands  et  en  petits  sceaux. 

La  forme  ronde  ou  orbiculaire  est  celle  qu'affec- 
tent plus  particulièrement  les  sceaux  royaux,  ceux 
des  ducs,  des  comtes,  des  chevaliers  et  des  seigneurs. 
Les  plus  anciens  sceaux  ecclésiastiques  sont  aussi 
orbiculaires,  ainsi  que  les  sceaux  de  villes. 

La  forme  ovale  et  en  ogive  se  trouve  employée 
généralement  par  les  évêqués,  les  abbés  et  abbesses, 
les  monastères,  les  chapitres,  les  officiaux,  et  dans 
l'ordre  civil  par  les  dames  et  les  universités. 

Matière.  La  matière  la  plus  ordinaire  des  em- 
preintes a  été  la  cire.  Les  empereurs  et  les  rois  se 
sont  souvent  servis  de  sceaux  d'or  pour  les  chartes 


QUATRIÈME   PARTIE  113 

importantes;  on  a  employé  aussi  l'argent,  le  plomb 
et  Tétain. 

Les  sceaux  de  plomb,  nommés  bulles,  étaient  spé- 
cialement attachés  aux  rescrits  des  papes;  leur  em- 
ploi est  très  ancien.  Des  évoques  et  quelques  souve- 
rains ont  aussi  fait  usage  des  sceaux  de  plomb. 

Tous  les  sceaux  métalliques  sont  des  sceaux  pen- 
dants. 

Couleur.  La  couleur  des  empreintes  de  cire  n'a 
pas  moins  varié  que  leur  forme  ;  on  compte  six 
couleurs  :  le  blanc,  le  jaune,  le  rouge,  le  vert,  le 
bleu,  le  noir  et  le  composé. 

Les  rois,  les  évêques,  les  abbés,  les  chapitres,  les 
monastères  et  les  seigneurs  se  servirent  plus  spé- 
cialement des  quatre  premières  couleurs. 

Les  papes  scellent  en  cire  rouge  quand  ils  se 
servent  de  l'anneau  du  pêcheur. 
Les  cardinaux  employaient  aussi  cette  couleur. 

Images,  symboles  des  sceaux.  Au  xiue 
siècle,  avons-nous  dit,  l'emploi  du  sceau  pour  au- 
thentiquer les  actes  devint  si  général  que,  indépen- 
damment des  sceaux  publics,  il  n'était  personne, 
quelle  que  fût  sa  condition,  qui  n'eût  son  sceau 
particulier. 

Ainsi  empereurs,  rois,    princes,  ducs,  comtes, 


8 


114  PALEOGRAPHIE 


marquis,  barons,  chevaliers,  écuyers,  varlets, 
damoiseaux,  châtelains,  baillis,  vicomtes,  papes, 
cardinaux,  évêques,  abbés,  doyens,  chanoines, 
prieurs,  clercs,  docteurs,  ordres  religieux  et  mi- 
litaires, communautés,  juridictions,  tabellions, 
magistrats,  officiers  publics,  simples  possesseurs 
de  terre,  artisans,  commerçants,  etc.,  etc.,  tous 
avaient  un  sceau  chargé  de  leurs  noms,  titres  et 
insignes. 

C'est  en  passant  en  revue  les  sceaux  groupés  ici 
par  espèce  avec  les  divers  attributs  dont  ils  se  dé- 
corent qu'on  apprendra  à  les  connaître  et  à  les  dis- 
tinguer les  uns  des  autres. 

Papes.  Les  sceaux  des  papes,  en  tant  que  bulles 
de  plomb,  sont  en  deux  faces.  D'un  côté  sont  les 
têtes  de  saint  Pierre  et  de  saint  Paul  en  regard, 
celle  de  saint  Pierre  à  droite,  celle  de  saint  Paul  à 
gauche,  une  croix  entre  deux.  Le  nom  de  ces  deux 
saints  se  lit  dans  les  abréviations  SPA  SPE  (sanctus 
Paulus,  sanctus  Petrus),  disposées  tantôt  en  ligne 
perpendiculaire,  tantôt  en  ligne  horizontale,  suivant 
les  sceaux.  De  l'autre  côté  est  le  nom  du  pape  avec 
le  nombre  ordinal. 

Cardinaux.  Les  sceaux  des  cardinaux  ressem- 
blent assez  à  ceux  des  autres  prélats;  ils  sont  tantôt 
ronds,  tantôt  ovales.  Les  images  des  saints  dont  ils 


QUATRIEME   PARTIE  115 

portent  les  titres  s'y  remarquèrent  d'abord,    et 
ensuite  leurs  armes  ou  quelques  autres  symboles. 
Les  cardinaux  scellent  en  cire  rouge. 

Évêques.  Les  anciens  sceaux  des  évèques  re- 
présentent ces  prélats  en  habits  sacerdotaux,  la 
mitre  en  tête  et  la  crosse  en  la  main  gauche,  la 
main  droite  levée  avec  deux  doigts  étendus  pour 
bénir;  ils  sont  parfois  accompagnés  de  leurs  écus- 
sons. 

Ilsconservèrentpendantuntempslaformeronde, 
mais  ils  ne  tardèrent  pas  à  prendre  la  forme  ovale 
et  même  celle  en  ogive. 

Les  évêques  eurent  au  xme  siècle  des  contre- 
sceaux. 

Abbés.  Les  abbés,  dans  les  anciens  sceaux,  sont 
généralement  représentés  crosses  et  mitres:  les  uns 
sont  assis  sur  la  chaise  abbatiale,  les  doigts  levés 
pour  bénir;  les  autres  debout,  la  tête  nue,  et  tenant 
de  la  main  gauche  un  livre  contre  la  poitrine,  et 
de  la  droite  une  crosse  tournée  en  dehors.  Forme 
ovale  et  ogivale. 

Abbesses.  Les  abbesses  sont  en  grand  habit  de 
chœur,  tenant  le  bâton  pastoral;  elles  sont  tantôt 
debout,  tantôt  assises.  On  voit  aussi  sur  leurs  sceaux 
les  images  des  patrons  de  leurs  églises.  La  forme 
de  leurs  sceaux  est  de  même  que  celle  des  abbés. 


110  PALEOGRAPHIE 


Prieurs.  Les  prieurs  et  les  autres  ecclésias- 
tiques dignitaires  sont  aussi  figurés  debout  ou  assis, 
avec  les  marques  de  leurs  dignités  dans  leurs 
sceaux,  ordinairement  oblongs. 

Souverains.  Les  sceaux  des  souverains  lés  re- 
présentent ou  assis  en  majesté,  vêtus  à  la  royale, 
d'une  tunique  ou  d'un  long  manteau  avec  la  cou- 
ronne en  tête  et  le  sceptre  en  main,  ou  armés  à 
cheval  en  qualité  de  ducs  ou  de  comtes.  Sceaux 
ronds. 

Les  fils  de  France  et  les  princes  du  sang  royal 
avaient  très  souvent  des  sceaux  équestres. 

Seigneurs.  Les  grands  seigneurs,  tels  que  les 
ducs,  les  comtes,  les  chevaliers,  se  montrent  à  che- 
val, avec  l'épée  au  poing,  ou  une  lance  garnie  d'une 
banderole,  ou  un  oiseau  sur  le  poing.  Leur  bouclier 
ou  leurs  vêtements  sont  ordinairement  couverts  de 
leurs  armoiries.  Grands  sceaux  ronds. 

Dames.  Les  dames  sont  représentées  le  plus 
souvent  debout,  vêtues  de  long  et  voilées  :  les  unes 
tiennent  une  fleur  de  lis  ou  quelque  autre  fleur,  les 
autres  un  oiseau;  elles  sont  quelquefois  figurées 
sous  un  dais  gothique  avec  des  armoiries  à  leurs 
côtés;  quelques-unes  sont  à  cheval,  l'oiseau  sur  le 
poing,  quelques  autres  sont  vêtues  d'une  robe  semée 
de  pièces  de  leurs  armes. 


QUATRIEME   PARTIE  117 

Ordres  religieux  et  militaires.  Les  Tem- 
pliers :  leur  sceau  représente  deux  cavaliers  montés 
sur  un  cheval,  comme  symbole  de  la  pauvreté. 

Celui  des  chevaliers  de  Saint-Jean-de-Jérusalem, 
et  plus  tard  de  Malte,  exprimait  la  charité  de  cet 
ordre  envers  les  pauvres  malades  rieurs  armes  étaient 
une  croix  blanche  pleine  en  champ  de  gueules. 

Le  sceau  de  l'ordre  de  Saint-Dominique  repré- 
sente ce  saint  personnage. 

Pour  les  frères  mineurs,  le  sceau  des  supérieurs 
généraux  de  cet  ordre  montre  saint  François  por- 
tant les  stygmates. 

Eglises,  etc.  Les  sceaux  des  communautés  se 
composent,  pour  les  églises  cathédrales  ou  collé- 
giales, les  chapitres,  les  congrégations,  etc.,  des 
images  de  Notre-Dame  et  des  saints  patrons  titu- 
laires de  ces  églises  et  communautés  ecclésiastiques. 
Plusieurs  abbayes,  plusieurs  collèges  et  plusieurs 
communautés  n'ont  pas  d'autres  sceaux  ni  d'autres 
armoiries  que  celles  de  leurs  fondateurs. 

Communautés  royales.  Les  chapitres,  les 
abbayes  et  les  communautés  qui  sont  de  fondation 
royale  portent  dans  leurs  sceaux  les  armoiries  de 
France;  parfois,  avec  la  crosse,  le  bâton  de  cha- 
pitre ou  l'image  de  leurs  saints  tutélaires. 


118  PALEOGRAPHIE 


Les  collèges  et  universités  ont  leurs  armoiries 
particulières:  l'université  de  Paris  porte  trois  fleurs 
de  lis  d'or,  un  livre  fermé  au  cœur  de  l'écu. 

Tous  les  anciens  parlements  de  France  scel- 
laient en  placard,  au  sceau  du  roi,  de  trois  fleurs 
de  lis. 

Les  présidiaux  et  sénéchaussées  de  même. 

Sceaux  des  villes.  Ils  représentent  des  figu- 
res faisant  allusion  au  nom,  à  l'étymologie,  au 
commerce  et  à  l'industrie  des  villes; leur  lettre  ini- 
tiale, les  images  ou  les  armes  des  princes  à  qui 
elles  sont  soumises  y  figurent  aussi.  On  y  voit  éga- 
lement des  portes,  des  ponts,  des  tours,  et  les  saints 
patrons  qu'elles  ont  adoptés. 

Tabellions,  Prévôtés,  Officiaux,  et  tous 
ceux  qui  avaient  droit  d'exercer  une  juridiction, 
représentèrent  dans  leurs  sceaux  des  tours,  des 
châteaux,  ou  les  armoiries  des  seigneurs  au  nom 
desquels  ils  exerçaient. 

Corporations,  Artisans,  etc.  Les  corps 
de  métiers  avaient  un  sceau  commun  représentant 
le  symbole  le  plus  significatif  de  la  profession.  Des 
artisans,  de  simples  particuliers,  de  petits  proprié- 
taires eurent  aussi  leurs  sceaux  propres  ;  chacun, 
pour  ces  sceaux  particuliers,  suivait  son  goût  et 


QUATRIÈME   PARTIE  119 

son  caprice.  On  faisait  graver  de  préférence  les  ins- 
truments et  les  symboles  de  sa  profession  ou  de  son 
art,  comme  parfois  un  rébus  ou  une  lettre  initiale 
en  rapport  avec  le  nom.  Des  personnes  de  la  plus 
vile  condition  avaient  des  sceaux  en  Normandie, 
dit  du  Cange  (tome  VI,  col.  494);  ces  sceaux  rotu- 
riers ne  sont  pas  les  moins  curieux  à  étudier. 

Pour  compléter  ces  courtes  instructions,  on 
pourra  consulter  : 

La  Nouvelle  Diplomatique  des  bénédictins;  le 
Dictionnaire  raisonné  de  diplomatique  de  dom  de 
Vaines;  la  Diplomatique  pratique  de  Lemoine;  les 
Éléments  de  paléographie  de  M.  de  Wailly  ;  le  Dic- 
tionnaire de  diplomatique  chrétienne  de  M.  l'abbé 
Migne,  les  bulletins  de  la  Société  de  sphragistique 
et  notre  Dictionnaire  de  sigillographie  pratique. 


III 

LÉGENDES  DÈS  SCEAUX 

§  l,r.    PALÉOGB1PHIE 

Les  sceaux,  considérés  dans  leurs  légendes,  sont 
de  curieux  monuments  de  paléographie.  De  même 
que  dans  les  inscriptions  des  monnaies  et  des  mar- 


120  PALEOGRAPHIE 


bres,  on  y  observe  une  écriture  qui  se  modifie  de 
siècle  en  siècle,  et  qui  demande,  pour  se  laisser 
pénétrer,  à  être  étudiée  dans  ses  divers  éléments, 
ses  abréviations,  son  orthographe,  et  dans  toutes 
les  irrégularités  que  le  caprice  ou  l'ignorance  y  ont 
introduites. 

Les  écritures  employées  dans  les  inscriptions 
sigillaires  sont  : 

4°  La  capitale  romaine,  dont  l'usage  s'est  con- 
servé jusqu'au  xnc  siècle,  où  elle  disparaît  dans  un 
mélange  de  lettres  onciales  et  de  caractères  gothi- 
ques ; 

2°  La  capitale  gothique,  qui  paraît  dans  le  cours 
du  xme  siècle; 

3°  Et  la  minuscule  gothique,  dans  les  sceaux  du 
xive  siècle. 

L'alphabet  que  nous  avons  donné,  planche  IX,  de 
toutes  les  lettres  employées  dans  les  inscriptions 
des  sceaux  montrera  les  différentes  formes  que  les 
lettres  capitales  ont  affectées  comme  onciales  ou 
comme  gothiques,  surtout  dans  les  caractères  arron- 
dis de  D,  E,  H,  K,  M,  N,  T,  V. 

Après  avoir  examiné  successivement  les  lettres  de 
même  valeur,  renfermées  entre  deux  points,  on 
s'attachera,  pour  éviter  toute  méprise,  à  distinguer 
le  rapprochement  de  forme   dans  les   lettres  de 


âlpliabets . 


3  Ot.Mi-vicu.Cw. 


J} 


J I  c  twLv6ctv£ecC 

a  Cvact-.6V(?V»cc*>ko^fi^H2>'v>*£' 
le  K .  V.  l  Lv  L.nv  -vtvrtv*  vv  vt  vr^/y 

^-"V^^i  tx.c*^.itvv.\t>J.thc.vVt.c5.t>S-rv,9. 

cV^j£ .  jv  jojn  ./*  «p-.gt.cjo. <$>.fyfr\>.Z  . 

etfxKtr  fe    fa   frfrfu--   gc*     gi     go    gr    he      lie.  le.  V£. 

c»n.c>Vvcn/.cO.^>5.i?vw.\rcî'  vnJ.-of.O-.îV.^.-yx^. 

««.    0,1.    or     os    pp.  pr      rï.    rc      rs .  rt fe.  le.tr.  ye te- 

v.  L.'l^.vj.é  . -]  .'f  .  o^  .  0  -. 
i  i^  .  vtj  wvj  »«,vV \>  S>j  Q»m  Viit    v*>  -^Pp— 

CVVy  lêoo  .  VVM .  S»      -M  .  %pao  -  vi  ''X-ç  VM    66Î . 


Ecriture   du  XVII?  Siècle  •  Exeroios^s. 


olKjl  JW  c?  w.Wv_  ks\S&y  \J\(sxxk\Si^  <w\\,<ÀOU'vJjv^fo\)v<>^r   — 


vVtOrvv-     ou— 


9'A^ArtOvvtiA.  -tJttJcvv^^cXvvovo  J&Jv5o\vv'c  i^vvsri  eve ^cvvOvvA.v^iwvao'' 
^/UylAî"    ^WttV)  ^CV\^V\J^i^^VVV^2'OVU7  cO-vc^A4^UA^n^v^aW 

VX  woiWtx^ck*v* y$$U'<\\  w*w  i^vttwcwc  S.viS^wi->-  &  hiVAtv^- 
v»ij(&'2^^*5rw>£»<-'*t  il'ox*tc  oc  ^JVwîkci*  àc  jCaSH&epr  j-arvec 
OC^-vVUC,  Avv^otv«&roc ît^o. Ci^rto^>c  *ovv\«^(3x^utXvvp  :  TU «cv 
vouc^cuwné.  cwwÂof  /x-  co>»va>^v'/^tv\icct>-^TVtv^cvvL^VivTw'î\r  ofc 

OttV^ViVVtCC^C  VOM^-rUVMjptTvtt^-plOVttwkvM.*  (VW  ViVowwfe      "ce 

vS^Jcrtc-  ^c^cHwVMn^tt\vOM>/^ccl<xx<rvvO- £<vc c*»- »*vtcv>v«vio<r    et    " 

wowv'o^  *3vtw  /r?+-  ci^  ^xMCWtc-J^vvvnoM*-V*  Mv*vp\Avta^c- •J*  Vu.*-" 
Ttt£v.cjvcw£o-,  Vvovvvt^tc.rr  wi^yxocruwvr-  co>vu^fv\*vow,  <v  K»> 


>w«s  ecvofc. 


ABréviation6. 


ttftna  ^i 

Cw.v«Xt 

VWMW.    ni       

CO  iVnaue 

Covv     Coiuetit 
COW.    l\v  Veiller 
Con.  ÛmtioUea,- 
CxmjwvvuxovA    . 
PCvi.v?  J. 'nuire 
t)ecWtcu?H/. 
C/ÊVW  ' dtmiaiant. 
/3vtfJ.     deiMti 

■O        Efetyw 

aCVt.  qeiural. 
A*Ot>    TurUier* 
hCYWV  ftciutcftes. 


£u$f     ladite 
CO1        /*£/  . 


X   Ufyueh. 


2 , 

1Yir   ;Vfayîr* 

Vvo  Ufilrf; 

iÏÏi?      rultf. 
■wjo        iimu. 

TpVi>Vi  fortement 
imitV  jirefence 

yvuf>-  pre/ens- 

p»vk*Wl'  piéfeJilan 
\&vyy pre/tlie. 

yxOiSuriïparivife. 

p. 

r> 

y  Pierre 

»     I     — 


pour 
jicta- 


yiXXXa  /Uirici/fe 
J>r\iet  lUe/inU/ 
paV    -parrtijj'e- 
Cruu)u.   q  ua  Me* 


v^ 


"3' 


<?    re.j,fi.è. 
Xt\3U>X>±  lelluiioti 
C.  Saùtt 

SeCVCiTjeere  latte 

ïàcr.        Jeiyncur 

\0WJTJ    louSfjiftt* 
l[3<|-wv    lejweuiy 

aU$Mh«,u„i 

UAklvm.Mainiit 
tcD     terre 
ri      éourttoc^. 
Vk?-.     v»t*e> 


a  vT.  fX-.      s  canes  reju-éfcMlatU  lo^oiy'iielieii.  et 
Ci      Ov      ligne  eiiipltii/è./iotzr  la-Uitniiuuse/uvis. 
Ex   K?cP  vous  w?  nous:  -pÇ/  plus      &)•'£$*• 
Tp  X>      letttes  macs /tour     par  ou  pei-  dans 
les  mots  Ex  :   Ih^'iK^uy^Ju/'^-ieurep-fit/iar/pe.. 
(R  fe  /«"^l1^  extt{a€2jfr<rifue{,  ouelùs 


QUATRIÈME   PARTIE  121 

valeur  différente,  car  dans  la  lecture  des  légendes 
on  est  porté  à  prendre  : 


7R  a 

pour 

m 

M 

B    b 

— 

e> 

DE  ou  ED 

a  c 

— 

ec 

E 

n  h 

— 

n 

N 

R     K 

— 

R 

R 

L'examen  des  caractères  alphabétiques  appren- 
dra donc  à  résoudre  toutes  les  difficultés  qui  tien- 
nent à  la  forme  étrange  de  certains  éléments 
comme  aux  différentes  tournures  que  prend  une 
seule  et  même  lettre. 

Lettres  conjointes  ou  monogramma- 
tiques.  Souvent  les  graveurs  en  lettres,  gênés 
par  l'espace,  liaient  ensemble  plusieurs  lettres  de 
manière  à  leur  faire  perdre  une  partie  d'elles- 
mêmes  et  par  là  resserrer  récriture.  Telles  sont 
les  conjonctions  les  plus  fréquentes  : 

ab    ap  ed    ar    en    et     lm     11      an    nt 
de  te 

nd      ph    et      ti      th        w 


122  PALEOGRAPHIE 


Dans  la  minuscule  gothique  les  conjonctions  les 
plus  ordidaires  sont  : 

ba,  be,  bo,  co,  da,  de,  do,  oc,  po.  (Voir  pi.  IX.) 

Les  lettres  conjointes  M  et  OE,  surmontées  d'un 
trait  horizontal,  ne  doivent  pas  être  prises  pour 
diphthongues,  mais  bien  pour  la  contraction  des 
syllabes  atione,  otione,  ame,  ane,  orne,  one. 

Lettres  enclavées.  Pour  ménager  encore 
l'espace,  les  graveurs  faisaient  entrer  des  lettres 
les  unes  dans  les  autres;  telles  sont  les  suivantes  : 

@-@<§l<&<K'Nr-  PW-GX-TK^ 

ci   ce  co    ei     hi     ni      si   no    qui      vs    w 
..    ..  oc    ie     . .     in      is  on     ..       us   .. 

Lettres  retournées.  Les  incriptions  sigil- 
laires  offrent  aussi  des  lettres  rendues  à  contre- 
sens, et,  dans  ce  cas,  on  peut  prendre  dans  les 
capitales  gothiques  : 

Q    C  retourné  pour  un  ))    D 
D     D 


F. 

F 

& 

G 

P 

P 

R 

R 

* 

Z 

a 

c 

* 

À 

•o 

D 

<i 

Q 

Si 

A 

s 

S 

QUATRIÈME    PARTIE  123 

Il  s'est  trouvé  des  légendes  entièrement  comp5- 
sées  de  lettres  retournées  ;  cette  disposition  vicieuse 
est  due  à  l'inadvertance  des  graveurs,  qui  oubliaient 
de  tracer  en  sens  inverse  les  caractères  de  la  légende 
afin  que  l'impression  du  sceau  les  rendît  à  droite 
sur  la  cire. 

Lettres  couchées.  Quand  les  graveurs  pré- 
voyaient que  la  légende  ne  pourrait  occuper  tout 
l'espace  réservé  pour  elle,  ils  renversaient  quelques 
lettres  pour  employer  plus  de  place. 

Les  lettres  C,  G,  S  et  l'R  gothique  en  forme  de 
2  étaient  celles  qu'ils  employaient  de  préférence. 
Dans  ce  cas  il  faut  éviter  de  prendre  le  cr»  couché 
pour  la  lettre  Q. 

Orthographe  et  style.  Une  orthographe 
vicieuse  tend  aussi  à  obscurcir  une  légende.  Ce 
que  nous  avons  dit  de  l'orthographe  des  chartes  et 
des  manuscrits  peut  très-bien  s'appliquer  aux  ins- 
criptions des  sceaux. 

Les  noms  de  personnes  et  de  lieux  s'y  trouvent 
surtout  défigurés  par  des  incorrections  de  tous  gen- 
res; tantôt  ce  sont  des  lettres  mises  les  unes  pour  les 
autres,  comme  dans  Dalfinus,  pour  Dalphinus  ; 
Adem,  pAdam  ;  Buissum,  pr  Buisson  ;Jahan,  Johan, 
pr  Jehan  ;  Johanne,  pJehanne;  Frasino,  pr  Fraxino; 
Dvpvnt,  pr  Dupont;  Willermi,  pr  Willelmi;  grant, 


124  PALEOGRAPHIE 


pr  grand;  Rikardi,  pr  Ricardi;  Kàtarina,  pr  Cata- 
rina;  etc.,  etc.;  tantôt  ce  sont  des  lettres  surabon- 
dantes ,  comme  dans  Agnnetis,  Harchidiaconi , 
Hanqvetil',  Hlvdovicvz,  Caapra,  Jehans,  Theszav- 
rarie,  etc.,  etc.,  mis  pour  Agnetis,  Archidiaconi, 
etc.,  etc. 

Ailleurs  les  mots  pèchent  par  l'omission  de  cer- 
taines lettres,  comme  ceux-ci  :  Cristiani,  FM, 
Camerari,  Peti,  Priorise,  Fil,  Seineur,  Monasteri, 
Oliveri,  Clerci,  Mahildis,  Domni,  Jérusalem,  au  lieu 
de  :  Christiani,  Filii,  Camerarii,  Pétri,  Priorisse, 
Fils,  Seigneur,  Monasterii,  Oliverii,  Clerici,  Ma- 
thildis,  Domini,  Hierusalem. 

Ailleurs  encore  l'orthographe  est  si  peu  observée 
que  les  mots  dégénèrent  en  barbarismes  :  Clerii  est 
mis  pour  Clerici;  Guillaimi,  pr  Guillelmi;  Amar- 
rici,  pr  Amalrici  ou  Amaurici;  Strampharum,  pr 
Stamparum;  Polinus,  yvPavlïnvs.  Quant  aux  solécis- 
mes,  tels  que  :  Sansoni  pour  Samsonis,  Archidiaco- 
nis  pr  Archidiaconi,  Pétris  pr  Pétri,  etc.,  ils  sont 
assez  fréquents  dans  les  inscriptions  sigillaires. 

Les  légendes  en  langue  vulgaire  offrent  encore 
des  mots  écrits  selon  les  patois  auxquels  ils  appar- 
tiennent. On  trouvera  Yvrey,  pour  Ivry;  Vicontey, 
pr  Vicomte;  Rogier,  pr  Roger;  Johan,  pr  Jehan, 
Jean  ;  Damiziel,  pr  Damoisel;  le  Sire  deu,  le  Sael 
dou,  pr  le  Sire  du,  le  Scel  du  ;  et  del,  pr  de  la  ou  du. 


QUATRIÈME   PARTIE  125 

Et  les  constructions  fréquentes  :  le  Seel  Johan, 
pour  le  Seel  de  Jean;  le  Fils  Robert,  p*  le  Fils  de 
Robert;  le  Seel  aux  causes  de,  etc.,  pP  le  seel  des 
causes,  etc. 

Et  si  Ton  ajoute  à  ces  diverses  incorrections  l'em- 
ploi habituel  de  : 

c    pour    t    et  vice  versa. 
>      —     J  — 

i         _        y  _ 

V        —        U  — 

e  —  ae  et  œ, 
et  l'absence  des  signes  orthographiques,  on  aura 
toutes  les  données  sur  l'orthographe  suivie  au 
moyen  âge,  et  on  ne  s'obstinera  pas  en  déchiffrant 
à  trouver  dans  les  mots  une  correction  que  l'usage 
ou  l'ignorance  leur  refusaient.    . 

Abréviations.  Toute  incription  circonscrite 
dans  un  petit  espace  et  qui  est  chargée  d'exprimer 
beaucoup  de  choses  en  peu  de  lettres  doit  nécessai- 
rement contenir  beaucoup  d'abréviations. 

Les  inscriptions  sigillaires,  surtout  les  légendes 
prolixes  des  sceaux  du  xme  siècle  et  des  suivants, 
ont  été  dans  cette  nécessité. 

Pour  se  rendre  maître  des  obstacles  que  les  abré- 
viations présentent,  il  faut  connaître  les  différents 
modes  d'abréviations  suivis  au  moyen  âge. 


126  PALEOGRAPHIE 


Les  graveurs  en  lettres  ayant  employé  les  mêmes 
procédés  que  les  scribes  et  les  copistes,  on  n'aura 
qu'à  se  reporter  à  la  deuxième  partie  de  notre  mé- 
thode, où  il  est  traité  amplement  des  différents 
modes  d'abréger  l'écriture. 

Signes  abréviatifs.  Bien  que  les  graveurs,  comme 
nous  l'avons  dit,  se  soumissent  aux  mêmes  règles 
d'abréviations  et  employassent  les  mêmes  signes 
que  les  copistes  de  manuscrits,  il  ne  sera  pas  moins 
indispensable  d'étudier  les  signes  abréviatifs  repré- 
sentés planche  IX.  On  saisira  mieux  la  physiono- 
mie que  prennent  quelques-uns  de  ces  signes  com- 
binés avec  l'écriture  capitale. 

Les  lettres  contre-signées,  avec  leur  valeur  géné- 
rale, qui  suivent  sur  le  même  tableau,  serviront  à 
expliquer  les  mots  ou  les  syllabes  qu'elles  abrègent; 
et,  pour  venir  en  aide  aux  commençants  et  les 
familiariser  autant  que  possible  avec  les  différentes 
formes  d'abréviations,  nousavonsréuni,  planche  IX, 
toutes  celles  qui  se  rencontrent  le  plus  habituelle- 
ment sur  les  sceaux. 

Sigles  simples.  Indépendamment  de  ce  qui  pré- 
cède, on  se  rappellera  que  les  graveurs  de  sceaux, 
comme  les  copistes,  employaient  aussi  les  sigles  ou 
lettres  uniques  pour  désigner  des  noms  propres,  un 


QUATRIÈME  PARTIE                          127 

titre, 

ou  des  mots  d'un  usage  fréquent  comme  les 

suivants  : 

B. 

pour  Beatœ,  Bernardus,  Benedictus,  etc. 

C. 

— 

Contrasigillum,  comitis,  canonici,  car- 
dinalis,  etc. 

D. 

— 

Dux,  de,  dominus,  domina,  etc. 

E. 

— 

Episcopus,  Edw ardus,  ecclesiae,  etc. 

F. 

— 

Francorum,  f rater,  fils,  filius,  etc. 

G. 

— • 

Gratiâ,  Guillelmus,  Gregorius,  etc. 

H. 

— 

Henricus,  hospitalis,  etc. 

1. 

— 

Iesus,  Johannes,  Jehan,  etc. 

L. 

— 

Ludovicus,  Léo,  licenciatus,  etc. 

M. 

—— 

Magister,  Maria,  miles,  marchio,  mar- 
tyris,  etc. 

N. 

— 

JSavarrœ,  notarius,  etc. 

0. 

— 

Officialisa  officialitas,  ordinis,  etc. 

P. 

— 

Paulus,  Petrus,  prior,  prœpositusf  pre- 
sbyter,  etc. 

R. 

— 

Rex,  regina,  Radulfus,  rector,  etc. 

S. 

__ 

Sigillum,  secretum,  signetum,  sanctus, 
seelt  Stephanus,  etc. 

V. 

— 

Vicecomes,  virginis,  etc. 

w. 

— 

Willelmus,  Wido,  etc. 

X. 

— 

Christus,  decem,  etc. 

Y. 

— 

Yvo,  etc. 

128  PALEOGRAPHIE 

Sigles  composés.  Ils  se  servaient  aussi  de  plu- 
sieurs sigles  pour  rendre  des  expressions  d'usage, 
comme  : 


BB. 

poui 

•  Beatorum. 

B.  M. 

— 

Beatœ  Mariœ. 

C.  S.  D. 

— 

Contrasigillum  de.. 

D.  G. 

— 

Dei  gratiâ. 

E.  R. 

— 

Ecclesise  romanœ. 

I.  B. 

— 

Johannes  Baptista. 

[.  X. 

— 

Jésus  Christus. 

0.  S.  D. 

— 

Ordinis  sancti  Benedicti. 

P.  P. 

— 

Papa. 

R.  E. 

-— 

Romanœ  ecclesiœ. 

R.  P.  D. 

— - 

Beverendissimi  patris  domini. 

S.  S. 

— 

Sanctorum,  serviens,subsigillum, 

sic 

jillumsecretum,  ou  sigillumsecreti. 

S.  c. 

— 

Sigillum  contra. 

S.  B. 

— 

Sancti  Benedicti. 

S.  M. 

— 

Sanctœ  Maride. 

S.  M.  E. 

— 

Sanctœ  matris  ecclesiœ. 

S.  P.  D. 

— 

Sigillum  Peiri  de.. 

S.  R.  E. 

— 

Sanctœ  romanœ  ecclesiœ. 

Monogrammes.  On  trouvera  parfois  inscrits  dans 
le  champ  d'un  sceau  une  lettre  isolée,  un  mono- 
gramme ;  l'un  et  l'autre  désignent  le  nom  de  la  per- 
sonne à  qui  appartient  le  sceau  :  ainsi,  sur  celui  de 


QUATRIÈME    PARTIE  129 

« 

Blanche,  femme  de  Philippe  de  Valois,  on  voit  des 
B  semés  tout  à  l'entour;  deux  P  se  remarquent 
sur  le  sceau  de  Pierre  d'Alençon.  Les  sceaux  des 
xivc  et  xve  siècles  offrent  souvent  de  ces  exemples. 

Les  sceaux  des  communes,  ceux  des  bourgeois 
et  de  quelques  petits  officiers  publics  renferment 
souvent  dans  leur  champ  la  lettre  initiale  de  leur 
nom. 

§  2.  FORMULES 

Connaître  les  formules  qu'affectent  les  légendes 
selon  la  spécialité  du  sceau,  c'est  encore  résoudre 
les  difficultés  qui  naissent  de  mots  trop  abrégé 
ou  qui  manquent  dans  Finscription  par  suite  de 
brisures  dans  la  cire  ou  de  foulage  sur  l'empreinte. 

Donc,  si  la  légende  qu'on  veut  déchiffrer  est 
endommagée  ou  d'une  lecture-  trop  difficile,  ou 
appartient  à  un  sceau  détaché  de  sa  charte,  on 
examinera,  par  les  quelques  mots  qu'on  aura  pu 
saisir,  si  elle  appartient  à  un  : 

SlGILLUM  ABBATIE  SANCTI  Ni.  OU  BEATE  N..  de.. 

—  ABBATIS  ET  ECCLESIE..   de.. 

ABBATIS  (N..)MONASTERII  OU  CŒNOBII  BEATE 
N..  OU  SANCTI  N..  de.. 

—  ABBATIS  (N..)  DEI  GRATIA  DE  SANCTO  N.. 

—  ABBATISSE  (N..)  DE  SANCTO  N.  de.. 


130  PALEOGRAPHIE 


SlGILLUM  AD  CAUSAS. 

—  archiepiscopi  (n..)  de.. 

—  ARCH1EPISCOPI  (N..  DEI  GRATIA)  de.. 

—  ARCHIDIACON1  (n..)  de.. 

—  ARCHIPRESBYTERI  (N..)  de.. 

—  ARMIGERÏ  (N..) 

—  BAILLIVIE  de.. 

—  BAILLIVIE  EPISCOPI  de. . 

—  CAMERAR1I  (N..)  de.. 

—  CAMERE  COMPUTORUM   (REGIUM)  de.. 

—  CANONICORUM  SANCTI  N..   de.. 

—  CAPELLANI  (N..)  de.. 

—  CAPELLE  SANCTE  N..  de.. 

—  CAPITULI  SANCTI  N..  OU  BEATE  MARIE  de.. 

—  CARDINAL1S  TITULI  SANCTI  N.. 

—  CARMELITARUM     DISCALCEATORUM    CONVEN- 

TUS  SANCTI  N.. 

—  civium  de.. 

—  clerici  (n..)  de.. 

—  CENOBII  SANCTI  OU  BEATI  N..  de.. 

—  comitis  (n..)  de.. 

—  comitisse  (N..)de.. 

—  COMMENDATOR1S  DOMUS  ORDINIS..  de.. 

—  COMMUNIE  de.. 

—  communionis  (civium)  de.. 

—  CONGREGATIONS  SANCTE  OU   BEATE  MARIE 

virginis  de.. 


QUATRIÈME    PARTIE  131 


SlGlLLUM  CONSULUM  de.. 

—  CONVENTUS  HOSPITALIS  HIERUSALEM. 

—  CONVENTUS    MONASTERII    BEATE    MARIE   OU 

sancti  n..  de.. 

—  CONVENTUS  FRATRUM..  de.. 

—  curie  de.. 

—  CURIE  ARCHID1ACONI  de.. 

—  CURIE  OFFICIALIS  de.. 

—  CUSTODIS  (N..)  CONVENTUS  HOSPITALIS  HIE- 

RUSALEM. 

—  curati  (n..)  beati  n..  de.. 

—  DOMICELLE  (N..)  de.. 
— -         DOMICELL1  (N..)  de.. 

—  domine  (n..)  de.. 

—  domini  (n..)  de.. 

—  DOCTORIS  (N..)  LEGUM. 

—  DOCTORUM  UTRIUSQUE  JURIS  UNIVERSITATIS 

de.. 

—  DECANATUS  de.. 

—  DOMUS   DEI    (N..,    PRIORIS  DE  MONASTERIO) 

de.. 

—  DECANATUS  AD  CAUSAS  de.. 

—  DOMUS  DEI  (CAPITULl)  de.. 

—  decani  (n..)  de.. 

—  ducis  (n..)  de.. 

—  ducisse  (n..)  de.. 

—  ecclesie  de.. 


132  PALEOGRAPHIE 


SlGILLUM  ECCLESIE  COLLEGIALIS  de. . 

—  ECCLESIE  BEATE  MARIE  de.. 

—  episcopi  (n..)  de.. 

—  episcopi  (n..  gratia  dei)  de.. 

—  episcopi  (n..)  ac  comitis  de.,  sacri  impe- 

RII  PRINCIPIS. 

—  FACULTATIS  JUR1S   de.. 

—  FACULTATIS   MEDICINE  de.. 

—  FACULTATIS  ARTIUM  de.. 

—  FACULTATIS  THÉOLOGIE  de.. 

—  filie  de  N..  (n..) 

—  FRATRUM  MINORUM  de.. 

—  HOSP1TALIS   SANCTI   IOANNIS    HIEROSOLIME. 
' —  INDULGENCIE  HOSPITALIS  IERUSALEM. 

—  iuratorum  (maioris  et)  de.. 

—  IUR1SDICTIONIS  ABBATIE  SANCTI  N..  de.. 

—  MAGISTRI  ET  CONVENTUS  HOSPITALIS  HIERU 

SALEM  (BULLA). 

—  MAGISTRI  N..  de..  CANON1CI. 

—  MAIORIS  ET  IURATORUM  de.. 

—  MAIORtede.. 

—  MARCHIONIS  {N..)  de.. 

—  MILITIS  (N..) 

—  MILITIS  CHRISTI  (N..) 

—  OBLIGAT10NUM  de.. 

—  OFFICIAL1S  CURIE  de.. 

—  ORDINIS  FRATRUM  PREDICATORUM  de.. 


QUATRIÈME    PARTIE  133 

SlGILIXM  P1TENCIARIE  de.. 

—  prepositi  (n..)  de.. 

—  PREPOSITURE  de.. 

—  PRESB1TERI  (N..)  de.. 

—  presulis  (n..)  de.. 

—  PRIORIE  OU  PRIORATUS  DE  SANCTO  N..  de.. 

—  PRIORIS  (n..)  domus  dei  de.. 

—  rectoris  (n..)  de.. 

—  rectoris  (n..)  collegii  de.. 

—  RELICTE   (N..)  de..  N.. 

—  REGIS  (n..)  de.. 

—  sacerdotis  (n..)  de.. 
scabinorum  (maioris  et)  de.. 

—  sacristie  (n..)  àbbatie  de.. 

—  scacarîi  de.. 

—  scutiferi  (n..) 

—  SENESCALL1  (N..)  de.. 

senescaixi  (curie)  de.. 

—  SODALITALIS  Be  Me  VIRGIN1S  de. . 

—  THESAURARIE  de.. 

—  vicecomitatus  de.. 

—  vicecomjtis  (n..)  de.. 

—  vickdominj  (n..)  de.. 

—  V1DUE  (N..)dô  N.. 

—  UNIVERSITATIS  de.. 
UNIVERS1TAT1S  CIVIUM  de.. 

—  rxoRis  (n..)  de  n.. 


134  PALEOGRAPHIE 

Et  si  la  légende  est  en  langue  vulgaire,  voir  si 
elle  n'appartiendrait  pas  à  un  : 

Sael  ou  seel  des  actes  de  iacqdes  n.. 

—  des  aydes  de  france. 

—  de  la  ba1llie  de.. 

—  dv  bailliaige  de.. 

—  de  n..  de..,  chevalier. 

—  de  la  chastellenie  de.. 

—  del  commvnal  de.. 

—  de  la  commvne  de.. 

—  de  damoiselle  n.. 

—  DE  N..,  DAMOISEL  OU  DEMIZ1EL  DE.. 

—  DE  LEVESQVE  DE.. 

—  DE  N..,  ESCVIER. 

DE  LA  IVR1SDICTION  DE.. 

—  DV  NOTAIRE  ROYAL  DE.. 

—  DES  OBLIGATIONS  DE  LA  V1CONTE  DE.. 

—  DV   PRÉSIDIAL   DE.. 
•—  DOV  SIRE  DE.. 

—  DE  LA  SENESCHAVSS1E  DE.. 

—  DV  TABELLIONNAIGE  DE.. 

—  DU  TABELLIONNAGE  ROYAL  DE.. 

—  DE  LA  VICONTE  DE..   (OU  LE  PETIT  SEEL). 

—  DV  VISCONTE  — -  OU  N..,  VISCONTE  DE.. 

Les  contre-sceaux  ont  aussi  des  légendes.  Quand 
elles  ne  sont  pas  la  suite  ou  la  répétition  de  la 


QUATRIÈME    PARTIE  135 

légende   du  sceau   principal   elles    se  formulent 
ainsi  : 

Annulare  sécrétion. 

Annuntio  sécréta. 

Contrasigillum. 

Contrasigillum  ballivie  episcopi  de.. 

Contrasigillum  de.. 

Contrasigillum  vicecomitatus  de.. 

Contrescel.de  la  viconté  de.. 

Contrasigillum  ad  causas. 

Contrasigillum  curie  de.. 

Contrasigillum  ad  obligationes  ou  obligationum 

de.. 
Clavis  sigilli. 
Custos  sigilli. 
Secretum. 
Secretum  est. 
Secretum  meum. 
Secretum  veri. 
Secretum  colas. 
Secretum  serva. 
Secreti  custos. 
Secreti  sepulcra. 
Sigillum  verum  ou  veri. 
Sigillum  minus. 
Sigillum  contrasigilli. 
Sigillum  veritatis. 


136  PALEOGRAPHIE 


Sigillum  secreti  mei. 

Signum  Bei  ri  ri. 

Sit  secretam. 

Sub  meo  scato  est  meum  secretum. 

Testimonium  vert. 

D'autres  légendes,  composées  uniquement  de 
versets  religieux,  se  trouvent  encore  sur  les  contre- 
sceaux  ;  plusieurs  d'entre  elles  ont  été  particuliè- 
rementemployéesparlesecclésiastiques.Tellessont: 

Agnus  Bei  miserere  mei. 

Ave  Maria  gratta  plena. 

Bonum  est  confitere  Domino. 

Deus  in  adjutorium  meum  intende. 

Deum  timeo  née  non. 

Beum  Urne. 

Fugite  partes  adverse. 

Mater  Bei  mémento  Bei. 

Mater  Bei  miserere  mei. 

Miserere  mei,  Bens. 

§  3.   OBSERVATIONS  COMPLÉMENTAIRES 

Quand  on  passera  au  déchiffrement  de  la  légende, 
on  se  rappellera  qu'elle  est  généralement  gravée 
autour  du  sceau  et  qu'elle  commence  presque  tou- 
jours par  une  étoile  ou  une  croix  pattée,  placée 


Alphabets 


J\\»  OA VLACuXùà . 


4^  .$  lj  .h  .$.£(  ,w.wm,H 

f.).Vt.W»i<l'.^jJA').  * 

i/tcuXon/C? 

t«-  ft  ti .  fcC. to.Vtt.  tt.  t>Vw .   4V  ut .    «*  . 


4^  Ecriture  delà  Chancellerie  Romaine  XVH^ÏVUTIiecle. 


"SSu)  Jva \icii{eA<)  aI^ui*  ^vcfsrih 


U*H 


HA- 


f  neyrsirtrt/i    In.  Canum  AnOSfnlùj. 


/ 


\ 


QUATRIÈME    PARTIE  U7 

ordinairement  à  la  partie  supérieure  de  l'em- 
preinte: car  il  est  quelques  légendes  qui  commen- 
cent par  le  bas  du  sceau. 

Dans  les  bulles  papales  on  trouve  des  légendes 
disposées  les  unes  dans  le  sens  horizontal,  les  autres 
dans  le  sens  vertical. 

Il  n'est  pas  rare  de  trouver  des  sceaux  sans  lé- 
gende. 

Quand  une  légende  était  trop  étendue  pour  trou- 
ver place  entière  dans  la  circonférence  du  sceau, 
elle  se  continuait  sur  le  contre-sceau. 

Les  légendes  sont  tantôt  en  latin,  tantôt  en  lan- 
gue vulgaire.  La  langue  latine  n'a  jamais  cessé 
d'être  employée  dans  les  sceaux.  La  langue  romane 
ou  vulgaire  ne  s'y  montre  pas  avant  le  xme  siècle. 
Dès  cette  époque  on  remarque  le  mélange  des  deux 
langues  dans  le  même  sceau  ;  exemple  :  +  S'  Gvil- 
lelrai  le  Conteor.  +  S'  Johannis  leBrvmen.  +S'Ri- 
cardi  le  Svor.  +  S'  Gvillelmi  dv  Bosco.  +  S' Johan- 
nis de  Chambere ,  domini  de  Blandé.+S'  Garneri  le 
Charon,  etc. 

Que  les  légendes  appartiennent  à  l'une  ou  à 
l'autre  de  ces  deux  langues,  le  style  en  est  parfois 
barbare  et  incorrect. 

On  a  déjà  vu  pour  l'orthographe  comment  les 
mots  y  sont  estropiés. 


1:^8  PALEOGRAPHIE 


Le  rapport  grammatical  n'y  est  pas  mieux  ob- 
servé; ainsi  on  trouvera  : 

+  S' Iohanne  domina  de  Caroges. — Domina  pour 
domine. 

+  S'  Galtervs  de  Esseyo.  —  Galtervs  au  lieu  de 
Galteri,  etc. 

Bien  qu'on  ait  semblé  dire  avec  raison  que  «  les 
légendes  des  sceaux  ne  présentent  pas  de  difficulté 
de  lecture  quand  on  possède  les  chartes  auxquelles 
les  sceaux  sont  attachés  »,  il  ne  faut  pas  s'attendre 
cependant  à  rencontrer  une  parfaite  concordance 
entre  les  indices  de  la  charte  et  la  légende  du  sceau. 
Beaucoup  de  sceaux  attachés  à  des  titres  latins  ont 
leurs  légendes  en  langue  vulgaire,  et  vice  versa. 

On  lit  dans  une  charte  :  ....  Ego  Rogerivs  de 
Nocvmento,  et  la  légende  du  sceau  donne  :S'  Royier 
de  Nvisement. 

Le  sceau  et  la  charte  emploient-ils  la  même  lan- 
gue, la  légende  n'en  est  pas  plus  d'accord  avec 
le  texte  du  titre. 

Une  charte  contiendra  :  Ego  Basilia  de  Glisoliisy 
et  sur  le  sceau  qui  est  bien  celui  désigné  (Sigillo 
munivi  meo),  on  trouvera:  S'  Basilie  de  Formovilld. 

Souvent  le  titre  donne  en  moins  ce  que  le  sceau 
contient  en  plus,  et  vice  versa . 

La  charte  indique  simplement  le  sigillateur  par  : 


QUATRIÈME    TARTIE  139 

Willelmus  dcLongo  Campo,  et  le  sceau  dit  :  S1  Wil- 
lelmi  Clerici  de  Longo  Campo. —  C'est  ainsi  que  les 
sceaux  viennent  ajouter  aux  renseignements  four- 
nis par  les  chartes. 

Les  noms  propres  diffèrent  souvent  de  la  charte 
au  sceau  quoique  écrits  dans  la  même  langue  ;  sur 
Tune  on  trouvera  :  Johannes  Malcion,  et  sur  l'au- 
tre :  +  S'  Johannis  Mavcivn,  —  ou  :  Ego  Richevdis 
sur  Tune,  et  sur  le  sceau:  +  S'  Ricoldis,  ou  :  Ego 
Robertvs  le  Lonc,  dira  la  charte,  et  :  +  SJ  Roberti 
Lelvnc,  dira  le  sceau. 

Quand  il  s'agit  d'un  sceau  d'emprunt,  la  charte 
fournit  presque  toujours  les  indications  propres  à 
son  interprétation,  h  peu  près  en  cette  forme  : 

Et  quia  sigillum  non  habebam  presens  scriptum 
sigillo  Johannis  tune  temporis  vicedecanl  roboravi; 
ou  :  Cum  sigillo  supra  dicti  Antonii  mariti  mei 
sigillavi;  ou  :  Je  Ferris  ï)ux  davant  nommez  use  dou 
sel  de  ma  mère  devant  nommée,  etc. 

Les  légendes  des  plus  anciens  sceaux  sont  très 
simples  et  se  composent  du  nom  propre  mis  au 
nominatif  ou  au  génitif.  Dans  ce  dernier  cas  on 
sous-entendait  bulla  ou  sigillum. 

Toute  légende  latine  commence  ordinairement 
par  le  mot  sigillum,  exprimé  en  abrégé  par  5',  si\ 
sig3,  sigï,  sigil\  sigilV,  sigillm,  et  la  légende  fran- 
çaise par  sael,  saiel,  seel, abrégés  souvent  pars'. 


140  PALEOGRAPHIE 


Beaucoup  de  sceaux,  au  xive  siècle  surtout,  com- 
mencent leur  légende  sans  le  mot  siglllum  ou  secl. 

11  y  a  des  légendes  qui  se  lisent  en  dehors,  c'est- 
à-dire  que  le  pied  de  la  lettre  est  vers  le  bord  au 
lieu  d'être  tourné  vers  le  centre  du  sceau. 

Les  grands  sceaux  des  rois,  des  ducs,  des  com- 
tes, des  prélats,  des  chevaliers  et  des  communautés 
ont  en  général  des  légendes  faciles  à  lire.  Les  mots 
y  sont  rendus  en  lettres  capitales  peu  chargées 
d'abréviations  et  séparées  par  des  points  ou  autres 
figures. 

Sur  plusieurs  sceaux  anciens  il  y  a  mélange  de 
l'alphabet  romain  et  de  l'alphabet  gothique  ;—  indis- 
tinction de  mots;  —  absence  de  signes  abréviatifs; 
—  noms  propres  souvent  représentés  par  des  sigles 
ou  lettres  uniques. 

Si  on  a  affaire  à  une  légende  dont  les  reliefs  ont 
disparu  sous  des  couches  de  poussière,  on  pourra 
sans  inconvénient  faire  usage  d'une  petite  brosse  à 
poils  très  doux  pour  dégager  la  poussière  qui  n'a 
pas  fait  corps  avec  la  cire.  Si  cette  première  opéra- 
tion ne  suffit  pas,  on  verse  sur  le  sceau  de  l'eau 
simple,  qu'on  laisse  séjourner  quelques  minutes, 
puis  on  frotte  légèrement  avec  la  brosse  et  l'em- 
preinte reprend  sa  netteté  primitive.  Quelques  per- 
sonnes emploient  Veau  seconde  pour  le  même  effet  ; 
quels  que  soient  les  moyens  dont  on  se  serve,  il  faut 


QUATRIÈME    PARTIE  141 


prendre  de  préférence  ceux  qui  ne  compromettent 
en  rien  l'existence  du  sceau. 

Si,  au  lieu  d'une  empreinte  en  cire,  il  s'agit  d'un 
sceau-matrice  dont  on  veut  posséder  lisiblement  la 
légende,  encrez  avec  un  tampon  à  cachet  ordi- 
naire imprégné  d'encre  rouge  la  surface  du  sceau 
d'une  manière  homogène,  ensuite  prenez  de  la  cire 
noire,  chauffez-la  et  retendez  sur  une  carte,  appli- 
quez-y immédiatement  votre  sceau-matrice  qui, 
relevé  un  instant  après,  laissera  apercevoir  en 
relief,  bien  détachées  en  noir  sur  un  fond  rouge, 
la  légende  et  les  figures  dont  il  est  chargé. 

§  4.  TRANSCRIPTION 

Dans  la  transcription  des  légendes  on  devra  s'at- 
tacher à  les  reproduire  fidèlement  dans  leur  langue 
et  leur  orthographe,  quelque  sorte  d'ineorrections 
qu'on  y  remarque. 

On  pourra,  d'ailleurs,  à  cet  égard,'suivre  les  prin- 
cipes que  nous  avons  établis  pour  la  transcription 
des  chartes  (page  69). 

Quant  à  la  forme  de  l'écriture,  si  on  peut  en 
donner  le  fac-similé,  avec  les  abréviations  et  tous 
les  accidents  qui  la  caractérisent,  ce  sera  ajouter 
un  intérêt  de  plus  à  la  transcription. 


14-2  PALEOGRAPHIE 


IV 

DESCRIPTION    DES   SCEAUX 

Quand  on  transcrit  une  charte,  un  titre  original 
et  que  des  sceaux  y  sont  attachés,  non-seulement 
il  faut  faire  mention  de  leur  présence,  mais  encore 
les  décrire  de  manière  à  les  faire  apprécier  dans 
leurs  moindres  détails. 

Dans  les  anciens  vidlmus  ou  copies  collationnées 
on  n'omettait  jamais  de  mentionner  et  de  décrire  les 
sceaux.  Les  cartulaires  qui  contiennent  la  copie  des 
titres  originaux  d'une  communauté  religieuse  indi- 
quent souvent  quels  étaient  les  sceaux  fixés  aux 
actes  dont  ils  n'ont  pu  conserver  que  la  teneur. 
C'est  ainsi  qu'à  la  suite  d'une  charte  transcrite  le 
copiste  ajoutait: 

«  Seelee  en  las  de  fil  ouvre  a  leschiquier  et  cire 
blanche,  dun  grant  seel  ou  est  figurey  un  homme 
darmes  a  cheval,  lespee  au  poing,  lescu  a  trois 
chevrons  pendu  a  son  col,  et  ou  contre  seel  pareil 
escu  et  armes  a  trois  chevrons,  le  tout  sain  et  entier 
en  seel  et  escripture.  »  (Sceau  de  Robert,  sire  d'ivry, 
4  278.) 

Dans  un  vidimus  de  14."i0  on  lit:  «Nous  avons 
veues  et  leues  mot  a  mot  unes  lettres  données  du 


QUATRIEME    PARTIE  143 

comte  Simon  dEvreux,  seellees  de  cire  vert  en 
double  queue  faicte  dune  couroye  de  cerf  ou  quel 
seel  esloit  apparans  en  lune  des  parties  du  seel  la 
figure  dun  homme  a  cheval  portant  par  apparance 
une  targe  et  une  lance  en  sa  main  et  en  lautre  par- 
tie dud  seel  (contre-sceau)  avoit  pareillement  en 
emprainture  la  figure  dun  autre  homme  a  cheval 
tenant  en  sa  main  et  a  sa  bouche  par  apparance  la 
figure  dun  cor  de  chace,  et  estoient  icelles  lettres 
saines  et  entières  en  seel  et  en  escripture.  »  (Sceau 
de  Simon,  comte  d'Evreux,  xne  siècle.) 

Ce  sont  de  semblables  descriptions  qui  nous  ont 
fourni  des  renseignements  héraldiques  sur  plusieurs 
familles  anciennes  dont  les  sceaux  ne  se  retrouvent 
plus.  Quand  il  s'agira  de  la  description  d'un  sceau, 
on  devra  donc  indiquer  : 

Si  le  sceau  est  plaqué  ou  pendant  ; 

Quelle  est  sa  matière  —  cire,  plomb,  or,  argent, 
etc.; 

Sa  forme  —  ronde,  ovale,  en  ogive,  en  écusson, 
octogone,  etc.,  grande  ou  petite  ; 

Sa  couleur  —  blanche,  jaune,  rouge,  verte,  bleue, 
noire  ; 

Son  attache  —  en  parchemin,  ruban  de  soie  ou 
de  fil,  de  telle  ou  telle  couleur,  en  corde,  cuir, 
cordonnet,  etc.,  en  simple  ou  double  queue; 


lit  PALÉOGRAPHIE 

Quels  sont  les  figures,  symboles,  emblèmes 
armoiries  gravées  sur  le  sceau  ; 

S'il  est  garni  d'un  contre-sceau  et  quel  il  est; 

Si  la  légende  est  en  lettres  capitales  romaines  ou 
en  capitales  gothiques,  ou  composée  des  unes  et 
des  autres,  ou  en  minuscules  gothiques  ; 

Si  le  sceau  est  plus  ou  moins  bien  conservé,  et 
enfin  signaler  toute  particularité  qui  peut  intéresser 
la  sphragistique. 


LECTURE    DES    LEGENDES   DES   SCEAUX 
DE    LA    PLANCHE    X 

\.  Sceau  de  plomb  ou  bulle  du  pape  Célestin  1  il 
(xme  siècle)  ;  capitales  gothiques: 

Sanctus  PAulus,  Sanctus  PEtrus.  —  Revers  : 
CELESTINUS  PaPa  III.  Forme  orbiculaire. 

2.  Sceau  ogival  du  prieuré  de  Saint-Nicolas  de 
Maupas  (xme  siècle)  : 

+  SIGIllvm  PRIORIE  DE  MALOPASsu  (d'après 
le  sceau-matrice  de  notre  collection).  Capitales  go- 
thiques. 


QUATRIEME   PARTIE  145 

3.  Sceau  orbiculaire  du  chapitre  de  l'abbaye  de 
Saint-Taurin  d'Évreux  (fin  duxnc  siècle)  : 

+  Sigillum CAPITvLl  :  SanCtl  : TAVR1NI :  EBROl- 
Gensis  :  EPiscopI  :  PRIMI  (d'après  le  sceau-type  de 
notre  collection).  Belle  écriture  capitale  romaine 
mêlée  d'E  en  caractère  oncial. 

4.  Sceau  elliptique  d'un  garde-scel  : 

Jehan  le  maire  (xive  siècle),  d'après  un  sceau  en 
cire.  Gothique  minuscule. 

5.  Sceau    secret,    ou    contre-scel    orbiculaire 

(xme  siècle)  : 

+  Sigillum  SEGRETI  (d'après  un  sceau  en  cire). 
Gapitale  gothique. 

6.  Sceau  ogival  de  Marie  d'A\iron  (xmc  siècle)  : 
+  Sigillum  MARIE  [de]  AVIRONE)  d'après  un 

sceau  en  cire).  Mélange  de  capit.  rom.  et  de  gothi- 
que onciale. 

7.  Sceau  ogival  de  l'officialité  de  Rouen  (xme  siè- 
cle) : 

+  SIGILLum  CVRie  [ro]  THOMAGENSIS  (d'après 
une  cire  originale).  Écriture  capitale  mixte.  Capit. 
rom.  et  goth. 

8.  Sceau  plaqué  de  tabellion  (fin  du  xvic  siècle)  : 

SCEAV  DV  TABELlionnage  Royal  DEVREVX. 
Capit.  rom. 


40 


146  PALEOGRAPHIE 


9.  +  ConTraSigillum  VICecomitatûâ  VerNOLll 
(d'après  l'original  en  cire).  Capit.  goth. 

10.  Sceau  personnel  d'un  lieutenant  de  bailli 
(xve  siècle)  : 

Pierre  Duval.  Minusc.  goth. 

14.  Contre-scel  de  labaillie  de  l'évèque  d'Évreux 

(xive  siècle)  : 

+  C[on]TRASigillum  BAILLIVIE  EPiscopI 
EBROlCensis. 

4  2.  Sceau  orbiculaire  de  la  commune  de  Nonan- 
court  (xive  siècle)  : 

Sigillum  MAIORIE  DE  NONNANCVRIÀ.  Ecrit, 
cap.  goth.  (d'après  une  empreinte  du  sceau-type 
en  argent). 

13.  Sceau  bourgeois  (xm°  siècle)  : 

+  Sigillum  WILLelMI  LENGLEIS  (d'après  l'ori- 
gin.  en  cire).  Capit.  goth. 

4  4.  Sceau   d'un   damoiseau,  forme  orbiculaire 

(xive  siècle)  : 

Seel   1EHAN    DE  LONGECOVR   DEM1ZIEL   DE 
BAILVES.    Au    centre,    écusson   pointu  traversé 
d'une  bande  (d'après  le  sceau-type  en  cuivre  de 
j  notre  collection).  Cap.  goth. 


QUATRIÈME    PARTIE  147 


45.  Sceau  de  clerc  (xmc  siècle),  forme  elliptique  : 

+  Sigillum  ROGERii  FOVQuer  CLerICI  (d'après 
une  cire  originale).  Signe  de  fantaisie  au  centre. 

16.  Sceau  orbiculaire  d'un  curé  de  Saint-Aignan- 
de-Blandey  (xve  siècle)  : 

Sigillum  JUDOGI  LEMAÏRE  CURATI  BEATI 
ANIANl  DE  BLANDEYO  (d'après  une  empreinte 
du  sceau-matrice  en  cuivre).  Minuscule  goth. 

Les  figures  marquées  A,  B,  C,  D  représentent 
des  mercs,  merques,  marques,  seings,  signes  ou 
seings  manuels  du  xvie  siècle  tracés  au  bas  de  quit- 
tances et  autres  actes  par  des  gens  ne  sachant  pas 
signer.  Ces  seings,  qui  représentent  les  instruments 
de  la  profession  de  ceux  qui  les  ont  tracés,  sont 
curieux  à  signaler  quand  il  s'en  trouve  au  bas  des 
actes. 

En  tête  de  la  planche  nous  avons  figuré  les  divers 
monogrammes  du  Christ  tels  qu'on  les  rencontre 
sur  les  sceaux  et  les  monnaies. 

Le  premier  représente  le  monogramme  du  Christ 
composé  de  la  lettre  P  traversée  d'une  barre  pour 
figurer  IX  Au  pied  se  trouve  V alpha  et  ïoméga 
([jrincipium  et  finis); 

Le  second,  le  monogramme  simple  de  Christus 
figuré  par  XP  agencés  l'un  sur  l'autre; 


118  PALEOGRAPHIE 


Le  troisième  est  celui  de  Ihesus  figuré  par  IHS; 

Et  le  quatrième  celui  de  Christus  figuré  par  les 
lettres  XPS. 


VI 


RÈGLES  GÉNÉRALES  ET  PARTICULIÈRES  DE  CRITIQUE 
CONCERNANT  LES  SCEAUX 


REGLES     GENERALES 


4.  Tout  sceau  d'une  forme  beaucoup  plus  récente 
que  la  date  du  diplôme  ne  le  comporte  doit  être 
mis  au  nombre  des  sceaux  supposés. 

t.  Un  diplôme  donné  par  un  de  nos  rois  de  la 
première  ou  seconde  race  et  scellé  avec  un  anneau 
représensant  la  tète  de  Bacchus,  de  Jupiter  ou  de 
quelque  autre  divinité  païenne,  ne  doit  pas  pour 
cela  devenir  suspect. 

3.  Les  images  des  sceaux  lorsqu'elles  s'éloignent 
trop  de  la  forme  de  celles  du  même  ordre  et  du 
même  temps,  et  lorsqu'elles  ont  trop  de  ressem- 


QUATRIÈME    PARTIE  149 


blance  avec  de  plus  récentes,  doivent  passer  pour 
suspectes. 

4.  On  ne  doit  pas  traiter  un  diplôme  de  faux 
parce  que  son  sceau  représente  un  prince,  un  évo- 
que, un  grand  seigneur  d'une  autre  manière  qu'on 
ne  le  trouve  dans  d'autres  sceaux,  ou  médailles, 
ou  monuments;  ou  parce  qu'il  ne  paraît  pas  res- 
semblant au  portrait  qu'en  aura  laissé  quelque 
auteur  contemporain. 

o.  On  doit  tenir  pour  suspect  un  sceau  dont  la 
cire  est  d'une  couleur  qui  n'était  pas  en  usage  au 
temps  du  diplôme  scellé. 

6.  Si  Ton  aperçoit  une  cire  onctueuse  et  tant  soit 
peu  ductile  mise  au  dos  d'un  ancien  sceau,  ce  serait 
une  preuve  qu'on  l'aurait  détachée  d'un  diplôme 
pour  la  faire  servir  à  un  autre. 

7.  La  transposition  d'un  sceau  d'une  charte  à  une 
autre  est  un  moyen  de  faux  légitime,  mais  dont  on 
peut  s'assurer  avec  un  peu  d'attention. 

8.  Si  l'on  trouve  un  sceau  de  cire  pendant  à  une 
charte  dans  le  temps  queFusage  de  suspendre  cette 
sorte  de  sceau  n'était  pas  encore  reçu,  ou  si  le 
sceau  est  appliqué  sur  la  charte  lorsque  l'usage 
d'appliquer  ainsi  la  -cire  était  aboli,  on  peut  assu- 
rer que  le  sceau  n'est  point  du  temps  dont  la  charte 
est  datée. 


J.r>0  PALEOGRAPHIE 


9.  Un  sceau  qui  se  trouverait  chargé  d'armoiries 
avant  le  xic  siècle  porterait  un  caractère  évident  de 
fausseté. 

4  0.  Si  la  légende  d'un  sceau  antique  est  aussi 
longue  et  dans  le  même  goût  que  celles  des  bas 
siècles,  si  l'on  y  trouve  un  nom  propre  qui  n'ait 
pas  encore  été  en  usage,  on  peut  avec  raison  dou- 
ter de  la  vérité  du  sceau. 

\  4 .  On  doit  tenir  pour  faux,  ou  du  moins  pour 
très  suspect,  un  ancien  sceau  dans  l'inscription  du- 
quel se  trouverait  une  formule  récente  ;  par  exemple, 
si  un  évêque  du  xic  siècle  s'y  disait  évêque  par  la 
grâce  de  Bleu  et  du  siège  apostolique,  le  sceau  serait 
visiblement  supposé. 

42.  Pour  juger  de  l'âge  des  sceaux,  il  faut  avoir 
égard  aux  lettres  employées  dans  leurs  légendes. 
Si  donc  Ton  remarquait  dans  un  sceau  du  xc  au 
xic  siècle  le  caractère  gothique  moderne,  on  ne 
balancerait  pas  à  juger  ce  sceau  des  bas  temps. 

4  3.  Nulle  copie  non  authentique  ne  porte  de 
sceau  sans  se  rendre  suspecte  de  quelque  mauvaise 
foi. 

4  4.  Beaucoup  de  chartes  véritables  et  authenti- 
ques ne  font  nulle  mention  des  anneaux  et  des 
sceaux  dont  elles  sont  scellées. 


QUATRIÈME    PARTIE  151 


15.  Les  sceaux  perdus,  brisés  et  détruits,  en 
tout  ou  en  partie,  soit  par  vétusté,  soit  par  quel- 
que accident,  ne  font  point  pour  cela  perdre  aux 
chartes  leur  autorité.  (Voyez  Digeste,  lib.  37,  tit.  II, 
les-  ifSHO 

16.  Des  sceaux  contrefaits  convainquent  les  piè- 
ces de  faux. 

17.  Le  défaut  de  sceaux  dans  les  anciens  titres, 
même  non  souscrits,  ne  suffit  par  pour  infirmer 
leur  autorité. 

18.  Avant  et  depuis  que  les  sceaux  furent  deve- 
nus communs  et  nécessaires,  ils  ne  suppléèrent  pas 
seulement  au  défaut  de  signatures,  mais  ils  tinrent 
encore  assez  souvent  lieu  de  témoins. 

19.  Des  chartes  antiques  munies  de  sceaux,  mais 
sans  dates  et  sans  signatures,  n'en  doivent  pas 
moins  être  tenues  pour  authentiques. 


RÈGLES  PARTICULIÈRES 


1 .  Les  évêques  se  servirent  d'anneaux  pour  scel- 
ler leurs  actes  et  leurs  lettres  jusqu'au  ixe  siècle; 
alors  ils  commencèrent  à  employer  des  sceaux  pro- 
pres ou  ceux  de  leurs  églises. 


l.V_>  PALEOGRAPHIE 

t.  Depuis  le  ix°  siècle  jusqu'au  xne,  le  mot  bulla 
fut  employé  de  temps  en  temps  pour  marquer  les 
sceaux  de  nos  rois,  de  quelques  grands  seigneurs 
et  surtout  des  prélats  et  des  chapitres.  Par  rapport 
à  ces  derniers  et  aux  princes  d'Allemagne,  cet 
usage  n'était  point  encore  passé  au  xme  et  au 
xiv°  siècle. 

3.  L'usage  de  sceaux  de  plomb  remonte  aux 
premiers  siècles  de  l'ère  chrétienne  et  descend  jus- 
qu'aux derniers. 

4.  Un  diplôme  de  la  première,  de  la  seconde  et 
des  commencements  de  la  troisième  race  de  nos 
rois,  scellé  en  cire  verte,  porterait  une  marque 
évidente  de  fausseté. 

5.  Les  sceaux  de  cire  jaune  ou  rouge  antérieurs 
au  xiie  siècle  rendraient  suspectes  les  chartes  qui 
les  porteraient. 

6.  Tous  les  rois  de  France  de  la  première  race, 
à  l'exception  de  Childéric,  père  de  Clovis  Ier,  et  de 
Childéric  III,  se  sont  servis  de  sceaux  ronds. 

7.  Tous  les  sceaux  de  la  seconde  race  de  nos  rois, 
excepté  ceux  de  Zuentebolde  et  de  Lothaire,  fils  de 
Louis  d'Outremer,  sont  de  figure  ovale. 

8.  Zuentebolde,  roi  d'Austrasie;'Lothaire,  pénul- 
tième roi  de  France  de  la  seconde  race; et  Hugues 


Caractères   alphabétiques. 


Sceaux 


-abréviations 


vl h  Mua  .o  o  o  ■oo.pp  e  . <m 

ua.b.c.ù.c.f.5.bi.feIin.n.o.P4r 
âj&f.l.uli.x.?.?.- te  Irto&fc  îd- 

Signes  abrévia  tifs. 
1»-^.  1^/199!^  Il  bC3-À!t  |  ^$tj| 

|B     '*      I«        J»  p!  pf  pï 

m.  1  er,  1  us     ur.  1  con.cun.  j  mm. 

rt.      re.    0$     lur     com,  cum.     ris. 

Leltresconlteâignees  avec  leur  valeur  gén! 

Â.  t  €.  B.F  6/fJ  fcrBftLft  Ô. 

«m..i£c/"ieu/nj  i/o-  i/êr  i^eo^^n^/-] drilunan  en  iem, 
mit-  \bre,  \con.  \  Je-\fre,\ qru\lia-ûkar\  ul~\nur\rtsn\  ori\ 

9.  p.  *.  #  ^.^: #  ft# ^  *. 

p*r.\pcx.  \por.\pos\outArit\  drjsir  \tre}vii-\uJv\.,..., 


7LBBJÇS.  .^*# 

BX-fci>.  balUviac* 
BER,  beate/foirùX' 
Bl .       béait/. 

BÔ2&.& 


ÔRH .  tfiifUcc 


<®r\'&.ûuMdnùJ    S>G&.SarulX. 


GWltfT    uù 


Çy~     Cornes,  Curùi. 


$c.    ConîraféjftUum>. 

tSPSlX.tapUuli. 
\-J%3}  CardU'tiaUs 
CWK.  Chevalier. 
ŒÙR.CUrUÙ 
CtNTS  «nft^glMH? 

cloït.  ^,^^ 

CLOSn.  Cemcr, 

CCOfÎLS 

QOTJS.o/z 


0VRr.    Curi&. 
&.&de>J>ucùtsii 
Si.    />**. 

DHQ .  doiium*. 
D0I .  donUni. 
Q.Q.Ql&eccleJùi> 
QP1 ,  epi/copù 
FRIS. />«//•«. 
G*T    CucUelrru^. 


V, 


'.Sancti 


SQ.08Ljit.>ui!cru»J. 


î°  Joluinnesjelum.  SdV>  Sevtiferù 

l<3$.  Te/uuu  SE#  sedis 

I©fa  Ichaiitic*  SG.  SigUltoru 

1QÏÏIS  U/uuous.  SGtysigOli 

l&iS.lotuauies.  $¥ -SigMu 
J&8IG.lT,ipt»'airu$l<f.  SigiUunV, 
1RES  Leitres. 

MKRT,>72^/Yii 

rruUs,miUzis 

^ORD7.  ordittiA 
iffPBRI  .presbyteri 


iqttW'QO'fy.priorùr. 
PP.  Papa* 


ÇTfàR&amUafem  PRBRÏ presbyteri,. 


¥&&P'-prepcsitur& 

ROB?  «<>*«*:. 
KûGyKcçeH. 

RQTtf.Jtrttoma'p. 

S-.j^  SigUUurv. 


SEA  .SaiictusPautus. 
5PE  .SanelusPetraS. 
8rfV.fyillj>an>um! 

TAB.  tabelfonnage: 

Vf    VUleUiu*^ 

XS.    Virginie 

V\WVueco»u1atûs 

TV?   WUUlmur. 

"WI.    WUUlml: 

\ï^t  W,Uel„U. 


9MVNH«W7/»tf/7« 
9f>.a>/i/rcwigd/umi 

ss 

pp 


ftmWTV 


QUATRIÈME   PARTIE  153 


Capet,  chef  de  la  troisième,  et  tous  ses  succes- 
seurs, à  l'exception  du  roi  Roberl,  ont  scellé  leurs 
diplômes  avec  des  sceaux  de  forme  ronde. 

9.  Le  premier  de  tous  les  sceaux  où  paraît  la 
formule  Dei  gratiâ  est  celui  de  Charles  le  Chauve, 
apposé  à  un  diplôme  de  l'an  839. 

4  0.  Au  xie  siècle  saint  Edouard,  roi  d'Angle- 
terre; Henri  II,  empereur  d'Allemagne,  et  Henri  Ier, 
roi  de  France,  furent  les  premiers  qui  se  firent 
représenter  sur  leurs  sceaux  assis  dans  des  trônes, 
à  la  manière  des  empereurs  de  Constantinople. 

44.  Louis  le  Jeune  est  le  premier  des  rois  de 
France  qui  se  soit  servi  de  fleurs  de  lis  au  contre- 
scel  de  ses  chartes.  C'est  donc  une  règle  certaine  que 
toutes  les  chartes  antérieures  à  ce  prince,  quand 
même  elles  seraient  scellées  de  sceaux  parsemés  de 
fleurs  de  lis,  doivent  être  réprouvées. 

42.  Louis  le  Jeune  est  incontestablement  le  pre- 
mier de  nos  rois  qui  ait  fait  usage  d'un  contre-scel, 
quoique  M.  Mabillon  en  fasse  honneur  à  Philippe- 
Auguste. 

4  3.  Des  sceaux  sur  lesquels  l'écu  de  France  est 
réduit  à  trois  fleurs  de  lis  longtemps  avant  le  roi 
Charles  VI  ne  doivent  point  pour  cela  être  suspects. 

44.  Les  ducs,  les  comtes  et  les  vicomtes  com- 


151  PALEOGRAPHIE 


mencèrent  à  avoir  des  sceaux  différents  des  anneaux 
lorsqu'ils  rendirent  leurs  dignités  héréditaires  au 
commencement  de  la  troisième  race  de  nos  rois. 

15.  On  ne  voit  des  armories  sur  ces  sceaux  qu'a- 
près le  milieu  du  xie  siècle,  et  les  chevaux  bardés 
n'y  paraissent  qu'au  xme. 

46.  Les  sceaux  de  la  noblesse  du  second  rang, 
encore  rares  après  le  commencement  du  xne  siècle, 
ne  devinrent  communs  et  nécessaires  en  France 
que  vers  l'an  1 150,  et  en  Allemagne  qu'au  xmc  siè- 
cle. 

17.  En  France,  les  plus  anciens  sceaux  publics 
des  villes  ne  sont  que  du  xne  çiècle. 

18.  Les  chartes-parties,  les  endentures  et  les 
cirographes  suppléèrent  aux  sceaux  dans  les  xie, 
xii°  et  xine  siècles. 

19.  Depuis  le  x°  siècle  jusqu'au  xive  inclusive- 
ment, nos  rois  n'ont  pas  fait  de  difficulté  d'apposer 
leurs  sceaux  aux  chartes  de  leurs  sujets. 

20.  Au  xe  siècle,  les  évêques  commencèrent  à 
faire  mettre  leurs  propres  images  sur  leurs  sceaux, 
à  l'exemple  des  rois. 

21.  Une  charte  scellée  au  x°  siècle  avec  le  sceau 
d'un  abbé  ne  doit  pas  être  suspecte  ;  elle  le  serait  à 


QUATRIEME   PARTIE  J55 

juste  titre  si  elle  était  scellée  du  sceau  d'un  curé 
avant  1200. 

22.  Les  sceaux  des  communautés  monastiques, 
rares  dans  le  xie  siècle,  devinrent  communs  au 
xne,  quoique  alors  plusieurs  monastères  n'en  eus- 
sent pas. 

23.  L'usage  des  contre-scels  remonte  au  xe  siècle 
et  au  xie  en  France  et  en  Angleterre. 

24.  Nul  roi  de  France  avant  Louis  VII  n'a  usé 
de  contre-scel  ;  nul  prélat  connu  n'en  a  fait  usage 
avant  Hugues  d'Amiens,  archevêque  de  Rouen  en 
1138. 

25.  On  ne  connaît  point  de  sceaux  véritables 
portant  des  armoiries  avant  le  xie  siècle. 

26.  Depuis  le  commencement  du  xie  siècle,  des 
sceaux  de  prélats  avec  des  armoiries  ne  rendraient 
point  suspectes  les  chartes  qui  en  auraient  été  scel- 
lées. 

27.  Dès  le  xe  siècle  les  prélats  se  servirent  quel- 
quefois des  sceaux  pendants.  L'usage  en  devint  fré- 
quent au  xie  parmi  eux. 

28.  Dès  les  commencements  de  ce  môme  siècle, 
Robert,  roi  de  France  et  Richard  II,  duc  de  Nor- 
mandie, usèrent  de  sceaux  pendants.  L'usage  en  est 
donc  plus  ancien  que  Philippe  Ier  et  Louis  le  Gros. 


156  PALEOGRAPHIE 


29.  Depuis  le  règne  de  ce  prince,  des  diplômes 
de  nos  rois  dont  le  sceau  serait  appliqué  et  non 
pendant  ne  devraient  pas  être  admis. 

30.  Après  le  xnc  siècle,  les  chartes  des  évoques 
et  des  abbés  seraient  fausses  si  elles  étaient  scellées 
avec  des  sceaux  en  placard. 

31 .  Quand  le  sceau  n'est  point  annoncé  dans  une 
charte  qui  en  est  munie,  ce  n'est  pas  un  indice  de 
faux. 

32.  Depuis  le  vme  siècle  jusqu'après  le  milieu  du 
xne,  le  défaut  de  sceau  ne  nuit  ni  à  l'authenticité 
ni  à  la  validité  des  chartes. 

33.  La  variation  du  sceau  de  la  même  personne 
ne  porte  aucun  préjudice  à  la  vérité  des  diplômes 
royaux  et  des  chartes  des  seigneurs. 

34.  L'ancienneté  des  chartes  et  les  indices  qu'elles 
ont  été  scellées  suppléent  tellement  à  la  perte  des 
sceaux  que  depuis  le  xic  siècle  nos  rois  et  les  tribu- 
naux de  la  justice  n'ont  pas  fait  difficulté  d'admettre 
ces  pièces  comme  faisant  foi. 

35.  L'annonce  du  sceau  et  du  cirographe  dans 
les  chartes-parties  est  une  formalité  indifférente 
qu'on  pouvait  également  exprimer  et  omettre. 


s 


TABLE  DES  MATIERES 


AVERTISSEMENT V 

AVERTISSEMENT  DES  PRÉCÉDENTES  ÉDITIONS 1 

PALÉOGRAPHIE  DES  CHARTES  ET  DES  MANUSCRITS  (lll- 

troduction) 5 

PREMIÈRE  PARTIE 

DES    DIFFICULTÉS    MATÉRIELLES  ET  ACCESSOIRES 
DE    L1ÉCRITURE 

I.  Alphabets 10 

II.  Liaisons  et  conjonctions  de  lettres 12 

III.  Signes  abréviatifs 13 

IV.  —     orthographiques 14 

V.  —     de  correction. , 17 

VI.  Chiffres 19 

VII.  Style 21 

VIII.  Orthographe 24 


158 

TABLE 

DEUXIÈME  PARTIE 

i 

DES   DIFFÉRENTS  MODES  D'ABRÉVIATION 

1. 

Abréviations  par  sigles .... 

38 

11. 

—           par  contraction 

43 

III. 

—           par  suspension 

50 

IV. 

—           par  signes  abréviatifs 

51 

V. 

—           par  petites  lettres  supérieures 

60 

VI. 

—           par  lettres  abréviatives 

TROISIÈME  PARTIE 

DE   LA  LECTURE   ET  DE   LA  TRANSCRIPTION 
DES   ANCIENNES    ÉCRITURES 

62 

I. 
II. 

Lecture 

65 
69 

Transcription 

III. 

Copie  des  planches 

70 

IV. 

Règles  particulières  de  critique  concernant  la 
matière,  l'encre  et  l'écriture  des  diplômes, 

V. 

des  chartes  et  des  manuscrits 

84 

Règles  de  critique  propres  à  déterminer  l'âge 

des  manuscrits  non  datés  du  xie  au  xvie 

siècle 

92 

TABLE  159 


QUATRIÈME  PARTIE 

DES   SCEAUX   ET   DE  LEURS   LÉGENDES 

Aperçu  général 103 

I.  Des  sceaux-matrices 103 

II.  Des  sceaux-empreintes 106 

§  1er.  Dénominations 106 

§2.    Emploi 110 

III .  Légendes  des  sceaux 119 

§  1e«\  Paléographie 1 1? 

§  2.    Formules 129 

§  3.    Observations  complémentaires 136 

§  4.    Transcription 14 

IV.  Description  des  sceaux 142 

V.  Lecture  des  légendes  des  sceaux  de  la  pi.  X.  144 

VI.  Règles  générales  et  particulières  de  critique 

concernant  les  sceaux 148 

I.  Règles  générales 148 

II.  —     particulières loi 


Y 


EN  VENTE  CHEZ  J.  MARTIN 

RUE     SÉGUIER,     N°      l8,     A      PARIS 


DICTIONNAIRE 

DES     ABRÉVIATIONS 

LATINES    ET    FRANÇAISES 

Usitées  dans  les  inscriptions  lapidaires  et  métalliques, 
les  manuscrits  et  les  chartes  du  moyen  âge 

Par  alfd.    chassant 

Ancien  correspondant  du  Ministre  de  l'Instruction  publique 
pour  les  travaux  historiques 

Cinquième  édition  revue  et  corrigée 

TETIT    IN-8° 

Papier  vergé 6  fr. 

La  nouvelle  édition  que  nous  donnons  de  ce  dictionnaire,  accueilli 
avec  tant  de  bienveillance  par  les  archéologues  et  les  paléographes, 
se  distingue  de  la  précédente  par  des  changements  assez  notables 
pour  mériter  l'attention  des  amateurs.  Nous  avons  fait  graver  sé- 
parément les  types  des  abréviations  latines  et  ceux  des  abrévia- 
tions françaises ,  afin  de  donner  à  celles-ci  plus  de  développement 
dans  une  table  particulière.  Par  ce  moyen,  les  recherches  de- 
viennent faciles,  et  les  abréviations  françaises  des  écritures  cursive? 
des  xive,  xve,  xyi°  et  xvn6  siècles  se  trouvent  mieux  espacées,  se 
reproduisent  dans  toute  leur  liberté  graphique.  Ainsi  disposées,  et 
prises  dans  leurs  formes  les  plus  habituelles,  ces  abréviations  aide- 
ront, nous  n'en  doutons  pas,  à  résoudre  bien  des  difficultés  de 
lecture.  Nous  espérons  donc  que  ce  dictionnaire,  ainsi  corrigé  et 
rendu  plus  complet,  témoignera  de  nos  efforts  pour  le  rendre  digne 
de  satisfaire,  encore  mieux  que  par  le  passé,  les  personnes  qui 
auront  besoin  de  le  consulter  dans  leurs  travaux  de  déchiffrement. 

« Une  coïncidence  heureuse  m'a   permis  de   soumettre  le 

travail  de  M.  Chassant  à  la  plus  sûre  des  épreuves,  à  celle  de  l'ex- 
périence. Au  moment  où  j'étais  chargé  de  rendre  compte  ,  dans  la 
Revue,  du  Dictionnaire  des  Abréviations,  l'Académie  des  inscrip- 
tions et  belles-lettres  me  confiait  une  mission  scientifique  dans  les 
archives  du  midi  de  la  France.  Depuis  plusieurs  mois  que  je  tra- 
vaille à  remplir  cette  mission,  je  me  rencontre  tous  les  jours  en 
présence  des  difficultés  dont  M.  Chassant  s'est  proposé  de  donner 
la  solution,  et  je  dois  reconnaître  que,  sauf  des  exceptions  assez 
rares  ces  solutions  ont  été  trouvées  justes.  Dire  que  le  travail  du 
savant  paléographe  a  résisté  victorieusement  à  cette  épreuve,  n'est- 
ce  pas  en  faire  le  plus  bel  éloge?  Siméon  Lucb.  • 
(Revue  de  V Instruction  publique.) 


IMPRIMÉ  CHEZ  CHARLES   HERISSEY,   A   EVREUX 


PLEASE  DO  NOT  REMOVE 
CARDS  OR  SLIPS  FROM  THIS  POCKET 

UNIVERSITY  OF  TORONTO  LIBRARY